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# 37 : The 50 Year Argument (2014)

# 37 : The 50 Year Argument (2014) </p>Une institution (<strong><link object_id="75747">Martin Scorsese</link></strong>) en célèbre une autre (la New York Review of Books), à l’occasion des 50 ans de la prestigieuse revue. Un demi-siècle de débats intellectuels, de l’opposition à la guerre du Vietnam au mouvement Occupy Wall Street, où planent les ombres de <strong><link object_id="444559">Susan Sontag</link></strong>, <strong><link object_id="68973">Norman Mailer</link></strong>, <strong><link object_id="95664">Gore Vidal</link></strong>, <strong><link object_id="1045043">Joan Didion</link></strong>… Ça devrait être passionnant, c’est à crever d’ennui, en grande partie à cause du ton auto-satisfait des intervenants (pour la plupart octogénaires). Dire que six mois plus tôt, l’homme derrière la caméra filmait <strong><link object_id="95255">Leo Di Caprio</link></strong> se faisant des lignes sur le cul d’une pute de luxe… </p>

# 36 : Hugo Cabret (2011)

# 36 : Hugo Cabret (2011) <p>Scorsese quitte parfois Little Italy pour aller voir ailleurs s’il y est. Il furette du côté du "film de femme" (<link object_id="495829">Alice n’est plus ici</link>), du drame historique en costumes (<link object_id="128473">Le Temps de l’innocence</link>), du biopic world (<link object_id="139724">Kundun</link>). Il s’est même essayé au conte de Noël en 3D, une boule à neige géante pour petits et grands. Pour être sûr de s’y retrouver, il s’est projeté dans deux personnages à la fois : l’enfant enthousiaste qui écarquille les yeux sur le XXème naissant, et le vieil illusionniste bougon et fatigué. Il s’est cherché partout. Il n’y était pas du tout. </p>

# 35 : Du Mali au Mississippi (2003)

# 35 : Du Mali au Mississippi (2003) <p>Au sein d’une série documentaire sur le blues initiée par ses soins et confiée à tout un tas de cadors mélomanes (<strong><link object_id="75922">Clint Eastwood</link></strong>, <strong><link object_id="91274">Wim Wenders</link></strong>…), Scorsese se charge de sonder les racines africaines du son du Delta du Mississippi. L’enquête est menée à l’écran par le bluesman <strong><link object_id="83402">Corey Harris</link></strong>, qui remonte le fil jusqu’à <strong>Salif Keita</strong> et <strong>Ali Farka Touré</strong>. Ces gens sont des géants, les images d’archives tuent (<strong><link object_id="2291391">John Lee Hooker</link></strong>, <strong>Son House</strong>…), la musique est bonne, bien sûr. Comment expliquer alors que ce film soit si mou ? </p>

# 34 : Aviator (2004)

# 34 : Aviator (2004) <p>Scorsese traverse le miroir et recrée l’Hollywood de l’Age d’Or. L’origine du cinéma, donc du monde. C’est censé être un film de renaissance après l’épreuve <link object_id="128190">Gangs of New York</link> mais on sent que le cœur n’y est pas. Le chef op’ <strong>Robert Richardson</strong> a beau nager dans un délire Technicolor somptueux, <strong>Cate Blanchett</strong> réussir l’impossible (ressusciter <link object_id="97360">Katharine Hepburn</link>) et <strong><link object_id="95255">Di Caprio</link></strong> se donner énormément de mal, impossible de transcender le script pseudo-freudien lourdingue de <strong><link object_id="839458">John Logan</link></strong>. <link object_id="128721"><em>Aviato</em>r</link> fait du rase-mottes. </p>

# 33 : Shine a Light (2008)

# 33 : Shine a Light (2008) <p>Scorsese filme les Stones. Une rencontre au sommet, oui, mais qui survient trop tard. Malgré les moyens techniques dingos (16 caméra braquées sur la scène du Beacon Theater), malgré le luxe de détails saisis à la volée (<strong><link object_id="75535">Keith</link></strong> crachant sa clope), malgré les morceaux killer (<strong><link object_id="318779">Buddy Guy</link></strong> en guest sur <em>"Champagne and Reefer"</em>), ce n’est ni le meilleur concert filmé des Stones (impossible de battre le dantesque "Gimme Shelter" des frères Maysles), ni le meilleur concert filmé par Marty (voir la 11ème place de ce classement). Restera néanmoins dans l’histoire pour cette vanne parfaite de <strong><link object_id="75534">Jagger</link></strong> : <em>"Le premier film de Scorsese où l’on n’entend pas 'Gimme Shelter'."  </em></p>

