Jane Fonda

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La biographie de Jane Fonda

Comme son père, Jane a connu deux phases distinctes dans sa carrière. En un premier temps, elle a été l'adorable poupée blonde qui essayait de faire oublier qu'elle était la fille de Henry. Femme-objet boudeuse et provocante, peut-être parce que Henry Fonda n'a jamais été ni homme-objet, ni boudeur, ni provocant. Son charme poivré a pimenté quelques bluettes américaines sucrées comme la Tête à l'envers (1960) ou Dimanche à New York (1964), avant de devenir la raison d'être de bluettes françaises, tout aussi inconséquentes, mais nettement plus relevées, comme la Ronde (id.) ou la Curée (1966). Cà et là, un écart révélait une actrice cérébrale et précise, à l'érotisme subtil : la jeune prostituée de la Rue chaude (1962) ou la bourgeoise frigide des Liaisons coupables (id.). Son mariage et sa collaboration avec Roger Vadim sont, en même temps, l'apogée de sa première période (une période qui va s'éteindre avec Histoires extraordinaires et Barbarella en 1968) et le moment de la prise de conscience. Il est révélateur que, dans ses sporadiques incursions hollywoodiennes, Jane Fonda, toute en nerfs, y paraisse une remarquable poupée sudiste que la tragédie transforme en fugitive pantelante (la Poursuite impitoyable, A. Penn, 1966).Jane Fonda entame alors la seconde partie de sa carrière, sur des coups d'éclat successifs : ses prises de position intègres sur la guerre du Viêt-nam et sur la cause des femmes. Mais aussi grâce à des films et à des cinéastes choisis avec un flair infaillible. On achève bien les chevaux (S. Pollack, 1969) la métamorphose en une mémorable starlette aigrie et suicidaire. Recherchant la difficulté, elle devient la prostituée solitaire et apeurée de Klute (A. Pakula, 1971). Cette création, l'une de ses meilleures, lui ouvre une voie royale. Stimulée par ses rôles, Jane Fonda trouve son épanouissement d'actrice et de femme. Fidèle à ses idées, la militante se fait sereine et resplendissante, mais reste vraie. Klute est exemplaire de son art : un instant fantomatique femme fatale pailletée et emplumée, elle est, le plan suivant, une paumée aux yeux cernés et au nez qui coule. À partir de là, rien ne l'effraie. Elle joue, avec la même intelligence aiguë, Ibsen (Maison de poupée, J. Losey, 1973) ou Neil Simon (California Hôtel, H. Ross, 1978). Parfois productrice, elle s'implique dans ses films et les marque de sa personnalité et de ses préoccupations : les blessures du Viêt-nam (Retour, H. Ashby, 1978), le fascisme (Julia, F. Zinnemann, 1977) ou la menace nucléaire (le Syndrome chinois, J. Bridges, 1979). Quadragénaire éclatante, elle est aussi la superbe star d'Une femme d'affaires (1981). Enfin en paix avec elle-même, elle joue en harmonie avec Henry dans l'émouvante Maison du lac (M. Rydell, id.), qu'elle produit comme un cadeau. Là, dans un rôle épisodique, désormais brune, elle nous montre de manière criante qu'elle a hérité le visage-miroir de son père.

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