Après le succès de la première saison, la série post-apo fait son retour ce mardi soir sur Prime Video. Les producteurs, Jonathan Nolan et Geneva Robertson-Dworet, nous racontent comment la série a évolué, à l’image de Lucy, et comment elle a tenté de conserver son identité dans cette suite à Sin City.
Le plus dur arrive pour la Goule.
Il faut désormais confirmer pour Fallout. Après une première saison formidable, la meilleure série de l’année 2024 reprend les armes sur Prime Video. Le premier épisode de la suite sort ce mardi soir sur la plateforme de streaming, puis on aura un inédit chaque mercredi jusqu’au 6 février prochain. Alors comment garder ce petit grain de folie qui a permis à l’adaptation de sortir du lot ? On en a parlé avec le producteur, Jonathan Nolan, et sa showrunner, Geneva Robertson-Dworet. Entretien.
PREMIÈRE : La saison 1 de Fallout a été un succès phénoménal, le plus grand de l’histoire de Prime Video. Comment avez-vous vécu ce niveau d’engouement ?
Geneva Robertson-Dworet (showrunner) : Ce fut d’abord un énorme soulagement. On a essayé d’être aussi fidèle que possible au jeu, et les fans ont reconnu notre gros travail de production.
Jonathan Nolan : C’est vrai que ça donne un peu le vertige un tel succès ! On se sent le roi du monde, surtout que je suis moi-même un grand fan du jeu et de cet univers. C’est rare dans ma carrière que les gens soient aussi emballés que moi. C’est un sentiment incroyable.
Pourquoi Fallout : New Vegas, sorti en 2010 sur consoles, pour raconter la suite ?
Jonathan Nolan : C’était un peu la suite logique de l’évolution de Lucy. Elle est sortie de son bunker, elle a mûri. Elle était cette jeune femme innocente, avec une boussole morale très affûtée. Puis elle a compris ce que son père avait fait, et la question devient jusqu’où elle est prête à aller pour qu’il soit traduit en justice. Las Vegas, la ville du vice, illustre bien son dilemme intérieur. New Vegas est un jeu génial, mais cette saison n’est pas vraiment une adaptation directe du titre dirigé par Todd Howard à l’époque. Ce n’est pas vraiment faisable en fait, avec Fallout, un monde ouvert où toutes les fins sont possibles… Nous continuons donc de créer notre histoire originale, tout en faisant des références à cet univers. Et ici, à New Vegas, en intégrant par exemple le génial personnage de Robert House (joué par Justin Théroux).
Dès le premier épisode, on a l’impression de regarder un « buddy movie » entre Lucy et la Goule. C’est la nouvelle orientation pour cette saison ?
Geneva Robertson-Dworet : En fait, dans le jeu, on croise toujours de nouvelles factions avec leur propre complexité morale, et on voulait que Lucy et la Goule rencontrent cela également. Ils ont une drôle de dynamique : elle essaie de lui inculquer un peu d’éthique, lui tente de la tirer dans l’autre direction. C’est une dynamique géniale, qui semble très naturelle.
Comment Lucy a-t-elle changé dans la saison 2, après tout ce qu’elle a vécu dans la saison 1 ?
Geneva Robertson-Dworet : Lucy est sortie de son bunker en pensant avoir toutes les réponses, croyant pouvoir résoudre les problèmes du monde apocalyptique. Mais elle a perdu ses illusions. Son monde s’est écroulé quand elle a découvert la vérité sur son père, qu’elle considérait comme un héros. Dans la saison 1, elle se demandait ce que son père ferait à sa place. Dans la saison 2, elle doit penser par elle-même. La Goule intervient dans ce processus : il prend un peu la place d’une figure paternelle, mais d’une manière bien différente. Un peu… glauque.
Jonathan Nolan : L’une des grandes joies de la saison 2, c’est de voir Lucy expérimenter des choses. Elle reste la même, elle s’adapte juste à la situation. Elle teste la drogue, par exemple. Je n’aime pas quand un personnage change complètement comme si les auteurs avaient forcé le trait. Avec Lucy, on a fait en sorte que son évolution soit naturelle.
Qu’apporte Ella Purnell ?
Geneva Robertson-Dworet : Elle incarne parfaitement l’esprit du show. Parce qu’on demande beaucoup à nos acteurs : ils doivent jouer le drame, la tragédie, et en même temps être dans l’humour. Et Ella jongle admirablement entre les deux.
Où avez-vous tourné cette saison 2 ?
Jonathan Nolan : À l’époque de la première saison, on avait tourné dans le New Jersey, à New York et dans l’Utah, pour des raisons financières, même si la série parle surtout de l’Apocalypse à Los Angeles ! Alors pour la saison 2, on a déménagé toute la production — les décors, les costumes, les accessoires — en Californie. Ca me tenait à cœur. Parce que je suis un partisan de longue date des tournages en Californie. On y avait déjà tourné Westworld en intégralité. C’est une région géniale pour faire des films et des séries. Et aujourd’hui, bizarrement, dire ça paraît presque original, parce que tant de tournages ont quitté la région pour filmer ailleurs. Mais avec le désert des Mojaves juste à côté, cette lumière, ces montagnes, ces paysages arides, on avait tout ce qu’il fallait pour Fallout à portée de main — sans avoir besoin d’aller en Namibie comme pour la saison 1. On a encore beaucoup bougé, mais cette fois à travers la Californie et en camions, pas en avion
Cette saison est encore une fois très violente. Comment dosez-vous le niveau de gore que vous souhaitez injecter dans la mise en scène ?
Geneva Robertson-Dworet : On en parle beaucoup entre nous. C’est un vrai sujet qu’on aborde méthodiquement. Il faut que ce soit esthétique, stylisé, et un peu loufoque aussi. Un truc gore doit provoquer un rire, un peu comme on s’esclaffe parfois devant un film de Quentin Tarantino. C’est ce type de violence, presque burlesque, que nous essayons de faire fonctionner à l’écran.
La saison 2 de Fallout débute sur Prime Video dans la nuit du 17 décembre en France.







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