# 32 : Shutter Island (2010)

# 32 : Shutter Island (2010) <p>Tout sonne faux dans ce film. Bon, vous nous direz, c’est fait exprès… Mais n’empêche : l’exhibition permanente de l’artifice (les faux raccords de la première scène, par exemple) est le genre de parti-pris théorique qui ne tient pas la distance. Quand aux thématiques scorsésiennes (l’enfermement, la paranoïa, la violence, et Dieu dans tout ça ?), à force d’être surlignées, prémâchées, rabâchées, finissent par être vidées de leur sens. <strong>Di Caprio</strong> fronce les sourcils (pas sa meilleure perf dans le genre "concerné") et nous aussi, devant les flash-backs à Dachau. "Je ne crois que pas que je supporterai d’entendre une critique négative supplémentaire sur ce film", dit le cinéaste dans son livre d’entretiens avec <strong><link object_id="1747120">Richard Schickel</link></strong>. Prions pour que Marty ne lise pas ce diapo. </p>

# 31 : Kundun (1997)

# 31 : Kundun (1997) <p>Comment redescendre du sommet <link object_id="133534">Casino</link> ? Scorsese choisit de prendre la tangente et tourne cette mosaïque contemplative, planante, très ambitieuse, très douce, très belle. Totalement, hum… soporifique, oui, c’est le mot. <link object_id="139724">Kundun</link> inspirera néanmoins une blague géniale aux <link object_id="1368885">Soprano</link> (dans l’épisode 2, quand <strong>Christopher Moltisanti</strong> croise Scorsese devant une boîte de nuit – <em>"Hey Marty ! Kundun ! I liked it !"</em>), ainsi qu’un télégramme ému à <strong><link object_id="90657">Alain Resnais</link></strong>, exposé ces jours-ci à la Cinémathèque. Un film qui permet de citer Resnais et <em>Les Soprano</em> dans la même phrase ne peut définitivement pas être balayé d’un revers de la main. </p>

# 30 : Public Speaking (2010)

# 30 : Public Speaking (2010) <p>Inconnue sous nos latitudes, <strong>Fran Lebowitz</strong> est une intellectuelle new-yorkaise qui parle, parle, et parle encore, donne des conférences sur tout et rien, disserte sur le féminisme, l’homosexualité, le racisme, le tabagisme, les libertés publiques en Amérique, converse à la fac avec <strong><link object_id="3346462">Toni Morrison</link></strong>, et joue à l’occasion dans <em>Law and Order</em> (si, si). Un mélange intéressant (limite flippant) entre <strong>Rupert Pupkin</strong> et <strong>Travis Bickle</strong>. C’est du moins comme ça que Scorsese la filme. Amusant. Mais limite anecdotique quand on considère que les théories supposées "scandaleuses" de Lebowitz ne le sont pas tant que ça, vues de ce côté-ci de l’Atlantique. </p>

# 29 : Mon Voyage en Italie (2001)

# 29 : Mon Voyage en Italie (2001) <p>Le pendant italien du fameux <em>Voyage de Martin Scorsese à travers le cinéma américain</em>. Une nouvelle tranche d’histoire du cinéma racontée par un tonton bienveillant, mais un poil moins "sentie" et personnelle que la précédente (à cause de la distance géographique ?). C’est Oncle Marty au coin du feu. Ceci dit, ne comptez pas sur nous pour nous plaindre d’écouter Scorsese disserter sur <link object_id="129426">Umberto D.</link> avant de nous bombarder d’extraits de <link object_id="129306">Paisa</link> et de <link object_id="129337">La Strada</link>. Ça nous va très bien, hein. </p>

# 28 : Gangs of New York (2002)

# 28 : Gangs of New York (2002) <p>Un projet que Scorsese "rêva" pendant plus de 20 ans. Fou, mégalo, démesuré, inabouti, plein de trous, mutilé par Weinstein, parfois laid, objectivement raté, enivré par sa grandeur supposée, <link object_id="128190">Gangs of New York</link> porte les stigmates de son accouchement au forceps (trois ans "in the making") comme une résurgence tardive, trop tardive, des excès démiurgiques du Nouvel Hollywood. Quoi qu’on pense de ce film, difficile de le regarder autrement que comme le brouillon du chef-d’œuvre qu’il aurait pu être. </p>

