50 ans de la mort de Bourvil : sa dernière interview télé
INA/Compagnie commerciale française cinématographique (C.C.F.C)

Sur la Tour Eiffel, l'acteur évoquait ses quatre films avec Jean-Pierre Mocky.

En ce 23 septembre 2020, cela fait cinquante ans qu'André Bourvil a disparu, à l'âge de 53 ans. La star de La Grande vadrouille, de La Traversée de Paris ou encore du Cerveau, avait donné sa dernière interview pour la télévision sur la Tour Eiffel, en juillet 1970, dans le cadre d'un hommage à Jean-Pierre Mocky, le réalisateur qui l'avait dirigé à quatre reprises : dans Un drôle de paroissien (1963), La Cité de l'indicible peur (1964), La Grande lessive (!) (1968) et L'Etalon (1970). "On ne peut pas avoir de l'humour comme ça et faire un mauvais film, c'est impossible !, répondait-il quand un journaliste lui demandait s'il n'avait pas eu peur de tourner pour le réalisateur, réputé pour ses coups de gueule et ses films "méchants". Je n'avais jamais vu de film de Mocky, mais j'en avais entendu parler, je savais qu'il avait fait avec Aznavour : Les Dragueurs. Je n'ai jamais eu peur car il me fait rire, il me fait rire sur le plateau. Il a une façon de présenter les choses qui est grinçante, mais très drôle."

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Sur cette autre vidéo d'archive conservée sur le site de l'INA et reprenant des images de cette interview à la Tour Eiffel, le metteur en scène, décédé en 2019, explique en voix off avoir "eu de la chance" que Bourvil lui fasse confiance :

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Quelques mois plus tôt, en mai 1970, Bourvil était filmé, pour le JT de 13h de la première chaîne ORTF, sur le tournage du Mur de l'Atlantique, son dernier film, réalisé par Marcel Camus (Clodo, de George Clair, est sorti après sa mort, en 1975, mais il avait été filmé un peu avant). A ce moment-là, l'acteur se savait déjà malade, son cancer de la moelle osseuse le faisant déjà souffrir sur le plateau du Cercle rouge, de Jean-Pierre Melville, quelques semaines plus tôt. Amaigri, il sourit pourtant tout au long de l'entretien, et se montre même optimiste quand le journaliste lui demande s'il est heureux : "J’ai une bonne santé, je fais un métier qui me plaît, j’ai deux enfants formidables, une femme qui est une mère extraordinaire… que voulez-vous de plus ? De l’argent, j’en ai assez pour vivre. Quand je serai vieux, je n’aurai rien à demander à personne. Si avec ça, je n’étais pas heureux, je serais à gifler !"

 

Alors qu'il devait retrouver Louis de Funès pour tourner La Folie des grandeurs, de Gérard Oury, André Bourvil meurt finalement un peu avant la sortie du Mur de l'Atlantique, sur les écrans français le 14 octobre 1970 et du Cercle rouge, sorti la semaine suivante. Ils attireront chacun plus de 4 millions de spectateurs en salles, preuve de la popularité folle du comédien, qui compte une cinquantaine de films au-delà du million d'entrées au box-office français. La Grande vadrouille, Le Jour le plus long et Le Corniaud ont tous franchi les 10 millions, et chaque rediffusion télévisée fait depuis un carton.

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