Comme personne n'a encore vu le film qui sera projeté en première à Cannes, peux-tu présenter La Bifle en quelques mots ? La Bifle est une comédie d’action. L’histoire d’une réconciliation entre un homme et son pénis. Un film sur le lien profond et profondément ridicule qui existe entre un mec et sa bite.D'où t'es venu l'envie de faire exister cette histoire, ces personnages, l'univers ?Avec La Bifle, je règle mes comptes avec mon adolescence. Une forme d’exorcisme par l’humour. Une thérapie par l’action. Une manière de regarder ses complexes de loin et de leur dire avec tendresse « putain les mecs, on a complètement déconné ». Le personnage principal joué par Franc Bruneau incarne ce mec englué dans une adolescence rancunière. Francis est un type rattrapé par ses vieux démons et il va devoir changer son regard sur sa propre bite pour conquérir la femme qu’il aime. Sa quête est noble et dérisoire. Un mélange de genre que j’affectionne beaucoup.Sur le papier le film a l'air un peu casse gueule. Comment as-tu trouvé le ton pour faire quelque chose de nouveau ou différent ? Pour par exemple contourner le côté parodique ou ne pas faire un film juste régressif. De loin, au pitch, on pourrait presque penser à la rencontre entre Vibroboy de Jan Kounen et un film d'Adam Sandler genre Rien que pour cheveux (hilarant au demeurant).Régressif, le film l’est, dans la mesure où il fouille dans les marécages de la puberté. Casse-gueule il l’est aussi, sinon c’est quand même beaucoup moins drôle de faire ce métier. La ligne primordiale du film c’est : oui, on va se replonger dans les humiliations lointaines de l’adolescence, les traumas ridicules, les coïts catastrophés, oui, on va faire un film avec des violents coups de bite mais on va le faire avec TENDRESSE. C’est ça le ton de cette histoire. En ça le film puise beaucoup ses influences chez les productions de Judd Apatow avec Supergrave en tête (je suis par ailleurs COMPLETEMENT fan de Rien que pour vos cheveux).Le gros défi avec La Bifle, c’était d’être tranché sans être potache, cru sans être vulgaire, volontaire sans être parodique. La parodie ça m’emmerde, ça se mord la queue. Moi j’aime beaucoup le premier degré, c’est plus entier, plus touchant. J’espère que dans ce sens, ce sera réussi.Tu penses qu'il sera reçu comment par la profession ?Je ne sais pas ce que « la profession » en pensera, je sais que le scénario n’a pas convaincu tout le monde à la lecture. C’est un film pas évident à voir sur papier mais maintenant il est fait et j’espère surtout qu’il sera vu et que ça fera marrer les gens.Comment s'est passée la sélection à la Semaine de la critique ?On a enfermé le comité de sélection dans une salle avec Ti-Kong (ndlr : personnage du film, célèbre pour ses talents martiaux et son organe). Ils ont dit oui tout de suite.Le film s'inscrit dans une approche que tu as encore envie d'explorer ? Exploration totale à venir. Dans cette veine c’est sûr. En France évidemment. Et puis sinon ailleurs. Je suis un gros optimiste de nature.Selon toi, quelle est la marge de manœuvre pour un long dans le même esprit au sein du cinéma français ?Je suis convaincu qu’on peut produire ce genre de film en France. J’avance au plaisir et à l’envie, la marge de manœuvre je m’en accommoderai toujours.Comment on filme un personnage avec une bite géante ?Le plus dur a été de trouver un acteur assez bien pourvu. Il n’y en a qu’un sur terre, il s’appelle Ti-Kong. Mais il l’a fait gratos dans la mesure où il comprenait mes traumatismes. Il a même produit une partie du film. J’apprécie l’homme et l’acteur. Il porte sa bite avec panache. Pour le reste, on le filme comme un homme à trois jambes. Très simplement.La Bifle reviendra ?Pour peu qu’on l’assène avec assez d’élan, une Bifle revient toujours. C’est pure physique.Finalement, La Bifle, c'est une comédie romantique ?Tout à fait, une histoire d’amour entre un homme et l’adolescent qu’il a été.Propos recueillis par Jérôme DittmarSuivez toute l'actu cannoise sur notre dossier spécial avec Orange Cinéday







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