Première
par Thierry Chèze
Passé trop inaperçu l’an passé, Marco, l’énigme d’une vie racontait l’histoire vraie d’un Catalan qui fut le président très médiatisé de l’association des victimes espagnoles de l’Holocauste avant qu’on découvre qu’il n’avait jamais été déporté. Adapté d’un best-seller de Maxim Leo, Le Héros de Berlin en constitue le pendant allemand, explorant lui, les ambivalences d’une réunification longtemps mal digérée. On y suit le propriétaire d’un vidéo-club au bord de la faillite qui, pour le 30e anniversaire de la chute du mur, se retrouve propulsé sous les feux des projecteurs médiatiques, en endossant, suite à une enquête imprécise d’un journaliste, la paternité d’un acte de résistance qu’il n’a pourtant jamais accompli. La plus grande fuite d’habitants de Berlin-Est vers Berlin-Ouest grâce à un sabotage sur l’aiguillage d’un train, uniquement dû… à un concours de circonstances. On passe ici outre une réalisation transparente pour savourer la manière malicieuse dont ce fim questionne la figure du héros et montre que, même quand la supercherie apparaît, la légende vaut parfois mieux que la vérité pour célébrer l’histoire avec un H. Un sujet qui ne pouvait qu’inspirer Wolfgang Becker, le réalisateur de Good Bye Lenin ! - où un fils cachait à sa mère est-allemande la chute du mur de Berlin - pour ce qui restera son ultime film car il s’est éteint à la toute fin du tournage.