Nom de naissance Simon
Genre Homme
Avis

Biographie

Originaire de Washington D.C, David Simon se passionne dès le lycée pour le journalisme dont il fait son métier après des études à l'Université du Maryland. Intégrant le Baltimore Sun en 1982, il se spécialise alors dans la couverture d‘affaires criminelles. Mais son respect quasi religieux pour le métier est trahi au fil des années lorsque la presse doit se plier à des doctrines moins nobles que celles supposées à ses origines. Les coupes budgétaires entraînant des licenciements massifs ; la course à la rentabilité et les nouvelles lignes éditoriales cherchant l'audience à coup de reportages chocs ; une forme de cynisme éloignant le métier de ses véritables fonctions, autant d'éléments poussant Simon a progressivement prendre ses distances dès la fin des années 80.Le journaliste se tourne alors vers une autre forme d'écriture et après avoir passé un an, en 1988, auprès de la division homicide de Baltimore, décide de publier un livre sur ce qu'il a vu. Celui-ci sort en 1991 : Homicide : A Year on the Killing Street. Sa force : présenter la réalité sans chichis, dans la grande tradition des documents d'investigation, captant en profondeur la vie et le travail des policiers, avec autant de justesse que de finesse et d'intelligence. Son succès est tel qu'il est récompensé et classé instantanément parmi les classiques du genre. L'éditeur cherche alors à vendre les droits en vue d'une adaptation. Simon suggère de faire parvenir une copie à Barry Levinson (Good Morning Vietnam ; Rain Man...), car originaire également de Baltimore. Le cinéaste accepte et en collaboration avec Tom Fontana (Oz), le livre devient une série en 1993, pour s'arrêter en 1999, connaissant sept saisons et un vrai succès critique. La série, tournée dans un style brut et réaliste cherchant à retrouver l'essence documentaire d'origine, permet surtout à Simon de mettre un premier pied à la télévision et d'y signer ses premiers scénarios. Les perspectives alors inédites que lui offre le média, malgré une expérience en demi-teinte sur Homicide, poussent Simon à quitter définitivement le journalisme en 1995 pour se tourner vers les séries.En collaboration avec Ed Burns, ex flic de Baltimore reconverti dans l'enseignement, Simon signe en 1997 The Corner : A Year in the Life of an Inner-City Neighborhood. Le livre, fruit d'une autre longue investigation, relate la vie d'une communauté de West Baltimore où règne un important trafic de drogue. Trois ans plus tard, le livre devient une mini série pour HBO, The Corner, co-écrite par Simon et David Mills, collaborateur et ami rencontré à l'Université. La série est saluée de trois Emmy et HBO semble décidément l'endroit où faire exister un regard sur l'Amérique qu'on ne trouve plus ailleurs, surtout dans le journalisme dont Simon est parti déçu sinon amer. En collaboration avec Burns, il propose alors à la chaîne qui hésitera à se lancer un nouveau projet de série policière : The Wire (Sur écoute). Durant cinq saisons et avec la participation aux scénarios de pointures du roman noir tels que George Pelecanos ou Dennis Lehane, la série dressera un bilan quasi documentaire du système américain, alternant le point de vue policier et l'ensemble des laissés pour compte d'un quartier de Baltimore régenté par le trafic de drogue.Œuvre complexe, dense, à la fois tragique et hyper réaliste, The Wire s'impose rapidement comme un monument rare de la télévision américaine. Par sa qualité d'écriture héritée plutôt du roman fin 19ème que du cinéma ou la télévision ; sa rigueur absolue, avec un soin appliqué du détail, de la véracité des faits, du casting parfois amateur apportant une réelle authenticité ; son regard méthodique pouvant rappeler de loin les travaux du documentariste Frederick Wiseman, dans son analyse minutieuse des rouages du système américain, son quotidien et surtout son rapport aux institutions. Avec The Wire, Simon met au service de la fiction son idéal journalistique. Il amène un point de vue objectif mais non moins politique, soucieux de poser des questions essentielles que plus personne ne veut poser sur la perte des valeurs américaines. Sa démarche est citoyenne, critique, quasi militante. Lorsque The Wire se termine en 2008, dans la foulée Simon et Burns lancent Generation Kill, l'adaptation d'un livre d'Evan Wright autour d'un reporter durant la première vague d'attaques américaines à Bagdad en 2003. Mini-série pour HBO, Generation Kill remporte plusieurs Emmy Awards quand The Wire n'en a jamais décroché un seul. Rien d'étonnant quand on voit le peu d'audace des académies américaines.En 2010, Simon revient avec une série ambitieuse, Treme, se déroulant à la Nouvelle-Orléans après le passage de Katrina. Le style est toujours réaliste, pointilleux, dense ; la narration étroite, sinueuse, construite d'inflexions subtiles et quasi invisibles ; les personnages multiples et d'une authenticité immédiate : une partie est dédiée au jazz et ses musiciens dont la véracité à l'écran ne fait aucun doute (on notera la présence d'Elvis Costello dans son propre rôle au début de la série). Ancré dans le quotidien, avec une force documentaire qui ne se défait jamais de la fiction, Treme emploie le savoir faire de The Wire, approfondissant sa volonté de radiographier l'Amérique, ses villes, ses populations, ses institutions, comment s'organise un système ou plus généralement la vie. Avec la Nouvelle-Orléans toutefois, la perspective est plus optimiste : la fascination de Simon pour la culture métissée de la ville, son rapport à la musique ou la danse, le porte à illustrer les choses du point de vue, aussi, de la (re)-construction.Simon travaille enfin avec Tom Fontana sur une mini-série pour HBO, Manhunt, autour de la fuite de John Wilkes Booth, célèbre jeune assassin du président Abraham Lincoln.

Filmographie Série

Année Titre Métier Rôle Avis Spectateurs
- The Deuce Showrunner -

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