Il parle un français impeccable. Normal : Luke Thompson a grandi en France et garde un lien intime avec notre pays. Alors qu'il passe au premier plan de La Chronique des Bridgerton, pour la saison 4, il se confie dans une longue interview à Première. Rencontre dans la langue de Molière.
PREMIÈRE Comment se fait-il que vous parliez si bien français ?
Luke Thomson : (Il s'exprime en Français) J’ai grandi en France, en fait. Mes parents sont anglais, mais j’ai déménagé en France quand j’avais deux ans. J’ai donc passé mon enfance et mon adolescence en France, j’y ai passé mon baccalauréat. À 19 ans, je suis reparti en Angleterre. Mais le français est une langue, et une culture, qui font vraiment partie de moi, et qui me tiennent vraiment à cœur. C’est assez émouvant de pouvoir présenter quelque chose en France, comme ça.
Avoir “sa propre saison” de Bridgerton, c’est évidemment excitant. C’était long d’attendre votre tour ?
Oui, un petit peu. Mais c’est aussi le plaisir d’une série : pouvoir passer plusieurs années dans la peau d’un personnage. J’ai eu trois saisons pour m’habituer à la caméra, moi qui viens plutôt du monde du théâtre, et trois saisons pour m’habituer à l’univers assez particulier de Bridgerton. Donc c’est pas mal comme ça. J’arrive à mon prime dans la saison 4 avec Benedict. Le gros avantage, c’est que ce personnage est déjà bien connu des fans. On l’a vu évoluer. On n’a vu qu’une facette de lui, pour l’instant : son côté charmant et bienveillant. Mais c’est sympa de pouvoir creuser sous le vernis, d’approfondir les choses… de voir ce qui se passe derrière le masque.
Vous avez lu en avance le tome "An Offer from a Gentleman "(paru en 2001) pour savoir ce qui allait vous arriver ?
J’avais déjà lu le roman quand on m’a choisi pour le rôle de Benedict, il y a cinq ou six ans. Et je l’ai relu, évidemment, récemment, pour préparer un peu plus cette saison 4. Après, la série utilise le roman comme matériau source, mais elle n’hésite pas à étirer… et à aller plus loin. La série télé est vraiment quelque chose de différent des livres. Elle a ses racines dans les romans, mais c’est beaucoup plus que ça : elle a son propre univers, très particulier.
Et vous avez lu la suite ?
Je n’ai pas lu les autres romans, donc je ne sais pas exactement où ça va pour Benedict, mais c’est tant mieux : partir un peu à la découverte… ne pas tout savoir non plus. Surtout que le personnage de Benedict est vraiment plus développé que dans les romans.
La saison 3 montrait Benedict dans cette scène très marquante avec Tilley et Paul. Selon vous, en quoi cette expérience agit-elle comme un déclencheur pour son évolution dans la saison 4 ?
C’est vrai que cette scène a été marquante. Mais pour moi, c’est surtout la scène qui suit, quand il dit à Lady Tilley qu’il n’est pas prêt pour quelque chose de sérieux. Cette scène contient le germe du problème intrinsèque au personnage : Benedict est quelqu’un qui est un peu amoureux de sa propre liberté. C’est un homme très curieux, qui veut toujours découvrir de nouvelles choses. Il aime se laisser aller à la découverte. C’est génial… mais arrive un moment dans la vie où cela devient un moyen d’esquiver quelque chose de plus profond. C’est vrai qu’il a beaucoup de mal à s’engager dans quelque chose de sérieux.
À l’inverse, on ne peut jamais lui coller une étiquette ?
On dit souvent de Benedict qu’il est pansexuel. C’est intéressant, parce que je ne sais pas si c’est exactement le bon terme - ou disons : c’est une manière moderne de le décrire. On a tendance à trouver la sexualité masculine un peu rigide : soit on est ceci, soit on est cela. Ce qui est rafraîchissant avec Benedict, c’est que ce n’est pas une question d’identité pour lui. La sexualité n’est pas quelque chose qui détermine son identité. Au point où le sexe est presque devenu une force mystérieuse, qui l’empêche de vraiment se poser dans la vie. Il finit par se poser avec Sophie, mais ça aurait très bien pu être un homme, au fond…
Racontez-nous votre première rencontre avec Yerin Ha (Sophie)…
Je ne la connaissais pas du tout. Et c’est vrai que c’est forcément une rencontre un peu spéciale. Une véritable expérience. Il y avait une certaine timidité, quand on s’est rencontrés pour la première fois. En fait, c’était sur Zoom. J’étais assez sceptique sur le fait de voir une alchimie quelconque via visioconférence. Mais immédiatement, on a su que ça allait le faire. Sophie est un personnage très particulier : une combinaison d’humour, d’émotion et de sérieux. Et, en vérité, depuis le temps que je suis acteur, je sais qu’il y a beaucoup une question d’instant, sur une audition. Ce n’est pas vraiment une affaire de "savoir bien jouer” ou pas". C’est plutôt de savoir si on est juste, sur le moment. On a senti, dans ce Zoom, que ça allait le faire. C’était une décision facile.
Jonathan Bailey ou Regé-Jean Page ont vu leurs carrières décoller après Bridgerton. Vous y pensez ?
Ce qui m’intéresse, c’est toujours de faire des choses différentes. Pourquoi pas faire un peu de cinéma français ? Ça me plairait énormément. C’est vrai qu’un rôle comme ça, dans une série comme celle-ci, ça donne pas mal de visibilité…
La saison 4 de La Chronique des Bridgerton sort en deux parties : la partie 1 ce 29 janvier, puis la partie 2 le 26 février, sur Netflix.







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