Les meilleures scènes d’ouverture des quinze dernières années

Les meilleures scènes d'ouverture de ces 15 dernières années

Où se situe La La Land dans notre classement ? 

15 / Sicario (Denis Villeneuve, 2015)

La musique de Jóhann Jóhannsson emplit, écrase l'espace. Emily Blunt, armée jusqu'aux dents, se prépare à plonger dans l'horreur d'un monde de violence gardée par des hommes où même les murs des maisons sont remplis de cadavres. Terrifiant et terrassant.

14 / Drive (Nicolas Winding Refn, 2011)

Un « chauffeur » impassible joue au chat et à la souris avec les voitures du LAPD. L’intro de Drive rejoue celle du Driver de Walter Hill, en remplaçant la furie B motorisée par une sorte de cérébralité sexy et glacée. Les lumières de Downtown brillent dans la nuit, les notes du Nightcall de Kavinsky ne vont pas tarder à résonner, le cool angeleno vient d’être réinventé. Ryan Gosling, lui, est (enfin) prêt à exploser.

13 / The Nice Guys (Shane Black, 2016)

Autoportrait de Shane Black en gamin des seventies, obsédé sexuel, peut-être, mais gentleman avant tout. L.A., la nuit, les femmes, le pur plaisir pulp, et un gag génial : la bagnole qui dévale la colline à l’arrière-plan avant de défoncer le living-room. Et de déclencher la mécanique chandlerienne du film. Un condensé de l’art de Black (mais sans un mot, pour une fois).

12 / De battre mon coeur s'est arrêté (Jacques Audiard, 2005)

Un appartement parisien étroit. Romain Duris et Gilles Cohen se font face. Le deuxième parle de la mort de son père. Il n'y a pas d'envolée visuelle dans cette scène d'ouverture signée Jacques Audiard. Juste un monologue percutant délivré par Cohen et le visage fermé de Duris qui l'écoute. Une scène qui fait penser à un autre dialogue d'ouverture, dans une autre pièce étroite, une cellule de prison cette fois-ci. En fan du travail de Nicolas Winding Refn, Audiard semble s'inspirer ici de l'atmosphère de l’intro de Pusher 2 - Du sang sur les mainsMads Mikkelsen, délinquant de pacotille, écoute déblatérer un caïd de la taule à qui il doit un service. Même monologue lourd de sens, même ambiance claustrophobe, même aspérité.

11/ Hot Fuzz (Edgar Wright, 2007)

Un montage sequence hilarant et surexcitant où l'on présente le personnage de Nicholas Angel, le super-flic le plus super-flic de tous les super-flics. Qui possède un taux d'arrestation de 400% supérieur à tous les autres flics. Et qui va se faire mettre au placard (par Martin Freeman, Bill Nighy et Steve Coogan) tellement il est bon. L'art du montage d'Edgar Wright atteint ici son apothéose -la scène fait référence à la légendaire présentation des personnages du premier épisode de la série Spaced.

10 / Casino Royale (Martin Campbell, 2006)

Le noir et blanc. L'ascenseur qui s'arrête au 7ème étage. Le silence et les ombres. Et puis James Bond, le voilà, qui raconte son premier meurtre pour les services secrets en flash-back -une séquence d'une brutalité dingue qui s'achève sur James qui nous loge une balle en pleine tête, et déclenche le célèbre plan du gun barrel. Jason Bourne, Batman Begins et le 11-septembre sont passés par là et plus rien ne sera jamais pareil. Place aux tueurs. Place à Daniel Craig. Place à 007.

9 / There will be blood (Paul Thomas Anderson, 2007)

Paul Thomas Anderson plonge dans les profondeurs de la terre californienne… et en ressort en cinéaste réinventé. En une poignée de plans visionnaires et mutiques, mis en orbite par le score anxiogène de Jonny Greenwood, le wonderboy frimeur mue sous nos yeux en grand cinéaste classique, se mettant soudain à dialoguer avec le Kubrick de 2001 et le von Stroheim des Rapaces. Franchement halluciné. Donc totalement hallucinant.

8 / Austin Powers dans Goldmember (Jay Roach, 2002)

Goldmember (qui est à la saga Austin Powers ce que Le Retour du roi est au Seigneur des Anneaux) s'ouvre sur un faux film film Austin Powers, avec Tom Cruise, Kevin Spacey, Danny DeVito, John Travolta. Le tout réalisé par Steven Spielberg. Tellement de starpower hollywoodien dans cette intro dingo délire -intitulée bien évidemment Austinpussy- qu'on se croirait à un Celebrity Center de la Scientologie.

