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Un étonnant téléfilm, porté par un Manu Payet plus intense que jamais.

La romancière à succès, Delphine de Vigan, adapte librement une nouvelle d’Oscar Wilde (en collaboration avec Raphaël Chevènement) et signe avec Damoclès une drôle de comédie romantique, noire et inquiétante. 

L'histoire nous présente Hélène et Paul, éternels célibataires, la trentaine bien sonnée, qui vivent en colocation dans un appartement avec vue sur le métro aérien parisien. Paul a décidé qu’il trouverait l’amour à l’ancienne, en se passant des sites de rencontre, tandis qu’Hélène surfe sans vergogne sur Tinder. Le soir de son anniversaire, cette dernière invite sa cousine Lucie, dont le passe-temps favori consiste à prédire l’avenir à son entourage, de gré ou de force. À Paul, elle annonce une rencontre amoureuse avec une belle inconnue, mais aussi qu’il va commettre un meurtre, les deux étant liés. Pour échapper à la seconde prédiction, Paul met le doigt dans un engrenage hallucinant...

Cet étonnant téléfilm, réalisé par Manuel Schapira, sera à découvrir ce soir, sur Arte, à partir de 20h55. Voilà cinq bonnes raisons ne pas passer à côté :

Manu Payet, plus intense que jamais
Plutôt habitué aux personnages excentriques ou aux seconds rôles burlesques, l'acteur de 41 ans dévoile dans Damoclès une nouvelle facette de son talent. Tantôt attachant, tantôt glacial, capable d'être aussi fragile qu'inquiétant, Manu Payet marche sur un fil dans la peau de Paul, anti-héros désorienté, au bord de la crise de nerfs. Son regard transperçant fait des merveilles, dans quelques scènes d'une troublante intensité.

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Le charme ravageur d'Alma Jodorowsky
La petite-fille du cinéaste Alejandro Jodorowsky, révélée dans La vie d'Adèle, avait déjà crevé l'écran l'an dernier, dans la série de France 3, La vie devant elles. La jeune actrice de 25 ans éclaire encore chaque plan de son sourire ravageur. Son charme naturel et une alchimie évidente avec Manu Payet font le reste.

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Une drôle de réflexion sur le destin
On est assez loin de la nouvelle d'Oscar Wilde originale (intitulée Le Crime de lord Arthur Savile), puisque Delphine de Vigan et Raphaël Chevènement ont choisi de transposer l'histoire dans l'univers des Parisiens branchés du XXIe Siècle. Il n'empêche, l'adaptation garde en elle son essence existentialiste, symbolisée par cette interrogation de Paul : "Tu ne t'es jamais dit que le hasard n'existait pas ? Est-ce que les choses arrivent parce qu'elles devaient arriver, ou parce que tu as tout fait pour ça arrive ?"

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Pour le plaisir de revoir Claude Gensac
À 89 ans, la partenaire préférée de Louis de Funès continue de jouer la comédie. On a pu la voir l'an dernier dans Nos chers voisins (TF1) ou dans le téléfilm, Mon cher petit village (déjà sur Arte). Elle n'a rien perdu de sa gouaille, réjouissant en vieille voisine neurasthénique.

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La musique ensorcelante de Martin Rappeneau
Après avoir signé récemment les sublimes bandes originales de Rosalie Blum et Belles familles (réalisé par son père, Jean-Paul Rappeneau), le musicien de 41 ans enveloppe les turpitudes de Paul dans une mélodie entêtante et envoûtante, qui vous restera en tête encore longtemps après avoir vu Damoclès.

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