Warner Bros. Paramount
Warner Bros. Paramount

Après 8 mois d'enquête, le ministère américain de la Justice a validé la vente à 111 milliards de dollars sans imposer la moindre concession. Une victoire importante pour David Ellison et Paramount Skydance, même si plusieurs recours judiciaires pourraient encore compliquer la naissance de ce futur géant du divertissement.

Le mega deal entre Paramount Skydance et Warner Bros. Discovery franchit une étape décisive.

Le ministère américain de la Justice (DOJ) a validé le projet de fusion des deux géants hollywoodiens, franchissant ainsi l'un des plus importants obstacles réglementaires sur la route de cette opération colossale estimée à 111 milliards de dollars.

Comme l'a révélé Politico et confirmé ensuite par Variety, la division antitrust du DOJ a donné son feu vert sans exiger la moindre concession, cession d'actifs ou mesure corrective. Après huit mois d'enquête, l'autorité estime que le rapprochement n'est "pas susceptible de nuire à la concurrence ou aux consommateurs américains".

Cette future entité réunirait donc sous un même toit une impressionnante collection de marques et de studios : CBS, CBS News, Paramount Pictures et Paramount+ du côté de Paramount, ainsi que HBO, HBO Max, Warner Bros. Pictures, CNN, TNT, TBS ou encore HGTV du côté de Warner Bros. Discovery.

Dans un communiqué, le DOJ souligne avoir examiné plus de deux millions de documents provenant de plus de 80 acteurs du secteur, mené des auditions de dirigeants et interrogé de nombreux témoins avant d'arriver à cette conclusion. L'administration américaine affirme que l'industrie du cinéma et de la télévision demeure suffisamment dynamique et concurrentielle pour absorber une telle fusion sans risque majeur pour le public.

Cette décision intervient pourtant dans un contexte de forte contestation à Hollywood. Plus de 5 500 professionnels du secteur ont signé une lettre ouverte appelant au blocage de l'opération. Parmi eux figurent notamment Florence Pugh, Pedro Pascal, Ben Stiller, Kristen Stewart, Mark Ruffalo ou encore Robert De Niro. Les opposants craignent une réduction de la concurrence, une hausse des prix et surtout d'importantes suppressions de postes.

Ces inquiétudes sont d'autant plus fortes que Paramount a déjà indiqué espérer générer plus de 6 milliards de dollars d'économies grâce à la fusion, un objectif qui pourrait se traduire par une nouvelle vague de licenciements dans une industrie déjà secouée par plusieurs années de restructurations.

Malgré cette validation majeure, le dossier est encore loin d'être définitivement bouclé. Plusieurs procureurs généraux américains, dont celui de la Californie, envisagent toujours d'engager des poursuites pour tenter d'empêcher la fusion. De son côté, la sénatrice Elizabeth Warren a dénoncé une décision qu'elle juge favorable à des "milliardaires proches de Donald Trump" et appelé les États à poursuivre le combat.

Le projet fait également l'objet d'examens réglementaires au Royaume-Uni et dans l'Union européenne. Bruxelles s'intéresse notamment aux quelque 24 milliards de dollars apportés par des fonds souverains d'Arabie saoudite, du Qatar et d'Abou Dhabi pour financer l'opération.

Pour Paramount Skydance, le feu vert du DOJ constitue néanmoins une étape déterminante. Le groupe estime que cette fusion donnera naissance à un acteur suffisamment puissant pour rivaliser avec les géants technologiques qui dominent de plus en plus le secteur du divertissement mondial. Reste désormais à savoir si les autorités européennes et les éventuelles procédures judiciaires américaines laisseront le mariage aller jusqu'à son terme.

A lire aussi sur Première

Paramount accuse Netflix de vouloir saboter sa fusion avec Warner Bros.

La guerre du streaming se joue désormais devant les tribunaux. Selon Paramount, Netflix mène une campagne agressive auprès des régulateurs pour faire capoter son projet de fusion à 110 milliards de dollars.