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Présent au festival de Cannes, le réalisateur de Black Panther a donné une masterclass dont on vous dévoile ici les pépites.

Il s’est assuré que de jeunes noirs assistent à sa conférence
Ryan Coogler, le réalisateur du remarquable Black Panther, a insisté auprès des organisateurs du Festival de Cannes pour qu’il y ait des jeunes noirs (étudiants en cinéma, scénaristes, acteurs) dans la salle. "Parce que c’est parfois compliqué de s’exprimer devant une salle où pas un seul visage ne vous ressemble", a-t-il expliqué. C’est à l’association 1000 visages qu’il a notamment fait appel, et grâce à la complicité d’Aïssa Maïga (auteure du livre Noire, n’est pas mon métier), il a fait venir à Cannes, en leur payant train et hébergement, des jeunes gens qui n’en revenaient pas d’être là. Dans la salle, à leurs côtés, Raoul Peck et le chanteur The Weeknd.

Sa mère a fait sa culture cinéma
Le réalisateur est alors revenu sur son éducation au cinéma faite par une mère qui "était imdb avant imdb" et un père fan de sport et de super héros. C’est comme cela qu’il a découvert Boyz in the Hood et Malcolm X à l’heure où d’autres s’éveillent aux dessins animés.

Puis ce sont les films de Martin Scorsese, de Brian de Palma (Les incorruptibles) et de Coppola (Le parrain) qui ont déclenché son amour du cinéma. Mais c’est en s’ouvrant au monde qu’il est devenu cinéphile. D’abord avec La cité de Dieu de Fernando Meirelles et Kátia Lund. Puis il cite en vrac parmi ses films préférés : Un prophète de Jacques Audiard, La haine de Mathieu Kassovitz, Y tu mama tambien d’Alfonso Cuaron, Amours chiennes de Alejandro Gonzalez Inarritu, et Oslo, 31 août de Joachim Trier.

Ryan Coogler réagit au démarrage record de Black Panther dans une lettre émouvante

Forest Whitaker a lancé sa carrière

Le cinéaste a évoqué ses débuts et l’importance de Forest Whitaker dans sa carrière. "J’étais encore étudiant à l’USC quand quelqu’un est venu me voir pour me dire que Forest Whitaker cherchait des jeunes réalisateurs. Il fallait que je me présente à son bureau avec trois pitchs. Hyper angoissé, je m’habille super bien, je mets une cravate... J’arrive, très tendu, il était évidemment habillé très simplement, sans cravate. Je pioche deux projets et avant le troisième, je dis: "Celui-là, je le ferai avec ou sans vous". C’était Fruitvale Station. Il m’a dit "OK". Sur le coup, je n’ai pas bien compris ce que ça signifiait. Je suis retourné à la fac, préoccupé par les cours que j’avais loupés. Je n’ai pas réalisé qu’il venait de donner le feu vert à mon premier film."

Il a fait Creed pour son père

Creed est un film que Ryan Coogler voulait faire pour son père. Quand celui-ci est tombé malade, il a accéléré les choses. Et alors qu’il est en préparation de Fruitvale Station, il obtient un rendez-vous avec Sylvester Stallone. "Il m’a dit non. Je ne lui en veux pas, je n’étais personne à l’époque. Et puis, il était à un moment de sa vie où il ne voulait plus revenir à Rocky. Mais après la sortie de Fruitvale Station, je lui ai demandé de reconsidérer ma proposition. Et il m’a dit oui."

Aller en Afrique a changé sa vision du monde

Un des moments les plus forts de la vie de Ryan Coogler, c’est son premier voyage en Afrique dans le cadre de la préparation de Black Panther. "Je suis d’abord allé en Afrique du Sud, puis au Lesotho - qui m’a inspiré pour le Wakanda- et enfin au Kenya où j’étais hébergé par la famille de Lupita Nyong’o. Ce voyage a changé ma vision du monde. Je me suis senti connecté à tout un continent."

Pour préparer Black Panther, il s’est également plongé dans des films très différents : Le Parrain car "le personnage doit, comme Michael Corleone, prendre sa place dans sa famille", Baraka "pour son ambiance" et Timbuktu d’Abderramane Sissako "pour son portrait de l’Afrique".

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