Juan Antonio Bayona, réalisateur de The impossible : "Je me sens proche de Spielberg"

THE IMPOSSIBLE

Le film sera diffusé pour la première fois en clair dimanche soir sur France 2.

Hasard de la programmation, ce week-end, TF1 proposera une soirée spéciale Jurassic Park, avec le classique de Steven Spielberg précédé par Jurassic World (le dernier film de la saga) à 21h. Pendant ce temps-là, France 2 diffusera The Impossible, le drame remarqué de Juan Antonio Bayona... qui n'est autre que le réalisateur de Jurassic World 2 ! Première l'avait rencontré au printemps 2013, lors de la sortie DVD de son film, et il revenait avec passion sur sa carrière, ainsi que sur son amour pour le cinéma de Spielberg. La boucle est bouclée.

Jurassic World : Et si le personnage joué par Chris Pratt était déjà dans Jurassic Park ?

Première : Si vous deviez définir le genre auquel appartient The Impossible, vous diriez que c’est un mélo, un film catastrophe, un film d’horreur ou les trois ?
Juan Antonio Bayona
: Rien de tout ça ! En tant que réalisateur, je refuse les étiquettes, je ne veux pas me laisser enfermer dans un genre ni me fixer de limites. C’était déjà le cas à l’époque de L’Orphelinat, mon premier long métrage. Cela dit, si The Impossible prend à rebours les conventions du film catastrophe, ce n’est pas totalement délibéré. J’ai raconté une histoire vraie, c’est donc la réalité qui a donné sa forme au scénario et qui m’a permis d’éviter les clichés.

The Impossible : le choc cinéma de la fin d'année (critique)

De la menace qui vient de l’océan, comme dans Les Dents de la mer, à l’image de cet enfant qui erre parmi les ruines d’une civilisation, comme dans Empire du Soleil, tout le film est rythmé par les grands thèmes du cinéma de Spielberg...
C’est flatteur. Je me suis toujours senti très proche de Steven Spielberg, et ce dès mes premiers courts métrages. Il faut dire que j’ai grandi et appris le cinéma en regardant ses films. C’est aussi grâce à lui que j’ai découvert d’autres maîtres comme John Ford ou David Lean.

Dans votre long métrage, ce qu’il y a de plus « spielbergien », c’est ce choix de raconter les événements à travers le regard d’un enfant...
C’est intéressant parce que l’histoire qui m’avait bouleversé à l’origine était celle de Maria, la mère. Si j’ai finalement choisi de raconter celle de son fils Lucas, c'est simplement parce que face à une tragédie de cette ampleur, nous redevenons tous des enfants sans défense. Dans le film, on assiste à une inversion des rôles : les enfants se comportent en adultes, tandis que les adultes, eux, pleurent comme des enfants.

The Impossible : "90% de ce que vous voyez à l'écran est vrai"

En réalisant The Impossible, un film espagnol interprété par des acteurs anglo-saxons, de quelle nationalité vous sentiez-vous ?
Espagnole. J’aurais du mal à le cacher... Ça a d’ailleurs fait beaucoup rire Naomi Watts pendant le tournage. Elle a l’habitude de tourner avec des metteurs en scène latino- américains, comme Alejandro González Iñárritu (21 Grammes) ou Rodrigo Garcia (Mother and Child), et elle comprend que nous, les Latins, aimons les émotions fortes. Il est évident que de ce point de vue-là, The Impossible ne ressemble pas à un film danois ou suédois ! (Rire.) Malgré tout, je recherchais une forme d’universalité. Vous remarquerez qu’on ne connaît pas la nationalité des personnages.

Au moment de la sortie du film, certains critiques semblent avoir été gênés par sa puissance émotionnelle, comme s’ils s’étaient sentis manipulés ou, pire, comme s’il était « amoral » de faire pleurer avec cette histoire-là. Or, des questions morales, justement, on a le sentiment que vous vous en posez en permanence...
Je considère que tout choix de mise en scène comporte un aspect éthique. Ainsi, je ne voulais pas que les personnages soient mis en scène de façon héroïque. S’ils ont survécu, ce n’est pas parce qu’ils se sont comportés en héros, mais parce que le hasard ou le destin l’a décidé pour eux. Sinon, ce serait une façon de dire à ceux qui sont morts : « Vous ne vous êtes pas assez battus. » J’ai adopté ce point de vue jusque dans l’utilisation de la musique, qu’on entend uniquement quand il arrive quelque chose aux personnages, mais pas quand ils agissent. Par exemple, lorsque Lucas aide les patients à l’hôpital, aucune musique n'est utilisée pour surligner ces moments-là. Il y en a en revanche quand il retrouve ses frères.

Ewan McGregor : "J'ai pleuré comme un bébé en lisant le scénario de The Impossible"

En revoyant un film, on remarque toujours des détails qui nous ont échappé la première fois. Là, c’est le bouquin que Naomi Watts lit dans l’avion qui m’a frappé. Il est signé Joseph Conrad...
(Rire.) C’était surtout une blague à la base. Mon chef déco, Eugenio Caballero, est tellement maniaque qu’il voulait absolument qu’il y ait le nom d’un écrivain sur la tranche du livre. Si on a choisi Conrad, c’est parce que les conditions climatiques étaient si désastreuses pendant le tournage qu’on avait fini par se dire que The Impossible était un peu notre Apocalypse Now !

Propos reccueillis par Frédéric Foubert.

 


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