Aviator
TFM Distribution

DiCaprio incarne Howard Hughes dans ce biopic signé Martin Scorsese.

Seconde collaboration entre Leonardo DiCaprio et Martin ScorseseAviator est rediffusé ce dimanche soir sur Arte, suivi du documentaire Martin Scorsese : l'italo-américain (également visibles en streaming sur Arte.TV). En 2005, DiCaprio était alors en couverture du 335e numéro de Première pour la sortie du filmEn plus d’une interview de Scorsese, qui expliquait ce qui l’avait attiré dans ce biopic de Howard Hughues, on y retrouvait un entretien avec la star, qui avait lui-même fait appel au cinéaste après avoir travaillé sous sa direction dans Gangs of New York. En voici un extrait.

Proposer à Scorsese, bien connu pour sa peur de l’avion, de faire un film qui s’appelle Aviator, il fallait le faire...
Oui, c’est ça que je trouvais intéressant ! Je crois que le film n’a fait qu’empirer sa phobie ! En lui proposant le script, je savais qu’il y avait des thèmes qui pouvaient le toucher, comme l’âge d’or d’Hollywood ou cette figure tragique qu’était Hughes, un personnage typiquement scorsesien. Mais je pensais que l’aspect aviation le rebuterait. Un jour, il m’a dit : "Envoie-moi quand même le script. Je ne connaissais rien à la boxe et j’ai bien fait Raging Bull !"

Je crois qu’il admire Hughes parce qu’il n’avait peur de rien. C’était à la fois un homme d’affaires incroyable qui régnait sur un véritable empire, mais aussi un réalisateur, un producteur, le Casanova de son époque... En même temps, c’était un aventurier qui construisait des prototypes d’avion qu’il pilotait lui-même, s’écrasait avec, en reconstruisait d’autres aussitôt, battait un nouveau record de vitesse, etc. Il prenait des risques énormes et, pourtant, il était terrorisé par les poignées de portes et les microbes...

Cate Blanchett pour Aviator (2005)
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Vous avez peur de la folie ?
La folie d’Hughes faisait d’autant plus peur qu’elle n’était pas diagnostiquée à l’époque. Il ne pouvait pas se faire soigner. On a refait vingt-cinq fois la prise où je répète en boucle "Show me all the blueprints". J’ai cru que j’allais finir avec une camisole de force ! Mais non, je n’ai pas peur de la folie.

Et peur d’être seul face à la caméra ? Vous n’avez jamais porté autant de scènes sur vos épaules...
J’adore être seul avec le personnage, tout intérioriser. Mes films préférés, comme Taxi Driver ou Le Voleur de bicyclette, montrent des personnages seuls face à la caméra. Le spectateur s’identifie mille fois plus. Dans Taxi Driver, Travis Bickle est dérangé mais on est en empathie avec lui, on éprouve de la compassion. Avez-vous remarqué que plus le film avance, moins son comportement a l’air anormal ? C’est presque comme de la réalité virtuelle...

On dirait que Scorsese vous a fait grandir, y compris physiquement.
Je me devais d’être crédible pour jouer Hughes à 40 ans, c’est tout. Je n’ai pas fait ce film pour prouver que je pouvais jouer des hommes mûrs et ne plus être "le gosse de Titanic". Interpréter à nouveau un rôle d’ado ne me poserait aucun problème.

Propos recueillis par Stéphanie Lamome.