A Knight of the Seven Kingdoms
HBO

A peine 30 minutes par semaine. C'est une toute petite dose de Game of Thrones. Le showrunner s'explique.

Trente minutes. Pas une de plus à chaque épisode. Là où Game of Thrones et House of the Dragon étiraient leurs intrigues sur des épisodes d’une heure (minimum), A Knight of the Seven Kingdoms fait un pas de côté assumé et surprend les fans. Un choix à contre-courant des standards de la franchise, que son showrunner Ira Parker explique dans une interview accordée à GQ.

La raison principale tient en deux mots : fidélité absolue. Fidélité à The Hedge Knight, la nouvelle de George R.R. Martin dont est tirée la série, et fidélité à son esprit.

"C'était le maître-mot de George quand on s'est rencontré", raconte Parker. L’auteur des livres était très attaché à cette histoire et à ses personnages, et tenait à ce qu’ils soient respectés à l’écran. Un objectif que le showrunner partage pleinement : "J’aime ces histoires telles qu’elles sont présentées. J’aime leur ton. Nous étions totalement alignés George et moi."

A Knight of the Seven Kingdoms
HBO Max

Le problème de A Knight of the Seven Kingdoms, c’est que la matière première est mince. Très mince.

The Hedge Knight faisait à l’origine à peine 84 pages. Et une large partie du récit repose sur le monologue intérieur de Dunk, l’un des personnages les plus anxieux de Westeros.

"Il se passe énormément de choses dans sa tête", rappelle Parker. Adapter ce flot de pensées, donner de l’épaisseur au monde sans le dénaturer, tout en se demandant si le projet pouvait réellement fonctionner à la télévision. C’est là qu’intervient la souplesse de HBO. Lorsque Parker est approché, il imagine d’abord un format classique : dix épisodes d’une heure. Mais la chaîne propose autre chose : six épisodes de 30 minutes.

"Ça nous permet d’être plus compacts et d’offrir quelque chose qui est un vrai plaisir".

L’objectif est clair : ne pas tirer sur la corde, ne pas diluer le récit, et surtout ne pas laisser la série s'étaler plus longtemps que nécessaire.

A Knight of the Seven Kingdoms
HBO max

Ce format court était même un argument clé pour convaincre George R.R. Martin. L’écrivain craignait par-dessus tout une adaptation étirée artificiellement :

"Avant même de contacter George, nous savions que c'était possible de faire des épisodes de 30 minutes. HBO nous l'avait déjà proposé. Ça a facilité les choses pour convaincre George que c'était faisable en série télévisée, et de bonne qualité. L'une de ses principales préoccupations, concernant une adaptation fidèle, était que l'histoire ne puisse pas atteindre cette envergure. Sachant qu'HBO ne nous y obligerait pas, on pouvait se faire plaisir. On pouvait ainsi passer du temps à Westeros, mieux connaître Dunk et Egg et leur relation. Dans la première saison, on pouvait présenter un peu les membres du jury des Sept avant l'affrontement final. Lyonel Baratheon a un rôle bien plus important dans la série que dans le livre, où il n'a qu'une seule réplique juste avant le procès. Tout s'est fait très naturellement. On n'a pas forcé le trait. On n'a pas ajouté de quêtes annexes bizarres avec Dunk et Egg. On a écrit comme si George avait écrit un roman de 300 pages."

A Knight of the Seven Kingdoms est à voir sur HBO Max en France.