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Le charcutage numérique déforme le visage de l'acteur.

Attention, petits spoilers à suivre.

Ça a commencé comme une blague : "Henry Cavill n'a pas le droit de raser sa moustache durant les reshoots de Justice League !". Il y a eu les vannes des copains ("C’était une vraie moustache d’acteur porno", dixit Ben Affleck. "Ça donne une touche différente à Superman") et puis l'explication de Christopher McQuarrie, réalisateur de Mission : Impossible 6, durant le tournage duquel Cavill portait la fameuse moustache et jonglait avec les nouvelles prises de vue de Justice League : "La seule façon de faire tenir une fausse 'stache' sur Henry Cavill serait une bonne dose d'agrafes". Comprenez que l'acteur a beaucoup de scènes très physiques, et qu'il doit certainement transpirer pas mal. Ce qui veut dire qu'une fausse moustache collée sur son visage ne tiendrait pas quinze minutes.

On avait pratiquement oublié l'affaire au moment d'aller voir Justice League, mais le film s'est chargé de nous la remettre en mémoire. Pour faire court, le résultat est au mieux troublant, au pire grotesque. Évidemment, Henry Cavill ne porte pas de moustache à l'écran, puisqu'elle a été effacée numériquement par Warner Bros. Des modifications effectuées en post-production qui changent profondément les traits de l'acteur, notamment au niveau de la lèvre supérieure. Dans la plupart de ses scènes, Cavill semble avoir subi des injections de botox, voire une opération des dents de sagesse : 

Difficile en l'état de croire au personnage, dont la résurrection est déjà traitée comme un quasi non-événement par le script. Nos confrères du Huffington Post estiment que les retouches numériques ont coûté au bas mot 7 000 euros la minute à Warner Bros et que les équipes techniques ont scanné "une partie du visage de l'acteur en 3D pour créer un double numérique du faciès d'Henry Cavill". Ce que ce dernier semble d'ailleurs confirmer en interview. Il explique que sur les reshoots de Justice League, il a fallu "faire remonter la moustache autant que possible vers la lèvre supérieure. Ils mettaient de la cire et puis j'avais ces marqueurs (NDLR : de motion capture) partout sur mon visage. Ce n'est pas vraiment un remplacement de visage, plutôt des effets spéciaux numériques qu'ils appliquent dessus". Mais là où Rogue One : A Star Wars Story et Blade Runner 2049 ont réussi haut la main une épreuve similaire, Justice League a fait le boulot un par-dessus la jambe. 

Une sorte de remake inversé de La Moustache d'Emmanuel Carrère, où Vincent Lindon se la rasait sans que personne ne s'en rende compte.

Justice League est une énorme déception