Quelques heures avant le prime de la Star Academy le vendredi 14 novembre, Shaggy, interprète du tube interplanétaire "Boombastic" nous recevait dans son hôtel parisien, le Murano. Casquette, lunette de soleil et bling-bling sont de sortie mais derrière ces accessoires le jamaïcain reste décontracté et met tout le monde à l'aise. Venu à Paris pour la promo de son album "Intoxication" et du single "What's Love" (feat. Akon et Lord Kossity), il s'est prêté au jeu de l'interview pour Public.fr (en vidéo ci-dessus, en texte ci-dessous). Public.fr : La légende raconte que c’est parce que vous étiez fan de Scoobidoo que vous portez le surnom de Shaggy (Sammy de « Scoobidoo » dans la version américaine). Shaggy : Non, c’est faux ! Je n’étais pas fan mais, plus jeune, je portais une grosse touffe de cheveux et tout le monde me comparaît à Sammy de Scoobidoo. C’est resté. Public.fr : Vous étiez déjà ici il y a huit mois. Heureux d’être de retour à Paris ? Shaggy : C’est top, ma ville préférée est New York, mais s’il y a une ville qui ressemble à Big Apple c’est bien Paris. La nuit, ici, c’est merveilleux ! Les restaurants, la Seine et puis… les femmes ! Tout ça rend Paris incroyable ! Je passe toujours du bon temps ici, mais je n’ai jamais eu l’occasion de venir en vacances en France, c’est toujours pour le boulot. Mais le jour où je me donnerai le temps, je compte bien venir en Europe avec un sac à dos, prendre un train, et faire le tour du continent ! Public.fr : Votre single « What’s Love » vient de sortir en France. Pouvez-vous nous raconter la genèse de cette chanson et votre rencontre avec Lord Kossity qui chante dessus ? Shaggy : C’est une chanson que j’ai faite avec Akon. Lord Kossity l’a remixée et ça m’a plu. La chanson est davantage formatée pour le marché français et c’est une bonne chose. J’ai rencontré Lord Ko en Jamaïque. Il utilisait mes studios d’enregistrement pour son album. Je trouve que c’est un artiste de dance-hall très talentueux. Mais ce n’est pas la première fois que je fais une collaboration avec Lord Kossity, on avait fait un duo ensemble pour son album. Public.fr : « Intoxication » est un mélange de tout ce que vous avez fait (dance-hall, reggae, groove, funk). Quelle était votre envie sur cet album ? Shaggy : Au niveau de la musique, je cherche toujours le changement. Je n’essaierai jamais de faire deux fois la même chose. C’est davantage un album de dance-hall qui peut être apprécié par les amateurs autant que par un public plus général. C’est ce qu’on avait visé. Public.fr : En quoi votre tube « Boombastic » a-t-il changé votre vie ? Shaggy : C’est à travers cette chanson que le public me connaît. Elle me correspond bien, je serai « Mister Lover Lover » à vie, mais ça ne me dérange pas. Public.fr : Qui est « Mister Lover Lover » ? Shaggy : Un garçon très chaud, en qui l’on peut avoir confiance. Les filles disent également qu’il est divertissant… Pour séduire une femme, je lui fais beaucoup de compliments. Pas trop, non plus, pour ne pas la gêner. Il faut aussi flatter autre chose que le physique, être créatif. Public.fr : Vous avez grandi aux Etats-Unis. Quelle est votre opinion sur l’élection d’Obama ? Shaggy : C’est une chose magnifique. Son élection va marquer l’histoire et je suis heureux de vivre ça. Je pense qu’il va montrer à beaucoup de monde qu’on peut arriver à faire des choses dans la vie quelles que soient tes origines ou ton niveau de vie. Je sais les gens très excités à l’idée de ce qu’Obama pourrait changer aux États-Unis et je lui souhaite de réussir. Public.fr : Vous avez fait la guerre au Koweit avec les Marines américains. Quels souvenirs en gardez-vous ? Shaggy : Quand vous faites votre service militaire, vous ne savez pas trop où vous vous retrouverez. C’était il y a très longtemps. J’ai rencontré de bonnes et de mauvaises personnes, mais je ne regrette vraiment rien. Au contraire, cette expérience m’a nourri. Je n’ai pas vraiment choisi d’aller au Koweit, j’ai choisi de quitter les rues de Brooklyn. Mais je ne savais vraiment pas dans quoi je m’engageais… Public.fr : Vous êtes l’un des rares artistes jamaïcains à s'exporter. Êtes-vous fier d’être une sorte d’ « ambassadeur musical » de votre pays ? Shaggy : Je vis en Jamaïque. Je fais parti de la scène jamaïcaine, de la culture jamaïcaine. Je suis un ambassadeur de la musique jamaïcaine. Je ne pense pas que vous rencontriez un Jamaïcain qui n’est pas fier de son pays. Mais le Jamaïcain qui fume de l’herbe, porte des dreadlocks, ce n’est qu’un cliché qui vient de Bob Marley. Chaque personne en Jamaïque a voulu ressembler à Bob Marley. Public.fr : Comme Sean Paul, lui aussi jamaïcain, vous parlez beaucoup des femmes dans votre musique… C’est culturel ? Shaggy : Oui, c’est l’essence du dance-hall. On vit pour les femmes, on fait l’éloge des femmes, on chante pour elles. C’est peut-être des fois un peu péjoratif, certes, mais c’est naturel. Propos recueillis par Sébastien Olland.


Commentaires