Jours 9,10, 11, je ne sais plus.Depuis Bullit, les poursuites en voiture sont devenues un motif qui permet de mesurer l’énergie ou l’inventivité des cinéastes. Certains y vont à l’économie, comme Claude Chabrol, qui se contentait d’un gros plan sur la chaussure de son actrice enfonçant la pédale de l’accélérateur, tandis que la bande son évoquait des crissements de pneus et des froissements de tôle. D’autres, comme le coréen Nah Hong Jin (révélé avec The chaser) font dans la surenchère. C’est le cas avec The murderer, un film poursuite démentiel dont le personnage principal, un travailleur immigré , est traqué par des bandes rivales de gangsters sanguinaires. La frénésie surpasse tout ce qu’on a pu voir dans le genre, mais la complexité de l’intrigue et l’accumulation de la tension jouent contre le film . Parfois la retenue a du bon. Nicolas Winding Refn en fait un usage avisé dans Drive, dont le héros est un conducteur taciturne joué par Ryan Gosling. Entre les mains de n’importe qui, cette adaptation d’un roman noir aurait donné une série B noyée dans la masse, mais Refn y apporte sa griffe très personnelle, comme un couturier de l’ultraviolence froide et hallucinogène.This must be the place est ainsi nommé d’après un titre de David Byrne, qui fait une apparition et signe la musique. Sean Penn y donne une performance stupéfiante dans le rôle d’un quinqua demeuré, rock star à la retraite qui vit de ses rentes, l’esprit sérieusement détérioré. Une bonne partie du film s’amuse à le suivre dans sa retraite irlandaise, où ses proches l’entourent avec bienveillance dans l’espoir qu’il se répare un peu. L’intrigue rebondit lorsqu’il doit se rende aux Etats-Unis, où pour des raisons étranges, il se lance à la poursuite d’un criminel nazi. Le film devient alors un road movie rythmé par les rencontres bizarres et les images surréalistes. Paolo Sorrentino signe son meilleur film, et s’affirme carrément comme le meilleur cinéaste italien depuis Fellini.Le clan Kubrick était venu en force pour commémorer Orange mécanique , qui sort en blu ray, et Malcolm Mc Dowell en profite pour donner une master class poilante . Il adore faire le clown.Après, fêtes, champagne, adieux. Pour beaucoup, c’est la dernière nuit, on les sent soulagés de partir avant que l’énergie soit complètement retombée.







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