M6 remet l’artisanat à l’honneur ce soir dès 20h40 en faisant concourir des apprentis bouchers, coiffeurs, pâtissiers… En jeu ? Le titre de meilleur Espoir de l’année sous la houlette de Karine Le Marchand. Interview.
M6 remet l’artisanat à l’honneur ce soir dès 20h40 en faisant concourir des apprentis bouchers, coiffeurs, pâtissiers… En jeu ? Le titre de meilleur Espoir de l’année sous la houlette de Karine Le Marchand. Interview. Vingt-cinq candidats issus de toutes les régions de France sont en lice. Un jury, composé de deux professionnels reconnus, en retient cinq (les plus doués) et leur fait passer une série de tests et d'épreuves. Un seul remportera le titre d'Espoir de l'année de sa profession. Karine Le Marchand, petite-fille d’un artisan graveur, anime cette série de cinq émissions placée sous le signe de l’excellence. Qu’est-ce qui vous a poussée à présenter une émission sur l’artisanat ?Je viens d’une famille d’artisans. Mon grand-père, né en 1911, était graveur sur métal. Il fut meilleur ouvrier de France et meilleur artisan de France et des colonies. Durant sa carrière, il a remporté plus de 100 médailles. Ma grand-mère tenait le magasin. Mon papy se consacrait à son travail. Il était extrêmement minutieux. J’aimais l’atmosphère sereine de l’atelier. Mon oncle a pris sa relève et exerce encore avec ma tante à Nancy.Vos grands-parents vous ont-ils transmis des valeurs ? Le goût du travail bien fait. J’ai hérité d’eux cette manie de remettre cent fois l’ouvrage sur le métier. Ils m’ont aussi transmis la peur de manquer. Ça vient d’une époque où les femmes d’artisans n’avaient pas de statut, pas de retraite. Elles ne pouvaient se permettre d’être malade. J’ai gardé ça. Si je suis souffrante, j’appelle le médecin et je pars au boulot. Quand, à 82 ans, mon papy a été forcé d’arrêter, il est mort six mois plus tard. Son métier, c’était sa vie. Quel est le but de cette émission ?Changer le regard des gens sur l’artisanat. Des jeunes doivent batailler avec leurs parents pour y faire carrière. C’est le cas d’Aurélien qui a abandonné ses études d’expert-comptable pour la boucherie. Il faut arrêter de penser que les professions d’apprentissage sont des pis-aller. Notre société chasse les vieux. Dans l’artisanat, au contraire, c’est l’expérience qui fait l’excellence. Les jeunes ont un rapport filial avec leur maître d’apprentissage. Peut-on comparer l’Espoir de l’Année avec Masterchef ?Rien à voir ! Ces jeunes professionnels ne viennent pas pour changer de vie ou faire fortune. Ils sont juste animés par l’envie de montrer leur savoir-faire. Quant au jury, il n’est pas là pour les humilier. Leurs remarques sont destinées à les faire progresser. D’ailleurs, ils sont eux-mêmes souvent bluffés et admiratifs, voire émus aux larmes devant la maîtrise et la détermination des minots.Si vous aviez dû vous orienter vers un métier manuel, quelle aurait été votre inclinaison ? J’adore le bois, mais je n’ai pas la patience. Je ne pourrais pas non plus faire un métier solitaire. J’aurais pu être tenté par l’esthétique. J’adore les massages, je suis très tactile.Faire de la télé, c’est aussi passer de la pommade. Ce n’est pas mon truc. Les émissions de variétés ne me tentent pas. J’aime les vraies gens. Ceux qui font leur devoir avec humilité. J’ai arrêté de présenter les magazines de société en plateau. Cinq ans des Maternelles puis Tabous m’ont éprouvée. C’est dur d’encaisser la souffrance des gens. L’arrêt de Génération famille en décembre 2009 (talk show diffusé sur M6 dans lequel des invités venaient évoquer avec l’animatrice de leurs problèmes personnels) a été un signal. Depuis l’an dernier, je présente C’est ma vie. Je vais à la rencontre de gens qui acceptent d’être filmés à une période de leur existence où ils se donnent un challenge. Je prépare avec Stéphane Plaza une émission sur les problèmes de voisinage. Un rôle de médiateur, une fois encore, en prise directe avec le réel. Interview Hacène Chouchaoui, journaliste à Télé 7 jours


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