# 27 : Bertha Boxcar (1972)

# 27 : Bertha Boxcar (1972) <p>Un ersatz de <link object_id="134710">Bloody Mama</link>, qui surfait lui-même sur le succès de <link object_id="782476">Bonnie and Clyde</link>. C’est le deuxième film de Scorsese, une prod’ <strong><link object_id="93022">Roger Corman</link></strong> fauchée (pléonasme) sur laquelle il plaque des obsessions très persos (la crucifixion de <strong><link object_id="90665">David Carradine</link></strong>). <strong><link object_id="91000">John Cassavetes</link></strong> y verra la démonstration  éclatante que le génie en herbe avait mieux à faire qu’usiner des séries B : <em>"Marty, tu viens de perdre une année de ta vie à faire ce tas de merde !"</em> Pas de quoi s’énerver non plus, John. Franchement, ça se regarde… </p>

# 26 : No Direction Home : Bob Dylan (2005)

# 26 : No Direction Home : Bob Dylan (2005) <p>Sur le papier, un rêve de fan : un doc fleuve (3h30 !) où <strong><link object_id="204025">Dylan</link></strong> se raconte comme jamais, interviewé par le fidèle manager <strong>Jeff Rosen</strong>. Le parti pris d’arrêter le fil biographique en 1966, l’année du fameux accident de moto, est discutable (ce serait comme stopper une monographie sur Scorsese après <link object_id="330527">New York, New York</link>) mais permet néanmoins de rentrer dans les moindres détails de la cristallisation du plus grand mythe de la musique américaine contemporaine. Le seul problème, finalement, est que Scorsese semble absent du film. C’est le début de sa période "mémorialiste", documentariste insatiable. Il chronique tout : les rock stars légendaires, les intellectuels new-yorkais, les génies du cinéma, la ville de New York, les films des autres... Il est partout, tout le temps. Et plus il est omniprésent, plus il nous manque. Il a toujours l’air d’être ailleurs. </p>

# 25 : La Dernière Tentation du Christ (1988)

# 25 : La Dernière Tentation du Christ (1988) <p>Comme pour <link object_id="128190">Gangs of New York</link>, la montagne accouche d’une souris. Le film rêvé ne sera jamais aussi beau que dans l’esprit de son créateur. Scorsese avait découvert le roman <link object_id="128358">La Dernière Tentation du Christ</link> sur le tournage de <link object_id="1023524">Bertha Boxcar</link>, grâce à l’actrice <strong><link object_id="76244">Barbara Hershey</link></strong>. Porté pendant près de deux décennies, le fantasme débouche sur un grand foutoir esthétique, mi-Pasolini, mi-Zeffirelli. Film passionnant et imparfait, kitsch et parfois fulgurant, qui fait se demander pourquoi ce sont les films que Scorsese "retient" le plus longtemps qui se révèlent les plus problématiques à l’arrivée. On croise les doigts pour <em>Silence</em>, qui sort l’an prochain et dont il parle depuis plus de quinze ans… </p>

# 24 : New York Stories – Life Lessons (1989)

# 24 : New York Stories – Life Lessons (1989) <p>Au petit jeu du film à sketchs, Scorsese met K.O. <strong><link target="_blank" node_id="94634">Woody Allen</link></strong> et <strong><link object_id="102064">Francis Ford Coppola</link></strong> (autres signataires du collectif <link object_id="140473">New York Stories</link>), mais sans gloire : les copains n’avaient pas mis la barre bien haut. <em>Life Lessons</em> (<strong><link object_id="90870">Nick Nolte</link></strong> joue un artiste-peintre, simili-<strong>Jackson Pollock</strong>, en panne d’inspiration), se regarde aujourd’hui comme un témoignage précieux sur le New York 80’s, celui du fric et des artistes, de <strong>Basquiat</strong> et de <strong>Gordon Gekko</strong>. Et essayez de vous sortirA whiter shade of palede la tête après ça… Anecdotique ? Peut-être, mais quand même l’un des meilleurs formats courts du cinéaste, quelque part entre le sanguinolent <link object_id="462190">The Big Shave</link> et le clip de "Bad". </p>

