Downsizing (affiche)

Downsizing

Internautes
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Première
4

(1 critique)
Votre avis

La critique de Premiere
4

Christophe Narbonne
4

Dès ses débuts, Alexander Payne a adopté une posture casse-gueule : celle de l’humaniste qui observe ses contemporains avec une distance goguenarde, voire une morgue confinant à la misanthropie. C’était flagrant dans Nebraska et son portrait ambigu de l’Amérique profonde, résumée aux rednecks dégénérés et aux grands espaces désincarnés. Le voir s’atteler à une fable d’anticipation est sans doute la meilleure idée qu’il pouvait avoir, la licence poétique qu’elle induit lui permettant de continuer à commenter le monde avec une hauteur moins discutable. Typiquement “paynien”, le personnage de Paul Safranek, Américain moyen à la vie étriquée, employé zélé et mari modèle, illustre à merveille le tour de passe-passe opéré dans Downsizing qui raconte par l’absurde un destin bigger than life : c’est en étant rétréci que Paul Safranek deviendra grand. Rétréci ? Ah oui, on ne vous a pas tout dit. Situé dans un futur déterminé, le film raconte comment, après une avancée scientifique majeure, les Hommes ont le choix d’être réduits à une taille microscopique et, ce faisant, de participer significativement à l’effort écologique mondialisé. Confinée dans des micro-cités sous verre, cette humanité alternative sera-t-elle l’avenir de l’humanité tout court ?

Quand Payne convoque Capra
Tout au long de l’histoire, Alexander Payne avance masqué. Le héros apparaît longtemps comme un ersatz de ses hillbillies habituels, un peu bêta, pas méchant, qu’il place dans des situations humiliantes comme lorsque Paul est lâchement abandonné par sa femme -elle s’est soustraite au dernier moment à l’opération de réduction et finira par demander le divorce. Suite à cette trahison, le personnage aurait pu devenir cynique et épouser la cause de Dusan, le voisin combinard de Paul qui ne voit dans le rétrécissement que les avantages économiques transformant la classe moyenne en classe supérieure. C’est tout le contraire qui se passe. Paul s’éprend de Ngoc Lan Tran, première “réfugiée minuscule”, dont il va finir par partager les préoccupations socialo-humanitaires (qui agitent aussi ce monde-ci) et donner un sens à sa vie. À travers ce personnage de crédule idéaliste de plus en plus volontaire, Alexander Payne dévoile un optimisme à la Capra qu’on ne lui soupçonnait pas et signe au passage son film le plus enchanteur. Le meilleur ? 

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