Gourou
StudioCanal

Après le triomphe de Monte-Cristo, il est revenu à une ambiance plus sombre et ambiguë avec Gourou, thriller sociétal qu'il a co-imaginé et produit. Fincher, réseaux sociaux, technique, imposture... Pour Première, Pierre Niney redéfinit son terrain de jeu.

Cet entretien est paru à l’origine dans le numéro 570 de Première. Propos recueillis par Gaël Golhen et Leonard Haddad. 

 

Première : Un an et demi après l’hyper-succès du Comte de Monte Cristo, vous avez le sentiment de vous trouver à un tournant majeur de votre carrière ?

Pierre Niney : Non. D’autres questions (il sourit) ? Non franchement, c’est le genre de pression que je n’ai vraiment pas envie de me mettre. En revanche, j’avais envie de revenir avec quelque chose de différent, ça oui. Pas un film historique, pas de costumes, pas une adaptation, et Gourou, un projet lancé bien avant, était prêt au bon moment : un thriller contemporain, avec un ancrage sociétal, résolument moderne, oui, ça tombait bien. Mais me dire "attention, il y a un momentum à confirmer, faut pas le rater," non, je ne me pose pas le truc dans ces termes-là, parce que ça ne peut qu’inhiber. Je cherche des bonnes histoires à raconter, des histoires que j’ai le sentiment de ne pas avoir déjà vues mille fois. Quand je tourne un film avec Gondry dans la maison de sa tante, où l’on découvre chaque matin ce que l’on va faire parce que lui-même ne le sait pas forcément, ou quand je fais Monte Cristo, ce sont deux approches très différentes, mais dans les deux cas il y a une histoire qui m’intéresse. Ou un processus. Les bonnes histoires restent la denrée rare du cinéma en général et du cinéma français en particulier, qui n’échappe pas à la règle sur ce point. On essaie de réunir la Sainte Trinité : une bonne histoire, avec un rôle intéressant à jouer dedans et un bon réalisateur.

Il s’agit de votre première production pour le cinéma, ça ne peut pas être anodin.

OK, mais c’est aussi mon troisième film avec Yann (Gozlan), et j’ai été chercher Wassim Béji pour le produire avec moi, avec qui j’avais déjà fait Un homme idéal, Yves Saint Laurent, Boîte noire, qui connaît Yann, qui sait travailler avec lui. Donc j’y vois au moins autant une continuité qu’un tournant, comme vous dites. Après, si j’avais déjà co-produit Fiasco pour Netflix, là il s’agit effectivement du premier long-métrage de cinéma, le premier d’une longue série j’espère. On a déjà d’autres projets dans les tuyaux. J’ai des envies super différentes, j’accompagne un YouTubeur que je trouve très talentueux sur un film d’horreur, avec des éléments de comédie, à la Get Out – je ne suis pas encore sûr de jouer dedans… Sur ce plan, c’est vrai qu’il y a un renouveau.

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