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Seven revient à 21h sur C8.

La séquence qui ouvre le film de David Fincher est un petit bijou glaçant au possible qui nous immerge dans l'esprit d'un tueur. Un générique signé Kyle Cooper. A revoir ce soir sur la 8e chaîne.

Une musique stridente (un remix expérimental d'un titre de Nine Inch Nails), des images d'empreintes digitales, d'un livre, d'une main qui écrit, une typographie étrange, des filtres de couleur noirs et un rythme agressif avec des images qui sautent... Voilà en résumé le générique de Se7en, le deuxième long de David Fincher après Alien 3. En quelques minutes à peine, cette scène d'ouverture jouant avec les codes du film noir nous envoie au coeur de la tête d'un tueur et nous plonge directement dans l'ambiance de ce thriller. Innovant et impressionnant techniquement, ce générique est devenu culte et a marqué l'histoire du septième art. Un tour de force signé Kyle Cooper.

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La génèse
Des images troubles aux collages en passant par l'écriture et les photomontages, chaque élément de ce générique nous fait connaître un peu plus profondément ce John Doe qui va donner du fil à retordre à Brad Pitt et Morgan Freeman. "Quand j'étais enfant, je regardais des films d'horreur et le monstre ne sortait jamais avant le troisième acte. J'ai eu de la chance de regarder Se7en assez tôt et je me rappelle m'être dit après l'avoir vu que je voulais voir le tueur plus tôt, en quelque sorte le présenter dès le générique. J'ai demandé si je pouvais regarder les supports du film, tout ce que Fincher avait pu regarder, et il y avait certains carnets sur lesquels étaient écrits beaucoup de choses. Je me suis dit que ce serait une bonne chose de les filmer", explique Kyle Cooper, le créateur du générique, en juillet 2012 dans un entretien au site Art of the Title. Certains livres aperçus dans le générique ont également été écrits juste pour cette séquence. 

 

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Le choix de la typographie
Pour ce générique, Kyle Cooper est arrivé avec une série de notes et de propositions vers David Fincher. Les deux hommes ont comparé leurs idées respectives et conçu les storyboards. C'est ensemble qu'ils ont choisi la typographie si marquante qui change de tout ce qui était proposé jusqu'à présent. "On a décidé d'utiliser un style "crayonné" mélangé à la police Helvetica et ça l'excitait beaucoup. Il savait qu'il voulait que ce soit écrit à la main car ça sortait de la tête d'un tueur et j'ai emmené ça plus loin, pour faire en sorte de faire croire que le tueur avait fait lui-même le film", ajoute Kyle Cooper à Art of The Title. "Il a noté tous les crédits sur une carte à gratter (un support à dessin qui ressemble à la gravure ndlr) et on a tout scanné ensuite. Et on a crée une animation, images par images (...) Pour le nom de Gwyneth Paltrow, on avait 15 différents découpage donc on a fait son animation en coupant tout ça", ajoute-t-il dans un entretien à Empire. D'où les coupes nettes et l'impression parfois que certaines images sautent. Un effet voulu par Kyle Cooper pour donner plus de réalisme à l'ensemble.  

 

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Des références au film
Pour cette séquence qui dure à peine plus de deux minutes, Kyle Cooper et l'équipe du film ont tourné pendant deux jours avant de travailler cinq semaines de plus sur le montage. Un travail de titan pour créer un générique dans lequel plusieurs plans font directement référence à des scènes du long-métrage. L'image de John Doe coupant le mot "God" d'un billet d'un dollar évoque la personnalité du tueur. "Dans le film Dead Presidents (Génération sacrifiée en VF), il y a un plan d'un billet d'un dollar avec le mot "God" qui brûle, et ça m'a donné l'idée de faire couper ce mot par John Doe. Tout tourne autour des Sept Pêchés capitaux et du fait qu'il se pose en Dieu. Il juge toutes ces personnes et les punit", affirme Kyle Cooper dans un entretien accordé en octobre 2015 à Empire. Le plan du sachet de thé est de son côté un clin d'oeil à une scène dans laquelle Kevin Spacey boit son thé. "La manière dont il mélange son thé avec le sachet dans sa main est très élégante, donc c'est là que j'ai imaginé le plan avec le sachet de thé s'enfonçant dans la tasse." Contrairement à ce que certains auraient pu penser, ce ne sont pas les mains de Kevin Spacey qui apparaissent dans ce générique mais celle d'un "mannequin mains effrayant" mais aux "mains élégantes"."David était énervé par ce choix. Il a dit : 'Pourquoi avoir casté ce mec ? Ses mains ne ressemblent absolument pas à celles de Kevin Spacey." (...) Fincher était dubitatif mais je pensais que personne ne remarquerait ça. Donc on a continué avec lui", avoue Kyle Cooper à Empire.

 

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Sa vision du générique 
Passé par l'école d'Art de Yale où il a obtenu un Master en design graphique, Kyle Cooper a collaboré avec des grands noms du cinéma notamment Brian de Palma pour Carlito's Way (L'Impasse) et Mission : Impossible, James Cameron pour True Lies, Mike Newell pour Donnie Brasco ou encore Oliver Stone (Nixon), Terrence Malick (Le Nouveau Monde) et Sam Raimi (Spider-Man 1 et 2). "L'importance des génériques dépend du film. Certains films n'en ont pas besoin, alors que d'autres nécessitent une première scène marquante. Les meilleurs génériques deviennent en quelque sorte cette première scène, créant l'atmosphère et préparant les spectateurs à ce qui les attendent. Les très bonnes séquences génériques sont symboliques et pensées, embrassant l'histoire, clarifiant l'intrigue et établissant la personnalité ou la pathologie du personnage principal  (...) C'était génial d'entendre des gens dire, après avoir vu le générique de Se7en, qu'ils pensaient que c'était une micro exploration mentale de quelqu'un en train de tuer," a-t-il confié au site Générique-Cinéma.

L'histoire de Se7en diffusé ce soir à 22h50 sur C8 : 

Pour conclure sa carrière, l'inspecteur Somerset, vieux flic blasé, tombe à sept jours de la retraite sur un criminel peu ordinaire. John Doe, c'est ainsi que se fait appeler l'assassin, a décidé de nettoyer la société des maux qui la rongent en commettant sept meurtres basés sur les sept pêchés capitaux.

La bande annonce du film :