Adam Driver dans Paper Tiger
SND

Rencontre avec l'acteur, de retour à Cannes pour le nouveau film de James Gray, en compétition.

Adam Driver a travaillé avec Martin Scorsese, Noah Baumbach, Steven Spielberg, Clint Eastwood, Joel et Ethan Coen, Spike Lee, Francis Ford Coppola, Michael Mann, Leos Carax ou encore Jim Jarmusch. Un tableau de chasse impressionnant auquel il faut désormais ajouter James Gray. On a profité de son passage au Festival de Cannes, où il est venu présenter Paper Tiger (dont il partage l'affiche avec Miles Teller et Scarlett Johansson) en compétition, pour discuter avec cet amoureux des grands auteurs. 

James Gray est un grand admirateur de Francis Ford Coppola avec qui vous avez aussi tourné. Ont-ils des points communs?

Francis a d’abord été metteur en scène de théâtre. Il a apporté cette dimension au cinéma. Dans son écriture et sa façon d’organiser les choses sur un plateau, James lui ressemble. Pour Paper Tiger, nous avons utilisé le même objectif que celui utilisé pour Le Parrain. Si Megalopolis avait une ampleur surréaliste et démesurée, il restait profondément personnel. Chaque scène était inspirée  de son propre vécu. James est adepte d’une mise en scène plus intimiste mais partage ce rapport presque autobiographique.  

Avant Tiger Paper, James Gray a déjà présenté cinq longs métrages en compétition à Cannes? Il est toujours reparti bredouille, lequel des cinq aurait mérité une Palme d’Or ?

Adam Driver : La Nuit nous appartient ! Il contient toutes ses préoccupations d’auteur centrées autour d’une même dynamique familiale. Je l’ai découvert récemment lors d’une rétrospective sur le site des éditions Criterion. La poursuite de voiture sous la pluie avec Robert Duvall est magnifique!  J’ai appris qu’elle avait été très difficile à tourner, que la pluie avait été rajoutée numériquement. Cela ajoute peut-être à la beauté désespérée du film. 

Adam Driver, James Gray et Miles Teller à Cannes 2026 (Paper Tiger)
ABACA

Avant de travailler avec Coppola, vous avez tourné avec Michael Mann (Ferrari). Grâce à votre statut de star avez-vous le sentiment  d’aider ces grands cinéastes à rendre possible leur film? 

Michael n’a pas besoin de mon aide pour quoi que ce soit ! C’est un génie. Si je n’avais pas fait ce film, il aurait trouvé quelqu’un d’autre. Un projet difficile à finaliser peut rebuter certains acteurs, pas moi. La souffrance peut être un formidable moteur de création - pas toujours, évidemment. Quant à l'exigence d’un cinéaste, elle n’est jamais trop grande. 

Propos recueillis par Thomas Baurez

Le synopsis de Paper Tiger : New York, Queens, 1986. Deux frères que tout oppose s’unissent pour une affaire douteuse liée à la mafia russe. Mais ce qui devait être une opportunité devient un cauchemar, mettant en péril leur famille, leur intégrité, et leur lien fraternel.