# 23 : Alice n’est plus ici (1974)

# 23 : Alice n’est plus ici (1974) <p>Scorsese sur les terres du "woman’s picture", histoire de prouver aux studios qu’il pouvait être un bon petit soldat et bâtir un véhicule pour star. Mission accomplie, d’ailleurs, puisqu’<strong><link object_id="96060">Ellen Burstyn</link></strong> remporta l’Oscar de la meilleure actrice. Le film, lui, est un très bel artefact d’Americana 70s, d’une coolitude et d’une séduction country irréprochables, chaud et rassurant comme une brise passagère, un soir d’été en Arizona. Laid-back, drôle et tragique à la fois. On n’en fait plus beaucoup des comme ça… </p>

# 22 : Les Infiltrés (2006)

# 22 : Les Infiltrés (2006) <p><strong><link object_id="91047">Nicholson</link></strong> est immense, tout le monde s’accorde là-dessus, mais pour le reste, c’est quand même un drôle de film, totalement schizo, qui file à toute allure mais dure des plombes, entend dire des choses graves sur le monde et la politique, mais ne procure qu’un plaisir superficiel, s’envisage comme une série B friquée et finira sa course en film oscarisé. Déchiré, aussi écartelé que son personnage principal, à la fois massif et filandreux : la synthèse parfaite du Scorsese 00’s. </p>

# 21 : Italianamerican (1974)

# 21 : Italianamerican (1974) <p>Le "contrechamp documentaire de <link object_id="207860">Mean Streets</link>", comme on dit. Longtemps considéré comme le grand docu de Scorsese, avant que sa production dans le genre ne devienne pléthorique. La maman de Marty raconte des histoires du pays natal tout en préparant la sauce pour les pastas, pendant que Papa maugrée sur le canapé du <em>living room</em>. Elle est déchaînée – c’est son <link object_id="130917">Raging Bull</link> à elle. Au-delà de la tranche de vie "italienne-américaine", précieuse et folklo, ce qui frappe aujourd’hui, c’est la prescience d’un cinéaste qui, à même pas 35 ans (il n’a pas encore tourné <link object_id="129334">Taxi Driver</link>) est déjà en train de consigner en direct sa propre légende. Ce type avait tout prévu dès le début. Fort. Très fort.  </p>

# 20 : Who’s that knocking at my door (1967)

# 20 : Who’s that knocking at my door (1967) <p><link object_id="207429">Les Vitelloni</link> rencontre <strong><link object_id="91063">Godard</link></strong> dans Little Italy. Si vous pensez que ce film n’est réservé qu’aux archéologues de la geste scorsésienne, faites gaffe : <link target="_blank" node_id="557061">Who’s that knocking at my door</link> continue, encore aujourd’hui, d’envoyer des décharges électriques, méchantes et teigneuses. Malgré les scories, malgré les erreurs de jeunesse, malgré l’absence de blé, et même malgré la scène "porno" grotesque imposée par le producteur. Scorsese sait ce qu’il fait, ça se voit. Dès les premières secondes, on est chez lui, nulle part ailleurs. Quant à la longue scène de drague où <strong><link target="_blank" node_id="94265">Harvey Keitel</link></strong> cause de <strong><link object_id="201800">John Wayne</link></strong> et de <link object_id="207448">La Prisonnière du désert</link>, elle annonce toute l’œuvre 90’s de <strong><link object_id="93843">Tarantino</link></strong>.</p>

# 19 : A Tombeau Ouvert (1999)

# 19 : A Tombeau Ouvert (1999) <p>Un film mal-aimé, méprisé par les critiques à sa sortie, ignoré par le public, tellement piétiné qu’on a envie de le chouchouter plus que les autres. Certes, le script de<strong> <link object_id="90650">Schrader</link></strong> (quelque chose comme <em>The Taxi Driver Strikes Back</em>) pèse trois tonnes, mais <link object_id="190906">A Tombeau Ouvert</link> est parsemé de visions folles et de quelques-uns des meilleurs spottings musicaux du maître (pas un manche en la matière) : une résurrection sur fond de <strong><link object_id="98457">Sinatra</link></strong> ("September of my years"), un long blues fiévreux de <strong>Van Morrison</strong>,<strong>T.B. Sheets</strong>, qui parcourt tout le film comme un vinyle rayé. En prime : l’une des 4 ou 5 meilleures perfs de <strong><link object_id="75847">Nicolas Cage</link></strong>, ever. </p>

