Jeanne Moreau

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La biographie de Jeanne Moreau

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Celle qui selon Orson Welles est « la plus grande actrice du monde » à découvert sa vocation en regardant Antigone de Jean Anouilh. Bien que sa mère, danseuse d’origine anglaise et son père hôtelier désapprouvent son choix de carrière, Jeanne Moreau prend des cours d’art dramatique avec Denis d’Inès au Conservatoire. A 19 ans, elle joue dans la pièce intitulée La terrasse de midi au Festival d'Avignon. En 1949, elle épouse le réalisateur Jean-Louis Richard avec lequel elle a un fils, Jérôme. Poursuivant sa carrière théâtrale à la Comédie-Française, Jean Vilar, alors à la tête du Théâtre National Populaire de Villeurbanne, la convainc de venir le rejoindre. Choix qui s’avère judicieux puisqu’elle y fait la rencontre d’Orson Welles.

Le début de sa carrière au cinéma est marqué par des petits rôles tantôt comiques (Meurtres en 1950 avec Fernandel, Touchez pas au grisbi avec Jean Gabin en 1954) ou bien érotiques (Pigalle-Saint-Germain-des-Prés en 1950, La Reine Margot en 1954). Louis Malle la remarque et lui propose de jouer dans Ascenseur pour l'échafaud en 1957 et Les Amants en 1958. Ces deux rôles dramatiques sont un tournant dans la carrière de l’actrice, qui travaille, dès lors, avec quelques grands noms du septième art.

En 1958, lors du Festival de Cannes, elle rencontre François Truffaut, qui lui offre un rôle dans son premier film : Les quatre cents coups. Les deux artistes se retrouvent pour Jules et Jim en 1962, film dans lequel elle interprète « Le Tourbillon », chanson qui reste dans les annales. Quant à sa performance dans le film, elle lui vaut le BAFTA la meilleure actrice étrangère (l’équivalent britannique des César). Jamais deux sans trois, Jeanne Moreau retrouve François Truffaut sur le tournage de La mariée était en noiren 1968. Sa performance dans Moderato Cantabile lui permet de décrocher un autre prix : celui d'interprétation féminine au Festival de Cannes.

Antonioni lui propose de jouer dans La Nuit en 1961, tandis qu’Orson Welles lui offre un rôle dans Le Procès en 1962. Par la suite, ils travaillent à nouveau ensemble pour Falstaff (1965). Joseph Losey aussi la sollicite à plusieurs reprises : pour Eva en 1962, Monsieur Klein en 1976 et La Truiteen 1982. Et enfin, Bertrand Blier la dirige dans Les Valseuses (1974) aux côtés de Miou-Miou et Gérard Depardieu. Trois ans plus tard, après avoir convolé en seconde noce avec le réalisateur américain William Friedkin, elle part vivre à New-York et tourne dans Le Dernier Nabab (1977), d’Elia Kazan et donne la réplique à Robert De Niro.

A partir de la fin des années 70, l’actrice a soif de nouvelles expériences et tente l’aventure de l’écriture scénaristique et de la réalisation avec deux long-métrages intitulés Lumière (1976) et L'Adolescente (1980) et le documentaire Le Portrait de Lillian Gish. Par ailleurs, elle devient présidente et marraine du Festival International des jeunes réalisateurs Premiers plans d'Angers et créé une école de cinéma, « Les Ateliers d'Angers ». Elle se fait plus présente sur petit écran dans des téléfilms tels que L’Arbre de Jacques Doillon ou encore des œuvres classiques telles que Les Misérables (2000) ou encore Les Rois Maudits (2005).

Moins présente sur grand écran, elle ne délaisse pas complètement sa carrière d’actrice pour autant. Elle reçoit même le César de la meilleure actrice pour La Vieille qui marchait dans la mer en 1992. Trois ans plus tard, elle renouvelle l’expérience d’être présidente du Festival de Cannes en 1995 (elle l’avait déjà été en 1975). Son immense talent est également salué à l’étranger : en Europe, elle reçoit le Lion d'or de la carrière à la Mostra Internationale de Venise en 1992 et l’Ours d'Or d'honneur au Festival de Berlin en 2000. Outre Atlantique, la belle Sharon Stone lui remet un Oscar pour l'ensemble de sa carrière en 1998. Actrice fançaise très prisée aux Etats-Unis, Andy Tennant tient à lui offrir le rôle de la narratrice dans la version moderne de Cendrillon, A tout jamais. Le milieu du septième art n’est pas le seul à lui témoigner sa reconnaissance : Jeanne Moreau devient la première femme à rentrer à l'Académie des Beaux-Arts en 2001. Elle est promue au grade de commandeur dans l'Ordre national du Mérite début janvier 2007.

En 2003, elle reçoit un hommage au Festival de Cannes. Emue, l’actrice décide de revenir dans nos salles obscures avec Akoibon d’Edouard Baer et Le Temps qui reste de François Ozon en 2005. Cédant la place à la jeune génération, elle occupe essentiellement des seconds rôles. Figure incontournable du cinéma, elle participe au film collectif Chacun son cinéma, en l’honneur du 60ème anniversaire du Festival de Cannes, puis rejoint en 2008 le casting de Désengagementd’Amos Gitai. Affectionnant la relève du cinéma français, elle n’hésite pas à remettre le César couronnant ses 50 ans de carrière à l’équipe de Naissance des pieuvres.

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