Filles du Docteur March - Illustration
Sony Pictures Releasing France
Les Filles du Docteur March - perso
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Les Filles du Docteur March - Saoirse
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Les Filles du Docteur March - Féminisme
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Les Filles du Docteur March - Hommes
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Les Filles du Docteur March - Histoire
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Les Filles du Docteur March - Saoirse
Les Filles du Docteur March - Féminisme
Les Filles du Docteur March - Hommes
Les Filles du Docteur March - Histoire

Un casting aux petits oignons

Bon, déjà, il y a le casting. Et pas n’importe lequel. On retrouve la très talentueuse Saoirse Ronan (Lovely Bones) dans le rôle de l’indomptable Jo. Récompensée du Golden Globes de la Meilleure actrice dans un film musical ou une comédie en 2018 pour son rôle dans Lady Bird, un autre film signé Greta Gerwig, l’actrice parvient à faire ressortir toute l’audace, la fougue et la spontanéité du personnage principal. Emma Watson interprète quant à elle l’ainée des quatre sœurs, la douce Meg, et Florence Pugh (géniale dans Midsommar) campe le rôle d’une Amy March boudeuse et capricieuse plus vraie que nature. On retrouve aussi Timothée Chalamet, un autre prodige de la nouvelle génération d’acteurs à Hollywood, en amoureux éconduit, mais également Meryl Streep dans le rôle de la rébarbative tante March. Sans oublier Laura Dern, convaincante en mère dévouée qui élève seule ses quatre filles, Louis Garrel, Chris Cooper et Bob Odenkirk. Un casting cinq étoiles, donc, mais aussi plutôt éclectique. Et ça fonctionne très bien.

Une relecture moderne de l’œuvre de Louisa May Alcott

Des adaptations des Quatre Filles du Docteur March, il y en a eu plusieurs. On se souvient (ou pas) de la version de 1994 de Gillian Armstrong avec Winona Ryder. Mais Greta Gerwig apporte une touche personnelle et plus moderne à l’histoire, notamment en déconstruisant la chronologie du livre. Alors que l’œuvre raconte la vie des quatre sœurs en deux temps - d’abord l’enfance des héroïnes puis leur passage à l’âge adulte - Greta Gerwig ponctue son adaptation de flashs back. Le film commence alors que les héroïnes sont déjà adultes et revient inlassablement à leurs jeunes années, amenant de manière subtile et intelligente des éléments clés du récit, comme la maladie de Beth, ou encore la romance naissante entre Jo et Friedrich Bhaer. La fin du film diffère elle aussi de l’original. Si Jo, dans le roman, finit par épouser Friedrich malgré sa volonté de rester indépendante, Greta Gerwig décide d’offrir au couple une fin heureuse mais sans mariage, pour ne pas entraver la liberté rebelle de Jo. Un clin d’œil de la réalisatrice à la romancière, qui, semble-t-il, aurait été contrainte par sa maison d’édition de faire se marier ses personnages pour pouvoir être publiée.

Un film féministe, mais pas chiant pour autant

Le livre a été écrit il y a 150 ans. Il traverse pourtant les âges sans prendre une ride. Le destin des quatre sœurs et le besoin farouche d’indépendance de Jo résonnent toujours autant avec l’actualité. Certaines thématiques abordées dans le livre comme le mariage arrangé, la quête de l’indépendance financière des femmes et l’égalité des sexes dans le monde du travail (Jo tente d’accomplir son rêve de devenir écrivain dans un univers presque exclusivement masculin) sont volontairement mises en avant dans le film avec juste ce qu’il faut de légèreté et d’humour pour ne pas basculer dans une caricature militantiste. Le film de 2020 donne aussi un nouveau souffle à ses personnages féminins, comme celui d’Amy, l’insupportable benjamine. Pour la première fois, la jeune femme n’est plus juste dépeinte comme une pimbêche superficielle et avare d’argent. Greta Gerwig lui donne plus de relief en insistant sur les liens très forts qui l’unissent à sa famille, et souligne la détermination avec laquelle elle tente de devenir peintre.

Ce n'est pas que pour les filles

On pourrait croire, à tort, que le film ne s’adresse qu’à un public essentiellement féminin. Que nenni. Parce qu’il est drôle, solaire et qu’il aborde des sujets de société toujours d’actualité, comme nous l’avons évoqué plus haut, le film de Greta Gerwig est concernant, et s’adresse à tous. La réalisatrice l’a confié elle-même dans une interview pour le site d’information Parade. Pour elle, Les Quatre Filles du Docteur March est aussi une histoire d’hommes : "Ce qui me plaît avec le livre, c’est la représentation des hommes. Ce sont des hommes bons, qui soutiennent des femmes […] et qui élèvent des hommes bons". Et d’ajouter : "De nombreux hommes sont venus me voir pour me dire combien ils avaient hâte d’emmener leur fille voir le film, et de partager cette expérience avec elles. Je trouve ça merveilleux".

Une prise de recul sur l’Histoire pour une adaptation moins figée

On le disait plus haut, le livre a été adapté plusieurs fois, aussi bien au cinéma qu’à la télévision. Et il est fascinant de voir la liberté de ton choisie par la réalisatrice, qui a délibérément souhaité ne pas trop se soucier de la période historique dans laquelle se déroulait le roman pour délivrer une adaptation unique en son genre. « De mon point de vue, les œuvres d’époque peuvent être très lourdes, comme figées. Vous pouvez même deviner le coût des décors, tout se voit, confiait-elle dernièrement au magazine The Hollywood Reporter. Je voulais que Les Filles du docteur March soit léger. Je voulais que le film soit irrévérencieux. Pas chaotique, car très, très chorégraphié, mais il fallait qu’il soit effervescent et rapide ». Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le pari est tenu. Le film est frais, vif et les scènes s’enchaînent sans jamais trainer en longueur.

La réalisatrice revisite le classique de la littérature américaine.

Difficile de passer à côté des Filles du Docteur March, la dernière adaptation de l’incontournable roman de Louisa May Alcott au cinéma. Et pour cause, le troisième long métrage de Greta Gerwig a tout pour séduire : un casting cinq étoiles (Meryl Streep, Saoirse Ronan et Laura Dern sont à l’affiche, pour ne citer qu’elles), un scénario fidèle à l’œuvre originale mais avec une pointe de modernité, une photographie léchée et un arc narratif féministe qui résonne avec l’actualité… Résultat : une œuvre intemporelle et personnelle, entremêlée de flashbacks, qui raconte les aventures (et les mésaventures) des quatre sœurs Jo, Meg, Beth et Amy March en pleine guerre de Sécession sous un regard neuf. Sorti le 1er janvier en France, le film est toujours disponible dans nos salles (et fait d’ailleurs un carton au box-office). Voici 5 bonnes raisons de courir le voir.

Les Filles du Docteur March : Joli remake [Critique]