DR

Les prime en direct ont commencé. En exclusivité, Télé 7 Jours s’était rendu sur le plateau de l’émission lors des répétitions. L’occasion de recueillir les impressions de Jenifer et de ses partenaires. Interview à fleur de peau.

Jeudi 5 avril, 15 heures. Ce jour-là a lieu une des phases finales du coaching de The Voice avant la générale du samedi après-midi et les répétitions en plateau pour le premier prime en direct. Au studio 217 de la Plaine St-Denis, en région parisienne, les murs tremblent. Sonia est sur scène, concentrée. Elle écoute l’orchestre jouer ´ Beautiful, le titre de Christina Aguilera qu’elle reprend. Jenifer, installée dans le fauteuil rouge de Florent Pagny, bat la mesure et observe la prestation. Première prise, elle court vers la candidate, lui murmure quelque chose à l’oreille et lui indique le placement d’une note. Seconde prise. C’est la bonne! Jenifer sautille, frappe dans ses mains et prend la candidate dans ses bras. Techniciens, musiciens, producteurs, candidats, tous applaudissent bouche bée. Même fascination avec Amalya et Sasha, les deux autres membres de l’équipe de Jen comme tous la surnomment ici.Garou est venu espionner sa collègue. Son tour approche. Il doit faire répéter Stéphanie, Johnny et Louis. Le Québécois reste près de ses talents et n’hésite pas à chanter lui-même pour leur montrer ce qu’il attend d’eux. La prestation de Stéphanie sur C’est comme ça des Rita Mitsouko tourne presque au duo. Puis, arrive Louis Bertignac. Et enfin, Florent Pagny. "Putain, ça envoie"!, s’exclame-t-il. La journée est longue : coachs et talents sont arrivés à 15h et ne repartiront qu’à 21h. C’est comme ça cinq jours par semaine. " A l’issue de sa session, Jenifer vient nous claquer la bise et nous fait signe de la suivre. Quelques escaliers plus tard, nous voilà dans la loge inoccupée de Nikos. La première gagnante de la Star Ac, jeans et blouson de cuir bleu, s’assoit pour répondre à nos questions.On a l'impression que cette émission vous rend heureuse…Jenifer: Je suis dans un domaine que j'adore. Certes, c'est une grosse machinerie bourrée de paillettes, mais les gens qui y bossent sont investis et passionnés. J’y suis très sensible.Quel genre de coach êtes-vous ?La bonne copine… Je fais tout pour que mes talents se sentent le plus à l'aise possible. Je sais ce que ça fait quand on arrive sur un tel plateau.Quels ont été vos coachs dans votre carrière ?La scène. La rencontre avec le public m'a forgée et m'a donnée des envies. J'ai toujours voulu être chanteuse, pas forcément connue. J'ai fait la Star Ac parce que j'étais dans une merde totale ! (Elle enchaînait les petits boulots, ndlr) ça a pris une ampleur démesurée. Ma vie est devenue complètement dingue. Je pensais que ce serait éphémère, puis tout s'est enchaîné si vite.On vous sent nostalgique parfois…Très souvent. D'une certaine adolescence, d’une innocence que j'avais à l’époque. Mais je suis bien là où je suis. C'est vrai que d'être sur cette émission, dans ce studio (celui de la Star Ac, ndlr), avec Nikos, c’est bizarre. ça me semble à des années-lumière et j'ai l'impression que c'était hier. C'est difficile à expliquer.Dans The Voice, on vous voit très déterminée et vous dites être très vulnérable. Est-ce ça le paradoxe Jenifer ?J'ai toujours eu un caractère bien trempé. Après, vous savez, il y a des moments où l’on va bien et d'autres moins… J'ai beaucoup de doutes, un manque de confiance omniprésent. Mais dans The Voice, il ne s'agit pas de moi. Je m’assume mieux.En quel sens ?Je suis moi, mais je défends d'autres gens. Je donne mes impressions, mes opinions personnelles, mais je ne parle pas de moi. Tout le monde me dit que j'ai gagné en assurance. J'ai toujours été comme ça. C'est juste que… (elle réfléchit), j'ai énormément de mal à me livrer. La caméra me fait peur. Je me suis découvert un côté agoraphobe. Je ne l'ai jamais dit, mais j’étouffe vite.Garou, Louis Bertignac et Florent Pagny semblent très protecteurs envers vous…Totalement ! Ils me rassurent. Ils savent que je ne suis pas toujours au mieux. Parfois, quand j'arrive au studio, je tremble comme une feuille. J’ai peur de blesser injustement un candidat. J’appréhende les moments où je vais devoir dire non à certains.Ne vous sentiriez-vous pas à votre place ? Je n'en sais rien… Je ne me pose même pas la question. J'ai énormément réfléchi avant de signer. J'ai été très franche, j'ai dit aux équipes : " Vous me connaissez, je suis facilement intimidée. " Je me disais que j'allais me cacher derrière mes mains ou mes cheveux, que j'allais bégayer, que je n'allais pas avoir d'arguments ou de répartie.Vous êtes attaquée sur votre légitimité en tant que coach… Comment prenez-vous ces critiques ?Je m’y attendais. Dès que je fais quelque chose de nouveau, je sais que ça ne fera pas l'unanimité. Chacun a son avis et je peux comprendre ces remarques…Pourquoi ?Parce que je n'ai que dix ans de carrière. Pour certains, ce n'est pas suffisant. Pour moi, c'est déjà énorme. En revanche, quand on dit que je ne suis pas une vraie chanteuse, cela me blesse. Amalya m'a racontée qu'elle est allée sur un plateau télé et qu'on lui a demandé : " Pourquoi avoir choisi Jenifer? Elle ne sait pas chanter. " C'est super dur d'entendre ça ! Mais j’essaie de ne pas le prendre trop à coeur.Même quand on a dit que votre dernier album, Appelle-moi Jen, était un flop ?Ca, c'était vache ! Et insultant. Pas seulement pour moi, mais pour les personnes qui ont bossé dessus. C'est un disque dont je suis fière. Si c'était à refaire, je le ferais exactement de la même manière.Vous travaillez sur un nouvel album ?Depuis déjà plusieurs mois. Appelle-moi Jen était conçu pour être en deux parties. Aussi, mon prochain disque sera dans la continuité, en moins synthétique. Il y aura plus de "vrais" instruments. J'écris et je compose énormément. The Voice m'inspire.Partante pour une saison 2 alors ?Je prends mon pied. Donc, pourquoi pas ? On verra dans quel état je finis.Interview Jérémy Parayre