Christopher Nolan - Oppenheimer
ABACA/ Universal Pictures

“En regardant les chiffres du box-office, il est évident que le public recherche quelque chose d’inédit."

Au cours des deux dernières décennies, les films de superhéros ont inondé les cinémas – d’innombrables suites ont vu le jour dans le but d’accorder une nouvelle jeunesse à ces emblématiques figures de bandes dessinées. Oppenheimer a prouvé que le public est amateur de fictions plus sombres et complexes. C’est en tout cas ce que Christopher Nolan et d'autres réalisateurs ont tiré comme analyse : le phénomène redonne espoir aux créateurs hollywoodiens. Lors d'un long papier rempli d'intervenants différents, Variety est revenu sur l'effet Oppenheimer dans le paysage cinématographique, quelques mois après l'explosion - et au moment de son arrivée dans nos salons. 

"Non seulement Oppenheimer a fonctionné, mais il a défié les idées préconçues, raconte par exemple Damien Chazelle, cinéaste oscarisé pour La La Land. Avant même d’avoir vu le film, j’avais le sentiment que c’était un de ces scénarios types. Les gens du milieu disaient : 'Ce n’est pas ce qu’attend le public.' Ils avaient tous tort et cela rend son succès d’autant plus savoureux."

Pour Christopher Nolan, il est clair qu'Oppenheimer est la preuve que le public est demandeur de nouvelles expériences cinématographiques stimulantes. Notez d'ailleurs que pour la première fois depuis 2001, les trois films les plus rentables de l’année - Barbie, Super Mario Bros, le film et Oppenheimer - ne sont pas des suites.

"Il est évident, en regardant les chiffres du box-office, que le public recherche quelque chose d’inédit. Nous avons été dans une période où il était merveilleusement rassurant pour les studios de sentir que leur franchise pouvait prospérer. On ne peut nier le désir de nouveauté chez les cinéphiles.", explique Christopher Nolan.

Malgré la tension concernant la date de sortie qui se chevauchait avec Barbie, la relation entre Christopher Nolan et le studio Warner Bros n’est pas entachée. "De l’eau a coulé sous les ponts", explique-t-il à propos de son départ du studio après 20 ans, et de la concurrence entre son film produit par Universal avec son ex-maison.

Oppenheimer
Universal

Le soir de la première d'Oppenheimer en juillet dernier, Christopher Nolan a invité sa mère, sa productrice (et son épouse), Emma Thomas, ainsi que trois de leurs quatre enfants au cinéma Imax de l’AMC Lincoln Square de Manhattan pour voir comment la foule pouvait réagir au film.

Lors de la projection, lorsque Robert Oppenheimer et son équipe s’apprêtent à faire détoner la bombe, Christopher Nolan a pu assister à l’intensification de concentration dans la salle. "Pouvoir assister à cela était une expérience unique, se souvient-il. La séance était à guichets fermés et ce qu’il se passait à l’écran était si puissant. Ce niveau d’engagement était quelque chose que je n’avais jamais ressenti auparavant. Mon implication a payé."

L’implication du cinéaste se traduit par ailleurs par son style vestimentaire, jugé simpliste voire un brin professoral. Christopher Nolan ne gaspille pas son énergie dans des tergiversations esthétiques – il aime aller à l’essentiel pour pouvoir se concentrer sur ce qui l’intéresse vraiment, comme en témoigne le directeur de la photographie d’Oppenheimer, Hoyte Van Hoytema : “Son style vestimentaire est la preuve qu’il met son énergie ailleurs. Il porte un uniforme pour se faciliter la vie, il ne veut pas se prendre la tête. Il a ses habitudes, il y est attaché et ça lui permet de ne pas se détourner de l’essentiel. Il est tellement concentré sur ce qu’il a à accomplir. Je n’ai jamais travaillé avec un cinéaste aussi dévoué et engagé que lui."

Emma Thomas, femme et productrice du cinéaste, s'est penchée sur les qualités et défauts de son mari : "Chris est clair sur ce dont il a besoin. Mais il y a aussi un sentiment de calme qui permet aux gens de faire de leur mieux." Christopher Nolan n’a de cesse de prendre des notes sur de potentielles idées, qui, le plus souvent n’aboutissent pas. “Son bureau est en pagaille. Il est recouvert de cahiers. Il n’a aucune méthode – il y a des croquis, des logos de film, des morceaux d’histoire qu’il aimerait raconter. Il écrit tout.", confie encore Emma Thomas.

Après son carton au cinéma, Oppenheimer est à présent disponible en DVD et blu-ray. Le détails de ses multiples bonus est à lire ici.


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