# 18 : Les Nerfs à vif (1991)

# 18 : Les Nerfs à vif (1991) <p>Après le triomphe artistique des <link object_id="128410">Affranchis</link>, Marty et Bobby avaient bien droit à une petite récré… Excessif, bruyant, vulgos, trashos, agressivement commercial, grotesque, grand-guignol, tout ce que vous voulez : dans le genre plaisir coupable qui tâche, ce film est un must. </p>

# 17 : American Boy : A Profile of Steven Prince (1978)

# 17 : American Boy : A Profile of Steven Prince (1978) <p>Ex-tour manager de <strong><link object_id="74288">Neil Diamond</link></strong> au look de vampire héroïnomane, junkie affable, <strong><link object_id="206005">Steven Prince</link></strong> s’assoit dans un canapé aussi défoncé que lui et raconte des anecdotes manifestement déjà rôdées ailleurs (dont l’une inspirera à <strong><link object_id="93843">Tarantino</link></strong> la scène du shoot d’adrénaline de <link object_id="137556">Pulp Fiction</link>). Si on considère que <link object_id="462200">Italianamerican</link>, c’est <link object_id="207860">Mean Streets</link> "in real life", alors voici le pendant documentaire de <link object_id="129334">Taxi Driver</link> – flippé, malsain, blafard, destroy. </p>

# 16 : Un Voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain (1995)

# 16 : Un Voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain (1995) <p>Le <link object_id="133534">Casino</link> du docu. Un monument, tentaculaire et vertigineux. Scorsese revisite ses souvenirs cinéphiles (qui finiront par se confondre avec les nôtres) dans une somme à la fois encyclopédique et intime, établissant une typologie du cinéaste hollywoodien (le réalisateur comme contrebandier, illusionniste, iconoclaste…) qui fera école. Des extraits en pagaille, de <strong><link object_id="207019">Griffith</link></strong> à <strong>Fuller</strong>, de <strong><link object_id="201949">Von Stroheim</link></strong> à <strong>Peckinpah</strong>. Pur nectar cinéphile qui donne une furieuse envie de se goinfrer. </p>

# 15 : New York, New York (1977)

# 15 : New York, New York (1977) <p>Ça aurait pu être son <link object_id="139919">Coup de Cœur</link>. Son <em>Sorcerer</em>. Sa <link object_id="92387">Porte du Paradis</link>. Le trip mégalo de trop. Scorsese passe à deux doigts du désastre et signe un musical éclaté, bancal, ne renfermant que des beautés éparses. Contient néanmoins quelques-unes de ses meilleures scènes de ménage (sa grande spécialité), une séquence d’ouverture faramineuse (<strong><link object_id="202580">Liza Minnelli</link></strong> harcelée par <strong>De Niro</strong> en chemise hawaïenne) et un futur standard, bientôt "coverisé" par <strong><link object_id="98457">Sinatra</link></strong>, et qui flotte depuis dans la stratosphère, tout là-haut. <em>Start spreading the news… </em></p>

# 14 : A Letter to Elia (2010)

# 14 : A Letter to Elia (2010) <p>La "lettre" de Scorsese à <strong><link object_id="204757">Kazan</link></strong> est surtout un chant d’amour à <link object_id="330313">Sur les quais</link>, <link object_id="208180">A l’est d’Eden</link> et <em>America, America</em>, trois films qui ont façonné son regard sur le monde. Scorsese détourne l’exercice du doc biographique pour le transformer en un autoportrait, où il s’érige en fils spirituel de Kazan, tour à tour admiratif, rebelle, déçu et finalement protecteur, dernier des fidèles, quand la mort s’apprête à venir frapper à la porte du grand homme. Une sorte de post-scriptum au <em>Voyage à travers le cinéma américain</em>. Un haïku cinéphile déchirant. </p>

# 13 : La Couleur de l’argent (1986)

# 13 : La Couleur de l’argent (1986) <p>Ce que la veine "commerciale" de Scorsese a produit de mieux. Un terrain de jeu, crâneur et rutilant. Les tables de billard sublimées, <link object_id="75632"><strong>Newman</strong> </link>moustachu, <strong><link object_id="75935">Cruise</link> </strong>en chien fou, la fable éternelle du vieux sage et de l’apprenti, <strong>Mary Elisabeth Mastrantonio</strong> au top de sa sexytude eighties…<em>What’s not to like ?</em> Et si vous trouvez ça trop superficiel, regardez-le comme un commentaire sur le matérialisme des années <strong>Reagan</strong>. Vous verrez, ça marche aussi. </p>

