Vendredi soir, Jean Dujardin et Gilles Lellouche (re)présentaient La French au festival de Toronto. Verdict ? Dans l'ombre de French ConnectionLa French s'inspire dans le fond de la même histoire que le film culte de William Friedkin porté par Gene Hackman et Roy Scheider, sauf que le polar de Cédric Jimenez se déroule en France et n'est donc pas raconté du point de vue américain. "Démarrant en 1975, il suit l'affrontement entre Jean Dujardin et Gilles Lellouche, explique The Hollywood Reporter. Le premier est un juge marseillais et le second un baron de la drogue. Le film s'inspire d'événements historiques et sa narration complexe est intense, entrecoupée de scènes d'action viscérales et d'une bande originale haletante." Pour le célèbre journal américain, la comparaison avec French Connection n'est pas justifiée : "Les spectateurs seront même étonnés de ne pas entendre parler du tout du flic joué par Gene Hackman".Pour Joblo, au contraire, cette vision complète celle de Friedkin : "La French (ce titre est bien plus cool que The Connection) captivera surtout les fans du film de Friedkin, comme elle montre l'autre côté de cet énorme trafic d'héroïne entre la France et les Etats-Unis. Cette version n'est pas un film d'action à proprement parler, mais ses personnages sont intéressants, tout comme son traitement général. Martin Scorsese a visiblement inspiré le réalisateur Cédric Jimenez, notamment pour son montage musical et ses plans larges. C'est un polar solide -bien que classique. Un excellent exemple de ce que les fans du genre apprécient".Flickerinmyth reconnait que la comparaison est inévitable. "L'équipe a fait un travail remarquable pour retrouver le look, l'ambiance et l'esprit des années 70. Pour la plupart des Américains, la French Connection désigne un trafic de drogues aux Etats-Unis, tout le monde pense à Gene Hackman et Roy Scheider en entendant cette expression. Ce nouveau film est intéressant car il explore la même histoire mais du côté des Français. On y suit aussi des criminels et la manière dont les autorités les traquent. Des destins personnels y sont examinés, en particulier celui de Pierre Michel, qui a failli détruire son mariage en s'impliquant dans cette affaire. Le jeu des acteurs est à la hauteur, même si le style de ce thriller criminel et historique prime sur son fond".Seul Twitchfilm considère que La French ne fait pas le poids face à French Connection : "On ne peut pleinement apprécier le film qu'en le comparant à celui de Friedkin (et même à sa suite malaimée). Mais paradoxalement, cette analyse du trafic d'héroïne à Marseille, avec la corruption ambiante de la police et des politiques, parait finalement déjà vue".Un duo à la hauteurLes critiques reconnaissent tous que Jean Dujardin et Gilles Lellouche sont à l'aise dans la peau du juge incorruptible et de son ennemi pas si éloigné de sa personnalité que ça. "Le juge Michel imagine des manoeuvres habiles, explique THR. Il n'attaque pas violemment comme le faisait le flic joué par Gene Hackman. Ce personnage vif qui a du flair va parfaitement bien à Dujardin. De l'autre côté de la loi, Lellouche joue de manière plus conventionnelle. Son seigneur du crime est si peu expressif qu'on a parfois l'impression qu'il porte le 'masque du gangster charismatique'."Joblo va plus loin en présentant Dujardin comme "le symbole même de la moralité. Un personnage vertueux que l'acteur parvient à incarner sans faillir. (...) Face à lui, Lellouche ne joue pas un méchant typique. Lui aussi fait naitre de la compassion. Il est même 'anti-drogues' dans sa propre vie et quand il apprend que l'un de ses associés est accro, il va le lui faire payer cher. Comme dans beaucoup de films policiers français des années 70, ces deux personnages ne sont pas si éloignés que cela. Ce sont des hommes dévoués à leur famille, des maris dignes de confiance. Ils traitent leurs associés comme des proches. Leur principale différence, c'est qu'ils ont choisi chacun un côté de la loi. En revanche, ils ne se respectent pas. Ils partagent une scène, mais rien à voir avec Heat, leur rencontre n'est absolument pas conviviale ! En tout cas, on comprend en voyant le film pourquoi ces deux acteurs sont de telles stars en France."Pour Twitchfilm, le personnage de Jean Dujardin devient cependant ennuyeux au fur et à mesure de l'intrigue. "C'est dommage pour un acteur de son calibre, qui a reçu un Oscar, mais il pâtit de la durée du projet. En s'étirant sur 135 minutes, le film est beaucoup trop long !".Une playlist qui fait Bang (bang)En plus de la mise en scène efficace et du talent du duo, THR a été conquis -et surpris- par les choix musicaux de La French. Un pan important du film puisque le malfrat joué par Gilles possède un nightclub. "Que ce soient les compositions de Guillaume Roussel ou les morceaux disco choisis, la musique augmente l'excitation du spectateur. Les chansons ne sont pas aussi frappantes que chez Scorsese ou Tarantino, mais elles étonnent tout de même. L'utilisation de Bang Bang (mais pas la version utilisée dans Kill Bill) est la cerise sur le gâteau".C'est cette chanson qui a été choisie pour la bande-annonce : Un succès garanti THR est définitivement le journal le plus conquis par La French. "Ce film à gros budget devrait faire un carton en France, mais aussi dans les pays anglophones où le thème est intimement lié au film culte de Friedkin. En y ajoutant le talent des acteurs, il est certain qu'il attirera les spectateurs". Joblo se demande de son côté qui aurait pu jouer ces mêmes personnages si La French avait été tourné dans les années 70. "On imagine facilement Jean-Paul Belmondo (à qui Dujardin est régulièrement comparé), Alain Delon ou Lino Ventura dans les rôles principaux".A première vue, La French a la classe. Rendez-vous le 3 décembre pour découvrir le résultat au cinéma.







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