Première
par François Léger
Faux documentaire, romance contrariée, film de SF, récit dans le récit, réflexion sur l’usage de l’intelligence artificielle et sur le cinéma lui-même… Memory of Princess Mumbi est une oeuvre-monde qui enchevêtre plusieurs strates avec une aisance folle. Tentons un rapide résumé, même si l’affaire est bien plus complexe que ça : en 2094, dans une Afrique du futur où la haute technologie a été bannie, un aspirant cinéaste tente de tourner un documentaire sur la grande guerre qui a eu lieu une vingtaine d’années auparavant. Damien Hauser - à la fois scénariste, réalisateur et monteur -, 24 ans au moment du tournage, impose une grammaire visuelle constamment surprenante et stimulante (une scène de danse qui ressemble soudain à un clip ; l’utilisation de l’IA revendiquée mais pas forcément appliqué aux endroits indiqués par le film…) qui revigore l’esthétique afro-futuriste. Mais sous ses dehors foisonnants - parfois brouillons, aussi -, cette fable est surtout un deuil déguisé, dédiée au petit frère du cinéaste. Vertigineux.