Titre original Backrooms
Date de sortie 17 juin 2026
Durée 111 mn
Avec Renate ReinsveChiwetel Ejiofor
Distributeur Metropolitan
Année de production 2026
Pays de production Etats-Unis
Genre Epouvante-horreur

Synopsis

Une étrange porte apparaît dans le sous-sol d’un magasin de meubles.

Toutes les séances de Backrooms

Critiques de Backrooms

  1. Première
    par François Léger

    En 2019, un utilisateur de 4chan publie une photo de bureaux (?) vides, avec une tapisserie jaune pipi et de la moquette marron au sol. Un autre internaute laisse courir son imagination et invente les principes fondateurs des backrooms, des lieux composés d’immenses espaces vides, situés en dehors de notre réalité, et dans lesquels on se retrouve lorsque l’on glisse par accident de notre monde au leur. Pour le dire vite : les backrooms sont quelque part entre un cauchemar fiévreux et les limbes. Des dédales sans fin, succession de pièces à l’atmosphère aussi familière qu’angoissante. Et, parfois, peuplées de créatures aux frontières du réel… Suivront des tonnes d’interprétations et d’histoires flippantes, mais c’est Kane Parsons, alias Kane Pixels, qui popularisera le genre et installera une mythologie à travers plusieurs vidéos, la plupart en found footage, et réalisées en 3D photoréaliste avec le logiciel Blender.

    Hollywood ayant flairé le bon coup, voici donc le prodige à la tête d’un film reprenant son univers. Avec un budget serré de dix millions de dollars, Parsons, 20 ans seulement, élargit les contours des backrooms dans ce qui peut autant être pris comme une suite de ses vidéos qu’une porte d’entrée. De porte, il sera justement question dans l’histoire de Clark, vendeur de meubles au bout du rouleau (Chiwetel Ejiofor) qui découvre par hasard, dans le sous-sol de son magasin, l’entrée d’un réseau de couloirs et de salles sans fin apparente. Il y entend d’étranges voix humaines et des bruits non expliqués, et observe des chaises et autres commodes erratiquement posées ici et là. Clark explore de plus en plus profondément ce monde parallèle. Sans nouvelle de son patient alcoolique et en grosse dépression, sa psy (Renate Reinsve) part à sa recherche…

    Backrooms est avant tout un petit miracle d’éclairage (il a certainement fallu pas mal d’ingéniosité pour éviter que tout ne devienne jaunâtre) et de production design, avec des décors labyrinthiques et malsains qui font perdre tout repère. Il y a du Shining et du Maurits Cornelis Escher dans ces constructions impossibles, où chaque intersection de couloirs semble cacher le pire. Parsons fait reposer une grande partie de sa mécanique anxiogène sur cette atmosphère inquiétante, y injectant régulièrement des intuitions horrifiques géniales - qu’on ne dévoilera pas ici. Mais l’ambiance est si forte qu’elle dévore tout (les acteurs, la mise en scène, le script) et les trajectoires des personnages, très appuyées, paraissent un peu fades à côté. Des scories qui trahissent le manque d’expérience du jeune réalisateur, qu’on imagine avoir été un peu bridé pour ne pas se couper d’une partie du public qui refuse de la trouille XXL : quelques images terrifiantes de ses courts - le genre à vous donner envie de vous planquer sous une couette et de ne plus jamais en sortir - ont été ici évacuées.

     

    Pas d’inquiétude cependant, le succès immense de Backrooms aux États-Unis donnera inévitablement lieu à des suites. Et gageons que Kane Parsons aura à ce moment-là toute liberté de façonner le cauchemar ultime. 

     

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