7 / Inglourious Basterds (Quentin Tarantino, 2009)

Tarantino avait mis la barre très haut de la première seconde de la première scène de son premier film (« Let me tell you what « Like a virgin » is about ») et aura d’une certaine façon passé toute sa carrière à essayer de faire aussi bien. Mission accomplie avec « Il était une fois dans la France occupée par les nazis », premier chapitre d’Inglourious Basterds, chef-d’œuvre de suspense vicieux, qui réchauffe les vieux préceptes du suspense hitchcockien à la sauce spaghetti, et qui fit entrer en un clin d’œil un acteur allemand inconnu, ancien second rôle de Derrick, dans l’histoire du cinéma. Les draps blancs qui claquent au vent, les enfants juifs cachés dans la cave, l’angoisse qui monte, qui monte, et les notes de piano du score de Colorado (La Lettre à Elise revue par Morricone) pour porter le tout à ébullition.

6 / X-Men 2 (Bryan Singer, 2003)

Diablo, le mutant téléporteur, attaque la Maison Blanche et joue à cache-cache avec les gardes. Monument de montage au son du Requiem de Mozart remixé : cette surexcitante réussite est surtout due aux doigts de fée de John Ottman, à la fois compositeur et monteur. La meilleure scène d'ouverture, non, le sommet de la saga, tout simplement

5 / Mad Max Fury Road (George Miller, 2015)

Vroum vroum les logos des studios mutés en métal/chair, vroum vroum les coups de bombe du score de Junkie XL, et feu vert ! Fury Road démarre tout feu tout flamme par une course-poursuite tachycardique à pied (et ouais) dans les couloirs de la citadelle d'Immortan Joe. Un prologue ? Non, juste un tour de chauffe avant le premier acte hallucinant qui nous emmène sur la route de la fureur jusqu'au Valhalla.

4 / Les Fils de l'homme (Alfonso Cuaron, 2006)

Après l'écran noir d'ouverture qui fonctionne comme un sombre miroir de notre monde avec ses headlines glacantes (l'Angleterre qui ferme ses frontières, "la déportation des immigrés clandestins continue"), il y a cette claque de cinéma. Ce plan-séquence pas si complexe ni long (Cuaron fera plus fort après), un travelling, un panoramique, un travelling. Sauf qu'une bombe explose dans le lieu que Clive Owen vient de quitter. La bombe était déjà là. C'est déjà trop tard. C'est terrifiant. C'est notre monde.

3 / La La Land (Damien Chazelle, 2017)

Qu'est-ce qu'on s'emmerde dans les bouchons de Los Angeles. Et si on chantait ? Transformer les écrasantes highways bétonnées de LA en un espace de comédie musicale colorée, c'est la première idée de cinéma éclatante de La La Land. Mais la chanson qui accompagne l'ouverture contient aussi, en creux, tout le film qui va suivre : le passage "We'd sink into our seats/Right as they dimmed out all the lights/A Technicolor world made out of music and machine/It called me to be on that screen/And live inside each scene" annonce la scène du planétarium, le passage " 'Cause maybe in that sleepy town/He'll sit one day, the lights are down/He'll see my face and think of how he used to know me" annonce la scène de fin. Une raison de plus pour revoir le film, encore et encore et encore.

La La Land

2 / The Dark Knight - Le Chevalier noir (Christopher Nolan, 2008)

Une ouverture à froid, la partition de Hans Zimmer comme un battement de cœur -ou une bombe prête à tout faire péter. Une vitre qui explose. C'est le point de départ qui enclenche le braquage d'une banque avec une fluidité hallucinante. A la fois hyper dégraissée (pas un coup de feu en trop) et hyper ample (en IMAX ça envoie), la séquence est un sommet de cinéma qui construit le personnage du Joker via le massacre mutuel de ses hommes de main. Sommet de cinéma, sommet de la saga Dark Knight, sommet de la filmo de Nolan

1 / The Social Network (David Fincher, 2010)

99 prises furent nécessaires pour accoucher de ce prologue en forme de classique instantané, presque un single qu’on peut se repasser en boucle indépendamment du film lui-même, où Jesse Eisenberg et Rooney Mara se renvoient les dialogues d’Aaron Sorkin comme on se jette de l’acide au visage. Hitchcock filmait les scènes d’amour comme des scènes de meurtre, Fincher ajoute que les scènes de rupture peuvent ressembler à des mises à mort d’une sophistication insensée.

 


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