Little Jaffna
Zinc.

Lawrence Valin signe son premier long, un thriller d'infiltration franco-tamoul. Voici les premières images de ce film doté d'une vitalité folle.

Le quartier de « Little Jaffna » à Paris est le cœur d'une communauté tamoule vibrante, où Michael, un jeune policier, est chargé d'infiltrer un groupe criminel connu pour extorsion et blanchiment d'argent au profit des rebelles séparatistes au Sri Lanka. Mais à mesure qu'il s'enfonce au cœur de l'organisation, sa loyauté sera mise à l'épreuve, dans une poursuite implacable contre l'un des gangs les plus cachés et puissants de Paris.

A la fin du mois sortira Little Jaffna, un premier long qui parvient à mélanger les genres et les références avec dynamisme. Lawrence Valin, son co-scénariste, réalisateur et acteur principal, a fait le tour des festivals avec cette histoire de double identité franco-tamoule. Ce week-end, il a justement reçu deux prix au festival Reims Polar : le Prix du jury et le Prix du public.

Rencontré il y a quelques mois à Sarlat, où il venait le présenter à un public de lycéens, il nous a livré ses influences, lui qui a été autant marqué par le cinéma de Kollywood (le Bollywood tamoul) que par les films d'infiltration et/ou de mafia de Martin Scorsese (Les Infiltrés en tête) ou James Gray (La Nuit nous appartient).

Pour accompagner la diffusion de cette bande-annonce haute en couleur, focus justement sur ce choix de proposer une vision pop d'une communauté méconnue au cinéma.

Little Jaffna
Zinc Film

"J'adore les films de Harmony Korine, que ce soit Spring Breakers, The Beach Bum ou même Gummo, nous confie d'abord Lawrence Valin. Ce film, c 'est comme ça que je l'ai imaginé, même si en réalité, il n'y a pas de Tamoul qui soit habillé aussi coloré. J'avais d'autant plus envie de ça pour un film de gangsters, où on se dit : 'Oh, ça va être sombre.' Non, là, ça va péter en couleurs, ça va être pop ! Quand on est dans l 'église avec toutes les tenues traditionnelles et tout, je me disais : 'C'est cool, ça va marcher.' On me répondait : 'Mais... ça fait pas assez peur ?'. Mais si, si on croit en nos personnages, ça peut être coloré et menaçant à un même endroit."

"Pareil avec la scène du toit, poursuit-il. On a parlé de sa violence, et normalement, ce genre de séquence, on la ferait dans la nuit, dans un coin abandonné, caché. Là, on tourne en plein air, il y a des bruits d'oiseaux... Vu que j'ai pas vu ça avant, dans mon imaginaire, d'un coup, ça devient vrai pour moi, je me dis : 'C'est paisible, c'est le printemps, il fait beau...' et en même temps ça me glace le sang tout ce qui se passe. C'est ça qui crée des images fortes, quand on reprend un truc très codifié du cinéma, mais qu'on le traite d'une manière différente."

Little Jaffna
Zinc Film

"On m'a beaucoup dit : 'Ah, ça fait penser à du Scorsese ou à du Tarantino.' Parce que c'est un peu barré ? Pour l'irruption de la violence ?, s'interroge-t-il. Les Infiltrés, de Martin Scorsese, a eu une influence indéniable. Avec La Nuit nous appartient, de James Gray, ce sont les deux films qui m'ont le plus accompagné dans l'écriture. Cette oeuvre, c'est toute une odyssée, l'épopée d'un mec qu'on suit à partir d'un instant T, et toute l'aventure qu'il y a derrière."

La bande-annonce met davantage en avant l'aspect thriller/infiltration que l'humour, pourtant bien présent dans Little Jaffna. Parfois même à des moments où le spectateur s'y attendra le moins.

"Je me disais que mélanger les effets, ça aller créer mon propre univers, explicite Valin. C'est ce que j'ai essayé de faire avec ce film, en tout cas. C'est compliqué pour un réalisateur qui arrive de dire : 'C'est mon univers.' Maintenant, on peut dire : 'C'est du Wes Anderson' et tout le monde sait de quoi on parle, mais pour le moment, je n'ai fait qu'un seul film, il n'y a pas d'autre référence. On pourrait se dire : 'C'est du Bollywood', mais en réalité, c'est un peu différent. Et c'est ça qui est intéressant. En cours de film, le spectateur peut se dire : 'Ok, je commence à avoir les codes', et ça c'est possible en décryptant le cinéma du sud tout en le mixant avec du cinéma occidental. On a parlé de James Gray, Martin Scorsese, Quentin Tarantino... mais il y a aussi l'influence des films coréens, qui mélangent tellement de genres et m'ont beaucoup influencé. Les films de Bong Joon-ho sont un excellent exemple. Quand je vois Parasite, je ne peux pas le classer, il mixe trop de choses. Il y a un peu de ça dans Little Jaffna."

Little Jaffna sortira au cinéma le 30 avril. L'entretien complet de son créateur sera à lire sur Premiere.fr à ce moment-là.