L'acteur du Parrain, d'Apocalypse Now, d'Open Range, de Tendre Bonheur, de 60 Secondes Chrono et tant d'autres, est mort à l'âge de 95 ans.
Sept nominations aux Oscars, deux Emmy Awards, une filmographie étalée sur six décennies : Robert Duvall n’était pas une star tapageuse mais une présence tranquille qui traversa le cinéma hollywoodien.
Acteur de Coppola, il contribua au mythe du Parrain (1972), à Conversation secrète (1974), et à Apocalypse Now (1979) avec cette réplique culte : "J’adore l’odeur du napalm au petit matin..." Robert Duvall est mort à l'âge de 95 ans.
L’annonce a été faite par son épouse, Luciana Duvall, dans un message bouleversant : "Hier nous avons dit au revoir à mon mari bien-aimé, ami chéri et l’un des plus grands acteurs de notre temps. Bob est parti paisiblement chez lui, entouré d’amour et de réconfort. Pour le monde, il était un acteur oscarisé, un réalisateur, un conteur. Pour moi, il était tout." Elle ajoutait que sa passion pour son art n’avait d’égal que son amour des personnages et de la vérité humaine qu’ils portaient.
Avec son naturalisme rugueux, presque invisible tant il semblait simple, Duvall a passé une carrière entière à épauler des monstres sacrés comme Robert De Niro, Dustin Hoffman ou Gene Hackman. Moins flamboyant que certains contemporains, il n’en était pas moins respecté comme un maître absolu. Francis Ford Coppola disait de lui qu’à un certain niveau, "il devient difficile de distinguer un premier rôle d’un grand acteur de composition." Il était les deux.
Sa première apparition marquante remonte à Du silence et des ombres (1962), où il incarnait le mystérieux Boo Radley. La carrière démarre lentement malgré ce coup d’éclat, mais le début des années 70 le voit exploser.
Il tourne Les Gens de la pluie (1969), MASH (1970), THX 1138 (1971) de George Lucas, puis décroche le rôle qui change tout : Tom Hagen dans Le Parrain (1972), qu’il reprend dans Le Parrain, 2e partie (1974). Nomination aux Oscars et reconnaissance mondiale à la clé. Il enchaîne avec Conversation secrète (1974) et confirme qu’il est capable d’habiter n’importe quel registre.
Sa stature de premier rôle s’impose vraiment avec The Great Santini (1979), portrait d’un père militaire tyrannique qui lui vaut sa première nomination à l’Oscar du meilleur acteur. Mais c’est Tendre Bonheur (1983) qui lui offre la consécration : un chanteur country brisé, tout en silences et en regards, performance d’orfèvre récompensée par la statuette.
Avec l'âge, Robert Duvall devient une figure tutélaire, le vieux sage de bons conseils, le mentor de Tom Cruise dans Jours de tonnerre (1990) et celui de Nicolas Cage dans 60 secondes chrono (2000), ou de Kevin Costner dans Open Range (2004). Il est aussi le sauveur de Deep Impact (1998). En 1997, il signe son geste d’auteur avec Le Prédicateur (1997), qu’il écrit, réalise et interprète, performance habitée qui lui vaut une nouvelle nomination à l’Oscar et un triomphe aux Independent Spirit Awards.
À près de 80 ans, il tourne encore La Route (2009), Crazy Heart (2009), puis livre dans Le Juge (2014) une prestation remarquée de magistrat accusé de meurtre, rôle qui lui apporte sa septième nomination aux Oscars face à Robert Downey Jr..
Robert Duvall aura tourné jusqu'au bout. On se souvient de l'un de ses derniers passages à l’écran dans le western Netflix The Pale Blue Eye (en 2022).







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