Un Prophète Canal Plus
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Quel rapport entre le film et la série de Canal Plus ? Nouvelle prison, nouveau Malik. On vous explique tout.

Retour en prison.

Vingt ans après avoir imaginé Un Prophète, transformé en chef-d’œuvre par Jacques Audiard, les scénaristes Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit retournent derrière les barreaux pour Canal+. Sous l’impulsion du producteur Marco Cherqui - lui aussi de l’aventure à l’époque - ils ont imaginé une toute nouvelle histoire, autour d’un tout nouveau Malik El Djebena.

"Marco se disait que ça serait intéressant de transformer le concept en série. C’est assez commun maintenant de faire ce genre d’adaptation sérielle", explique à Première Abdel Raouf Dafri. Mais au départ, on a dit non. Tous les deux. Quel intérêt ? Le film est tellement bien. On ne peut que l’abîmer. Il y a ce risque de salir un truc super, juste pour de l’argent. Sauf qu’on a eu l’exemple de Fargo, la série de Noah Hawley, qui nous montrait qu’on pouvait faire une adaptation réussie. J’ai regardé toute la saison 1 et j’ai pris une énorme claque ! J’ai réalisé qu’il était possible de faire une série géniale à partir d’un chef-d’œuvre."

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Pas un remake...

Mais comment reprendre le concept du Prophète et son univers carcéral, tout en inventant autre chose ? Les deux auteurs ont relevé le défi et ont décidé de ne pas faire un remake. La version Canal+ n’est pas une redite du film avec d’autres acteurs. C’est une histoire différente, qui joue à reprendre quelques éléments similaires. Sami Bouajila, qui endosse le costume du parrain de cellule tenu par Niels Arestrup chez Audiard, détaille :

"Cette série n’est pas du tout un remake. Mis à part le cadre - la prison - et le titre, il y a un autre contexte. Le récit est différent. Les personnages sont différents. Le fond aussi, même si on retrouve le même genre de trame autour du personnage de Malik qui se métamorphose..."

Un Prophète film
Studio Canal

L’histoire se passe désormais à Marseille, à la prison des Baumettes. Malik El Djebena est là. Mais ce n’est pas le même Malik que celui qu’incarnait Tahar Rahim. Ce nouveau Malik est une mule, arrivée en France avec de la drogue dans les intestins. Un passeur qui se retrouve seul, incarcéré, sans espoir. Sa seule porte de sortie : un riche homme d’affaires d’origine arabe, qui fait la pluie et le beau temps entre les murs. Plus de mafia corse. Ce Prophète change de centre de gravité.

... mais une réincarnation

"Le piège aurait été de se calquer sur le Prophète de Jacques Audiard", insiste Sami Bouajila. "C’est un film tellement fort. Il fallait s’en éloigner. On prend des directions différentes par rapport au personnage campé par Niels Arestrup. D’abord parce que mon personnage est plus politique, il a un parcours à la Machiavel, et il va finir par se laisser déstabiliser par ce jeune homme. C’est vraiment une autre histoire. Un autre traitement. On ne peut pas vraiment comparer avec le film. Mon personnage n’est pas campé comme celui de Niels, qui était un truand installé dans sa cellule. Là, il y a une ambition sociale différente."

Comme le résume Nicolas Peufaillit : "On retrouve les grandes lignes de l’histoire du film, sans les Corses, mais surtout les grandes lignes d’un parcours. En un mot, je dirais que cette série, c’est une réincarnation ! C’est un concept presque autour d’un personnage nommé Malik El Djebena. Il pourrait y avoir 150 reboots différents de Malik El Djebena. On vous présente celui-là..."

Un Prophète, la série : saison 1 en 8 épisodes à voir sur Canal+ à partir du lundi 2 mars.