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Au terme d'un pilote réussi, celui qui n'est pas encore Saul Goodman, mais Jimmy McGill, faisait une rencontre inattendue... celle-ci conduit le spin-off de Breaking Bad à de nouveaux sommets dans « Mijo », deuxième épisode d'une série qui décolle à la verticale. (Spoilers dans la suite).

Critique de l'épisode 2 de la série  Better Call Saul, « Mijo ». Disponible en France sur Netflix.Aussi saisissant qu'insoupçonné, le climax de l'épisode inaugural de Better Call Saul prend toute son ampleur dans la suite. Jusqu'à donner, déjà, une petite idée de la façon dont Jimmy McGill, futur Saul Goodman, va se retrouver à mettre les mains dans le cambouis par la suite et devenir le défenseur-magouilleur professionnel de Breaking Bad. « Mijo » va venir immédiatement capitaliser sur cet effet de surprise, en consacrant sa première partie à un face à face de haute volée entre son anti-héros et Tuco Salamanca, bad guy mémorable de Breaking Bad. Évidemment, l'homme n'est pas encore l'adversaire sanguin qui aura maille à partir avec Walter White (Bryan Cranston) dans la série aux cinq saisons de Vince Gilligan. Peter Gould (co-créateur de Better Call Saul avec Gilligan), qui signe ici le scénario de l'épisode, joue des liens de parenté entre les deux séries avec un plaisir certain, lors d'une plaidoirie démente en plein désert du Nouveau-Mexique où Jimmy commence à se démarquer par ce côté hâbleur qui façonnera le personnage de Saul Goodman.En faisant revenir le sinistre Tuco, Gould réalise un trait d'union convaincant avec la précédente création de Gilligan, en introduisant un nouveau venu, homme de main de Salamanca, jamais encore apparu dans Breaking Bad, et qui devrait, selon toute vraisemblance, prendre une importance non négligeable dans la série. Ainsi, progressivement, le spin-off semble suivre sa propre voie, mais sans jamais renier sa filiation avec sa série mère. Qui connaît déjà la précédente création Gilligan est en terrain connu, sans que cela ne déstabilise le néophyte, ni que cela fasse office de redite. La réalisation de Michelle MacLaren, déjà à l’œuvre sur Breaking Bad, colle au plus près de son modèle, en allant chercher les mêmes sensations dans la composition de ses plans. S'ajoutent le montage alternatif d'une même scène filmée d'un angle à l'autre et cette lenteur caractéristique qui laisse la tension s'installer, comme en témoigne l'éloquente joute verbale qui oppose Jimmy/Saul au fameux Tuco...« Mijo » finit aussi et surtout le job entamé par le pilote, à savoir définitivement poser les bases de Better Call Saul au travers d'une exposition XXL qui touche maintenant à son terme. La scène finale ne laisse guère de doutes : une nouvelle voie s'offre au personnage. Jimmy McGill est jeté dans l'arène et l'ombre de Saul Goodman ne paraît pas bien loin.>>> Découvrez notre interview de Saul Goodman (Bob Odenkirk)