The Afterparty
Apple

Avant de sortir les suites de Spider-Man : New Generation au cinéma, le duo retrouve le petit écran pour une série AppleTV+ à l'ambition folle, à la fois comédie potache et Cluedo savamment orchestré, ancré dans une réunion d'anciens du lycée... Phil Lord et Chris Miller nous racontent le concept.

Après avoir joué aux LEGO et à Spider-Man, vous aviez envie de lancer une Murder Party ?
CHRIS MILLER : J'ai toujours adoré ça. J'ai lu énormément de livres d'Agatha Christie étant plus jeune. On regardé en boucle Les Invitations dangereuses (1973), notre « murder mystery » préféré, à Phil et moi. Ou encore Clue (1985). Et puis la série Columbo... énorme ! Je crois qu'il y a quelque chose de très humain derrière tout ça : l'envie de résoudre des puzzles ! Je me suis dit que ce serait cool de raconter un « murder mystery » à travers différentes perspectives, dans le style Rashōmon (un même événement interprété et raconte de manière contradictoire par différents protagonistes NDLR). C'est quelque chose qui n'a jamais été fait auparavant.

Le Rashōmon effect ça apporte quoi exactement au genre ?
CHRIS MILLER : Tellement... Je suis un amoureux de Rashōmon. J'ai vu le film quand j'étais petit et ça m'a complètement soufflé. C'était même franchement tripant (rires). J'adore cette idée que chacun voit le monde à sa façon. C'est fascinant et c'est une source inépuisable d'inspiration en fait. Tout le monde pense être le héros de sa propre aventure. Le Rashōmon effect est parfait parce qu'il permet de montrer à quel point la vie est subjective et à quel point il est presque impossible d'arriver à une vérité objective. Attention, je ne dis pas qu'elle n'existe pas... dans le cas dans notre histoire : il y a bien eu un meurtre. Mais c'est un outil de cinéma génial pour montrer que le monde n'est jamais tout noir ou tout blanc. Qu'il faut une certaine empathie pour comprendre le point de vue de l'autre.
PHIL LORD : C'est vraiment le genre parfait pour mettre en lumière les stéréotypes et montrer que les gens ne sont jamais ce qu'on pense qu'ils sont.



D'ailleurs, vous avez vu Le Dernier Duel de Ridley Scott, ces dernières semaines ?
CHRIS MILLER : Non pas encore, mais il est sur ma liste, ça a l'air formidable. Je suis très en retard sur les films cette année...

The Afterparty est en ça une série très conceptuelle, comme il y avait un concept très fort - celui du multiverse - derrière Spider-Man : New Generation. Vous aimez vous appuyer sur des concepts pour écrire ?
PHIL LORD : Je crois surtout qu'on n'aime pas faire quelque chose qu'on sait déjà faire... Du coup, on s'attaque à des challenges auxquels personne ne veut s'attaquer. Dans le cas de New Generation, personne n'avait encore fait un truc comme ça, dans un gros film comme ça. Parce que sur le papier, c'était vraiment compliqué à mettre en oeuvre.

Quand vous avez écrit The Afterparty, vous saviez dès le début qui serait le tueur ?
CHRIS MILLER : Oui, on savait. On avait la solution dès le départ et on a construit toute la série comme une sorte de problème de maths. Pareil, on n'a jamais changé la victime. Ça a toujours été Xavier (Dave Franco). Après, on a tout écrit pour que le public puisse deviner qui est le tueur avant la fin. On a semé suffisamment d'indices ici et là. Il y a plein de petites énigmes, des codes à résoudre qui aident à découvrir la vérité. Parce qu'un « murder mystery » est toujours beaucoup plus cool quand le tueur est trouvable. Quand on se dit : 'Mince, je suis passé à côté de ça, c'est pas possible !'
PHIL LORD : Le genre est réussi quand la narration est construite comme ça. Ceci dit, parmi les gens qui ont vu la série pour le moment, très peu ont trouvé la bonne réponse... Après, au fil de la diffusion (hebdomadaire), je suis certain que plein d'Internautes brillants vont comprendre avant la fin !

The Afterparty
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Au-delà du mystère, The Afterparty est aussi une comédie potache, sur des anciens du lycée qui se retrouvent...
CHRIS MILLER : Ca n'a pas été simple de trouver le bon ton, que ce ne soit pas une parodie bête et méchante, une farce grotesque, mais bien un « murder mystery » amusant. Les acteurs ont beaucoup aidé pour ça. On a pensé leurs personnages comme différentes personnalités, pour qu'ils soient drôles, mais en même temps solides et pas uniquement des caricatures. Xavier, par exemple, est tellement surréaliste, qu'il aurait très vite pu n'être qu'un simple pastiche de vedette. Mais Dave Franco a voulu créer quelqu'un à qui on finit par s'attacher, qui devient plus humain d'épisode en épisode. Au bout du compte, on a de l'affection pour lui. C'est ça le plus compliqué à écrire : trouver un équilibre, composer un personnage qu'on aime vraiment et pas juste qu'on adore détester !
PHIL LORD : Surtout qu'on sait dès la première seconde que Xavier meurt. Donc, pendant tout le processus de la série, le spectateur a forcément envie de voir une justification, de sentir que sa mort était méritée d'une certaine façon. C'est le cas au début, nettement moins à la fin...

Vous allez à vos réunions d'anciens du lycée ? Vous aimez ça ?
CHRIS MILLER : Ces trucs-là sont un peu comme d'aller sur Facebook ou Instagram, mais pour de vrai. On présente à ses anciens camarades de classe la meilleure version de soi-même, celle qu'on a envie qu'ils voient... Mais c'est marrant parce que je suis allé à l'une des miennes récemment. Un peu comme un voyage d'étude ! (rires) Il y a des trucs qui sont arrivés lors de cette réunion, pour de vrai, que j'ai mis dans la série ! Mais je ne peux pas dire lesquelles sans spoiler...
PHIL LORD : Un meurtre ? T'as tué quelqu'un ? (rires)
CHRIS MILLER : Non, du calme, ce n'est pas une confession !
PHIL LORD : Dans la mienne, ils remettaient des trophées et j'ai eu celui de la Meilleure Progression ("Most Improved"). Sans déconner ! (rires)

The Afterparty, à voir sur Apple TV+ à partir du vendredi 28 janvier 2022.

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