Date de sortie 27 mai 2026
Avec Sandrine BlanckeGrégoire ColinThomas Doret
Distributeur Wayna Pitch
Année de production 2026
Pays de production Suisse, France, Belgique

Synopsis

Enceinte à 15 ans, Emma défie la communauté protestante répressive de son village. Affrontant l'hypocrisie morale et le spectre de la Seconde Guerre mondiale, elle transforme son traumatisme en capacité d’émancipation.

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Critiques de À bras-le-corps (Silent rebellion)

  1. Première

    Prendre un problème à bras-le-corps, c’est s’en occuper sérieusement, s’y pencher de près. L’expression renvoie à un double effort, à une implication physique aussi bien qu’intellectuelle, à quelque chose d’une collision du matériel et de l’immatériel. Dans son premier long-métrage, c’est la rencontre des dogmes socio-religieux et du corps féminin que Marie-Elsa Sgualdo choisit de raconter. En 1943, Emma, quinze ans, est sur le point de recevoir le prix de vertu de son village du Jura suisse, qui pourrait l’aider à financer ses études d’infirmière. C’était avant son viol par un journaliste de passage, avant la grossesse qui en découle, avant que son destin ne lui glisse entre les doigts.

    La jeune cinéaste propose un film en forme d’échappée belle, dont la mise en scène, les décors – qui reflètent d’abord, feutrés, taciturnes, la sobriété et la soumission toutes protestantes de la jeune fille et de ses pairs –, maturent et évoluent au fur et à mesure de sa révolution personnelle. Emma prend chair sous nos yeux dans un récit d’apprentissage porté par Lila Gueneau qui, grands yeux sombres tout droit sortis d’une toile de maîtres – et déjà aperçus dans Eat the Night (2024) et le plus récent Femme de (2026) –, signe une performance extraordinaire de retenue.

    Elle partage l’affiche avec Grégoire Colin en pasteur noyant dans l’alcool la culpabilité de la neutralité helvétique, Aurélien Patouillard en chef de famille dont l’égo ne s’est jamais remis du départ de sa femme avec un autre, Cyril Metzger en agresseur fascinant de désinvolture et Thomas Doret en époux-adolescent partisan de la norme. Autant de figures masculines auxquelles l’autrice-réalisatrice fait le cadeau de la nuance, évitant intelligemment l’écueil du manichéisme.

    Chloé Delos-Eray

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