# 12 : La Dernière Valse (1978)

# 12 : La Dernière Valse (1978) <p>Scorsese aligne le plus beau casting de sa carrière (<strong><link object_id="204025">Bob Dylan</link></strong>, <strong><link object_id="107542">Neil Young</link></strong>, <strong><link object_id="206469">Joni Mitchell</link></strong>, <strong><link object_id="85097">Muddy Waters</link></strong>, <strong><link object_id="319262">Ringo Starr</link></strong>, <strong><link object_id="85107">Van Morrison</link></strong>…), tous réunis pour le concert d’adieu de The Band, qui jette l’éponge après 16 ans d’existence. On sent que Scorsese s’identifie à fond au leader <strong><link object_id="306590">Robbie Robertson</link></strong>, qui explique face caméra que la vie sur la route a failli le flinguer. Marty, en pleine période destroy, le nez dans la coke et un doigt sur la gâchette, tourne alors chacun de ses films comme si c’était le dernier. Et <em>La Dernière Valse</em> de devenir une célébration, pas tant de The Band que de la musique américaine elle-même. Un instant d’éternité, avant qu’il ne soit trop tard. </p>

#11 : Silence (2017)
Scorsese unplugged. Après le foisonnement dingo et les transes cocaïnées du Loup de Wall Street, Marty débranche, vise l’épure et signe un film-monde majestueux. Le premier de ses “films rêvés” (il l’a médité pendant 30 ans) qui ne déçoit pas à l’arrivée. Cette adaptation du roman de Shusaku Endo est une sorte d’Apocalypse Now catholique, une odyssée aride zébrée de flashs de violence ahurissants, qui contient et surplombe toute l’œuvre du réalisateur, et est à sa veine “spirituelle” ce que Casino est à sa veine “gangsters”. Un film mal-aimé au moment de sa sortie, peu vu, méprisé, et auquel on souhaite le même destin que La Valse des Pantins ou Le Temps de l’innocence, ex-brebis galeuses de la filmo scorsesienne devenues des chouchous du fan-club au fil du temps.

# 10 : Le Temps de l’innocence (1993)

# 10 : Le Temps de l’innocence (1993) <p>Le Scorsese qu’on oublie toujours de citer est pourtant l’un de ses plus beaux. D’un thème qui aurait sûrement intéressé <strong>Kazan</strong> (une histoire d’amour contrariée par les conventions du temps), Scorsese tire un poème visuel délirant, somptueux, portant sur la haute société new-yorkaise de la fin du XIXème siècle un regard à la fois ironique et fasciné. Le chaînon manquant entre <link object_id="128410">Les Affranchis</link> et <link object_id="133534">Casino</link>. </p>

# 9 : George Harrison : Living in the material world (2011)

# 9 : George Harrison : Living in the material world (2011) <p>Il paraît que Scorsese est plutôt Stones, mais c’est pourtant <strong><link object_id="333006">George Harrison</link></strong> qui lui aura fourni la matière de son plus beau film musical. Trois heures d’archives mirifiques, d’accords divins, d’humanisme vibrant, où le cinéaste travaille à faire du Beatle taiseux une figure scorsésienne, examinant le rapport conflictuel et schizophrène entre la vie spirituelle et matérielle, entre l’individu et le groupe. Et pas n’importe quel groupe : le plus grand de tous les temps…Une splendeur. </p>

# 8 : Le Loup de Wall Street (2013)

# 8 : Le Loup de Wall Street (2013) <p>Le film qu’on n’osait plus espérer. A 71 piges, Marty dégaine trois heures de cartoon speedé, vulgaire, coké, sauvage, méchant, plus cul que jamais, une satire cintrée du fric-roi et d’un monde devenu fou. Un film nitroglycérine, une bombe à fragmentation qui explose un peu plus fort à chaque nouvelle vision. Tous les vétérans du Nouvel Hollywood (<strong><link object_id="102064">Coppola</link></strong>, <strong><link object_id="90749">Friedkin</link></strong>, <strong><link object_id="97579">De Palma</link></strong>, <strong><link object_id="75998">Cimino</link></strong>…) sont cramés, lessivés, hors-circuit (à part <strong><link object_id="90476">Spielberg</link></strong>, hors-concours). Et Marty, lui, bande encore. Alléluia ! </p>

