Forrest Gump
Paramount

26 ans après, les VFX du film de Robert Zemeckis sont toujours aussi réussis.

M6 rediffusera ce soir Forrest Gump, le classique de Robert Zemeckis porté par Tom Hanks, Robin Wright, Sally Fields et Gary Sinise. Un tour de force récompensé par 6 Oscars : meilleur film et réalisateur pour Zemeckis, meilleur scénario adapté pour Eric Roth, meilleur acteur pour Tom Hanks (son deuxième après celui reçu pour Philadelphia), meilleur montage pour Arthur Schmidt et meilleurs effets visuels pour l'équipe de Ken Ralston, d'Industrial Light and Magic, la société de George Lucas. Ce sont justement les VFX qui sont analysés dans la vidéo ci-dessous, précisément ceux de la scène où Forrest rencontre le président John Fitzgerald Kennedy à la Maison Blanche.

L'effet, régulièrement utilisé dans les blockbusters actuels, est presque devenu "banal", mais en 1994, il était rare au cinéma : Tom Hanks a dû jouer sur fond bleu, répétant sa scène de multiples fois afin de l'enregistrer sous tous les angles pour pouvoir y intégrer numériquement JFK. Les deux personnages peuvent ainsi se serrer la main à l'écran, deux décennies après la mort du président. "Si on veut intégrer Tom Hanks et JFK dans le même plan, il faut que ce soit parfait", explique Zemeckis en préambule, avant que l'acteur ne relate son expérience en riant : "Tom ne nous a jamais dit comment ça allait marcher, exactement. Je devais serrer une main imaginaire encore et encore. Bob me disait : 'Regarde dans cette direction, tourne toi par là, voilà, shake, shake, shake, ok...' J'étais coincé dans une boucle infernale ! Un vrai automate. Je me disais : 'Allez, accrochez-moi à des fils, comme ça, je pourrai jouer ça tout en faisant une sieste !'"

Le regard de Tom devait en effet être parfaitement aligné à celui du président à partir des images d'archives, et sa main devait également être positionnée au millimètre près. Puis, pour que les lèvres de JFK collent à sa réplique, leur mouvement a été modifié par ordinateur. Enfin, pour que les images modernes, tournées en couleur, puissent être mélangées aux archives modifiées en noir et blanc, l'étalonnage a permis d'ajuster l'éclairage des deux séquences. Idem pour une autre séquence, en couleur, cette fois, avec Richard Nixon.

Robert Zemeckis : au-delà des Apparences

Dans le même esprit, les scènes avec les jambes coupées du Sergent Dan ont également été filmées grâce à des collants bleus pour pouvoir les effacer numériquement. Globalement, les effets spéciaux de Forrest Gump sont moins voyants que dans Qui veut la peau de Roger Rabbit, La Mort vous va si bien ou les réalisations en performance capture de Robert Zemeckis (Le Pôle Express, La Légende de Bewulf, Bienvenue à Marwen...), mais ils sont bien présents, et justement réussis parce qu'on les oublie. Si Forrest peut traverser l'histoire américaine et toucher autant le public, il faut que le spectateur soit plongé dans le récit, qu'il ne pense plus à la fabrication des VFX, même si ceux-ci ont demandé un travail minutieux et de nombreuses retouches numériques.

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Forrest Gump : pourquoi le film de Robert Zemeckis est inoubliable