Première
Halima vit à Montréal avec son compagnon et sa petite fille. Enceinte, elle apprend que son deuxième enfant est un garçon. Dans le froid de l’hiver canadien, l’arrivée de ce bébé ravive les blessures de sa vie passée et surtout le souvenir de son frère… Rachid. Alors qu’elle décide de retourner sur sa terre natale, l'Algérie, elle confronte chacun des membres de sa famille dans l’espoir de le retrouver. Avec ses cheveux noirs enroulés, ses yeux de jais, son teint mat et son air mélancolique, cette héroïne (remarquablement campée par Naila Harzoune) semble tout droit sortie d’une pièce du dramaturge libanais, Wajdi Mouawad. Impossible de ne pas songer à la tétralogie de l’auteur, Le Sang des promesses, devant La Femme cachée. Et sur les thèmes de la famille, de l’identité et du retour aux origines, le troisième long-métrage de Bachir Bensaddek tourné en langue française et arabe avance entre climat tragique et contexte politique et retrace une histoire toujours douloureuse pour la France, celle de la colonisation de l’Algérie. Mais à force de multiplier les sujets, le film finit par perdre de l'intensité recherché, à cause de dialogues trop peu travaillés et de scènes fragiles glissant dangereusement vers la caricature. Cette tragédie grecque loin d'être inintéressante aurait gagné à approfondir sa mise en scène, plutôt que de laisser parler seul son sujet.
Lou Valette