"C'est officiel : la trilogie Matrix n'a rien à voir avec les nazis"
Warner Bros

Vous pourrez le vérifier dimanche soir à la télé.

En 2014, The Hollywood Reporter consacrait un excellent article à une plainte déposée contre les réalisateurs de Matrix, Lilly (alors Andy) et Lana Wachowski, leur producteur Joel Silver et plus globalement la Warner Bros. Un auparavant, le scénariste Thomas Althouse les a attaqués pour plagiat, considérant qu'une histoire qu'il avait déposée auprès du studio en 1993 avait été largement reprise dans Matrix. Surtout dans ses deux suites, Reloaded et Revolutions. Les deux opus étant sortis en 2003, pourquoi porter plainte dix ans plus tard ? L'intéressé répondait alors qu'il n'a découvert les deux films qu'en 2010 et qu'il a mis du temps à monter un dossier contre ses créateurs.

"C'est officiel : la trilogie Matrix n'a rien à voir avec les nazis"
Le procès s'est tenu au sein de la court fédérale de Californie, et l'homme a présenté au juge R. Gary son propre projet, The Immortals. L'histoire futuriste d'un agent de la CIA qui devient immortel grâce à une substance chimique. Nous sommes en 2235 et une poignée de nazis, dont Adolf Hitler, ont été gardés en vie grâce à un système de cryogénisation. Une fois ranimés, ils s'attaquent aux non immortels (les "short-lifters" en VO) et le héros tente alors de les arrêter. Quel est le rapport avec Matrix ? Dans la trilogie des Wachowski, Néo n'est pas un agent de la CIA, il ne combat pas de nazis et il n'est même pas immortel... Le juge a réfuté les arguments du scénariste en expliquant que "le point de départ des scénarios de The Immortals et de Matrix sont trop différents pour qu'on puisse raisonnablement les considérer comme similaires."

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"Les allusions au Christ ne sont généralement pas protégées par un copyright"
Si le plaignant reconnait que son histoire s'éloigne de celle de Matrix, il veut prouver que les projets ont des thèmes similaires. Notamment un parallèle fait entre le héros de l'intrigue et Jésus Christ. Un argument qui est également rejeté par le juge : "Il y a bien des allusions au Christ dans les deux histoires, mais c'est le cas très régulièrement dans la littérature depuis plus de 2000 ans. Les allusions au Christ ne sont généralement pas protégées par un copyright." Sans compter que dans ce cas particulier, le traitement est différent (attention, ne lisez pas la suite si vous n'avez pas vu la fin de Matrix !) : "Dans The Immortals, la conclusion fait ouvertement référence avec la résurrection du Christ. Ce n'est pas le cas dans Matrix, qui se termine par une métaphore autour de l'idée de sacrifice : Néo offre sa vie pour protéger celles des autres."

L'honneur est sauf pour l'équipe de Matrix : c'est le plaignant qui a logiquement perdu ce procès. Sa démarche s'ajoute aux multiples plaintes étonnantes qui sont régulièrement déposées contres des scénaristes, réalisateurs et producteurs de blockbusters.

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