# 7 : After Hours (1986)

# 7 : After Hours (1986) <p>New York comme une prison, la nuit comme une illusion. A l’origine, un petit film de rien du tout, tourné pour garder la forme en attendant la mise en chantier de <link object_id="128358">La Dernière Tentation du Christ</link>. A l’arrivée, un petit film, peut-être, mais parfait dans le genre "yuppie 80’s", parfait dans le genre "parano urbaine", parfait dans le genre "course contre la montre", parfait dans le genre "du samedi soir". Quelque chose comme un film parfait. Pas petit du tout, en fait ! </p>

# 6 : Raging Bull (1980)

# 6 : Raging Bull (1980) <p>La vie du boxeur <strong><link object_id="59097">Jake La Motta</link></strong> vue comme une parabole biblique, doublée d’un autoportrait de l’artiste en taureau rageur. Immense film, bien sûr. Un poil trop self-conscious, peut-être. Pompé partout depuis. Mériterait clairement d’être dans le Top 5. Mais il y a comme un embouteillage de chefs-d’œuvre, là… </p>

# 5 : Mean Streets (1973)

# 5 : Mean Streets (1973) <p><strong><link target="_blank" node_id="102143">De Niro</link></strong> entre dans un bar au son de 'Jumpin’ Jack Flash' et le cinéma américain en est changé à jamais. C’est le troisième long de Marty, après <em>Who’s that knocking at my door</em> et <link object_id="1023524">Bertha Boxcar</link>, mais son "vrai" premier film, celui où il marque définitivement son territoire : Little Italy, les Stones, l’Eglise, les frères ennemis, les crises d’épilepsie, le sang qui éclabousse les murs et la rétine. Un uppercut, gigantesque. Depuis 1973, tous les premiers films de la planète rêvent de ressembler à celui-là. </p>

# 4 : La Valse des Pantins (1983)

# 4 : La Valse des Pantins (1983) <p>Fraîchement reçu à l’époque (il paraissait tellement straight après la dinguerie de <link object_id="130917">Raging Bull</link>), <link object_id="128213">The King of Comedy</link> a fini par devenir avec le temps un chouchou des critiques, toujours très bien placé dans ce genre de listes. Pas tellement pour son côté "visionnaire" (les célébrités jetables, le quart d’heure de gloire warholien, c’était déjà une affaire plié en 83), mais sans doute parce qu’il est l’expression la plus pure du nihilisme scorsésien. Tordant, glaçant, flippant. Vraiment génial. Le Nouvel Hollywood était censé être mort à cette époque-là, mais, manifestement, son cadavre bougeait encore. </p>

# 3 : Les Affranchis (1990)

# 3 : Les Affranchis (1990) <p>Un chef-d’œuvre, un vrai, qui domine à la fois son époque (on ne va pas disserter ici sur l’influence monstre des <link object_id="128410">Affranchis</link> sur le cinéma des 90’s) et parachève la filmo de son auteur, transcendant son style, ses thèmes, ses motifs, sa vision, pour aboutir à un morceau de cinéma total. Comment un truc pareil peut-il se retrouver seulement à la troisième place de notre liste ? Bon. Disons que c’est un troisième numéro 1. </p>

# 2 : Taxi Driver (1976)

# 2 : Taxi Driver (1976) <p>Le saxo de <strong><link object_id="838008">Bernard Herrmann</link></strong>, New York vue comme une Sodome moderne, la coupe iroquoise, "les putes, les pédés, les travelos, les camés"… Un classique, un vrai. <em>"For the ages"</em>, comme ils disent. </p>

# 1 : Casino (1995)

# 1 : Casino (1995) <p>Certains estiment que <link object_id="133534">Casino</link> n’est qu’un vulgaire bégaiement des <em>Affranchis</em>, mais inversons si vous le voulez bien la perspective un instant : et si <link object_id="128410">Les Affranchis</link> n’était en fait qu’une vaste répétition générale pour ce monument-là ? Un chant d’adieu à un monde englouti, une cathédrale glam empestant la mort et la mélancolie, le tombeau de nos rêves et de nos illusions, la Chapelle Sixtine du cinéma et du XXème siècle finissant. Amen.  </p>

Et le meilleur film de Scorsese est...

Nous avons tenté l’impossible : classer toute la filmo de Martin Scorsese (courts-métrages, clips, pubs et épisodes de séries télé exceptés) du moins bon au meilleur. 

Vidéo : toutes les apparitions de Scorsese dans ses films (et pas que)

 

Prochainement au Cinéma