Première
Pour son second long-métrage – après Piccolo corpo, en 2022 –, l’Italienne Laura Samani imagine un scénario hybride, né de l’amalgame de la trame d’un roman datant de 1929 (Une année d’école, Giani Stuparich) et d’éléments autobiographiques. Son double à l’écran, c’est Fred (Stella Wendick), étudiante suédoise transférée dans un établissement technologique du nord-est de l’Italie dans les années 2000. Au milieu de ce bouillonnement de testostérone (population lycéenne exclusivement masculine oblige), un groupe de garçons la prend sous son aile. Et les quatre compères de se lancer à corps perdu dans ces vagabondages adolescents où l’innocence n’a bientôt plus sa place.
Il y a, dans Une année italienne, quelque chose du teen movie américain et de son observation des premières vicissitudes amoureuses, mais aussi de ces récits d’apprentissages hérités des littératures naturalistes. L’amertume de la désillusion est sublimée par une photographie jouant des contrastes d’ombre et de lumières, de creux et de pleins. Lancée tous azimuts au gré de ces clairs-obscurs essentiellement mélancoliques et relevant parfois presque du pictural, la bande d’interprètes amateurs – Stella Wendick, Giacomo Covi, Pietro Giustolisi et Samuel Volturno –, dénichés par la réalisatrice et son directeur de casting crève l’écran… et les cœurs.
Chloé Delos-Eray