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France 3 rediffusera ce soir Danse avec les loups.

"Aux Etats-Unis, Jusqu’au bout du rêve est le film dont on me parle le plusnous révélait l'acteur et réalisateur Kevin Costner, il y a quelques mois. Les répliques du film font partie du langage courant : 'Si tu le construis, il viendra'. Mais dans le reste du monde, c’est comme s’il n’existait pas. On me cite davantage Bodyguard ou Danse avec les loups." Ca tombe bien, son long-métrage sorti en 1991 en France est rediffusé ce soir sur France 3. De sa création compliquée à son succès en salles (plus de 400 millions de dollars de recettes dans le monde), puis à la télévision, et ses 7 Oscars (meilleur film, réalisateur, musique, montage etc.),  retour sur l'histoire de ce film qui a marqué les esprits.

Kevin Costner a 35 ans lorsqu’il se lance dans le défi de sa vie : produire, mettre en scène et jouer l’adaptation de "Danse avec les loups", le grand roman de son ami Michael Blake. Une formidable histoire où le jeune lieutenant de cavalerie américain John Dunbar, héros de la guerre de Sécession, découvre un poste isolé à la frontière du territoire des Indiens, gagne leur confiance, apprend leur langue et devient plus sioux que les Sioux… Ils vont le surnommer Danse avec Loups.

Des réponses dédaigneuses 
Quand Costner les sollicite avec son projet, les grandes majors répondent aux abonnés absents : "Le western est mort, il ne vaut plus un clou". La preuve ? Le flop retentissant des Portes du paradis, de Michael Cimino, qui leur est resté en travers de la gorge. Et puis quelle mouche a donc piqué l’acteur star du moment pour rappeler à l’Amérique sa guerre de Sécession et le génocide indien ? Le héros des Incorruptibles, de Brian de Palma, connaît alors un grand moment de solitude, mais ne désarme pas. Pire, il s’obstine. Finalement, Orion, une modeste compagnie de production allonge les dollars manquants aux fonds propres engagés par l’acteur américain. Il va pouvoir tourner cent huit jours dans les réserves indiennes du Dakota.

Kevin Costner : "Je m’élève sur l’échelle du bad guy"

De vrais Indiens, sinon rien !
Costner a une idée fixe: le film doit être authentique. Pas d’Indiens de pacotille joués par des Blancs ! Des dialogues en langue sioux, le lakota, avec sous-titrages. Le réalisateur passe une annonce dans le quotidien anglophone que lisent les Indiens d’Amérique du Nord. Il choisit 400 personnes (150 comédiens et 250 figurants) de différentes tribus. Certains devront (ré)apprendre à monter à cheval à cru, tirer à l’arc… Durant trois semaines, tous prennent des cours intensifs de lakota avec Doris Leader Charge (Pretty Shield dans le film), originaire de la réserve Rosebird. Elle connaît ce dialecte, que sa grand-mère lui parlait en cachette. Quant à Rodney Grant – alias Cheveux au Vent, l’autre héros du film – c’est un Omaha qui a grandi dans la réserve du Nebraska. La directrice du casting, Ka-Mook Nichols, d’origine sioux, en tombe amoureuse. Et pour ne rien vous cacher, ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants !

Jusqu’au moindre détail
Chaque geste, maquillage, vêtement, tissage, bijou, ustensile et arme est créé selon les coutumes et traditions séculaires. Costumes et mocassins sont fabriqués dans de vraies peaux de bison ou de daim. Le loup, les chiens, les bisons, tous sont vrais. Pour la musique, le compositeur John Barry, premier mari de Jane Birkin écoutera longtemps des enregistrements sioux avant d’écrire ses premières notes.

Kevin Costner et son étrange première scène avec Gal Gadot

L’hommage des Sioux
"Ce film est la lettre d’amour que j’adresse aux Indiens, dit Kevin Costner. On les a exterminés, on a détruit leur culture pour posséder leur terre. J’ai aussi voulu montrer qu’ils ont toujours su vivre en harmonie avec la nature". L’acteur-réalisateu est citoyen d’honneur de la nation sioux. Juste retour des choses, d’autant que son grand-père était moitié cherokee.