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La deuxième édition du Festival Anticodes démarre ce soir au Théâtre de Chaillot et se poursuivra au Quartz, Scène nationale de Brest puis aux Subsistances à Lyon. Trois lieux pour accueillir des spectacles inclassables et transdisciplinaires qui ont pour credo impertinence et liberté.Le Festival Anticodes s'ouvre ce soir au Théâtre national de Chaillot avec un spectacle "sauvage", Fauves, de Michel Schweizer, performance brute de décoffrage, entre danse et théâtre, menée tambour battant par dix ados qui ne mâchent pas leurs mots et ne cadrent pas leurs corps. Dans la même soirée, on peut assister à (M)IMOSA, une création des chorégraphes François Chaignaud et Cécilia Bengolea qui se penchent sur la culture américaine du voguing (forme de performance sociale née dans les quartiers marginaux de New-York et pratiquée principalement par des gays et transgenres). François Chaignaud est également présent dans une collaboration avec la danseuse performeuse Marie-Caroline Hominal pour un duo axé sur le hula hoop, ce jeu consistant à faire tourner sur ses hanches un cerceau, pratique à la fois minimaliste en terme de gestuelle et pourtant hautement métaphorique. Les propositions s'aventurent plus clairement du côté du théâtre avec Femme surnaturelle, de la compagnie américaine Big Dance Theater qui explore la tragédie antique à la lumière de nos formes contemporaines. Les spectacles s'enchaînent, explorant la danse, le théâtre, la performance, les arts visuels pour inventer leur propre forme. Après Chaillot (jusqu'au 12 mars), Anticodes se prolonge au Quartz, la scène nationale de Brest avec des spectacles identiques et différents comme la pièce de Gaëlle Bourges, La Belle Indifférence, qui questionne l'érotisme et le voyeurisme dans un parallèle entre la nudité du modèle (du peintre ou du sculpteur) et la prostitution, ou encore This is how you will disappear de Gisèle Vienne, expérience esthétique, plastique et poétique aux confins de l'onirisme. Le circassien Jean-Baptiste André explore les limites du corps dans Qu'après en être revenu, trio d'équilibristes-danseurs et le chorégraphe Mark Tompkins puise dans la tradition des "minstrel shows" et du "blackface" (spectacles faits du renversement d'identités entre blancs et noirs) pour un spectacle chanté et dansé parodique et contemporain. Quant au chorégraphe hip-hop Mourad Merzouki, il reprend deux de ses pièces : Correria et Agua. Enfin, Anticodes s'achèvera aux Subsistances de Lyon où l'on retrouvera avec bonheur le collectif ildi! eldi dirigé par le metteur en scène américain Dan Safer dans une pièce sur l'après-fin du monde et le bricolo Camille Boitel et son spectacle acrobatique L'Immédiat. On compte sur eux pour clôturer en beauté un festival libre comme l'air !Par Marie Plantin.>> Voir le détail du programme de Anticodes à Chaillot !