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1980. Loin de la danse trépidante et vive et des enchaînements à tire d’aile de ses précédentes chorégraphies, Pina Bausch propose une pièce hiératique, lente et grave, où l'émotion ne se danse que par fulgurances, au compte-goutte. Dans un décor de café boisé, aux airs de salle d’attente ou de salle des pas perdus, le temps s'engouffre et les éclats de danse s'y montrent rares, retenus. Dans cette création sur des airs de tango américano-latino, Pina étreint l’essence du tango, son âme distillée. Repris en 2007 au Théâtre de la Ville, Bandonéon a dérouté certains adeptes de la chorégraphe, habitués à la danse fluide et expansive de ces dernières créations.