Abaca/Fox Presse

Le film raconte le coming-out d’un adolescent.

Dans un long post publié sur Instagram, le réalisateur Xavier Dolan a dit tout le bien qu’il pensait du film Love, Simon (sortie en France le 27 juin). Ce n’est pas tant la qualité du film en elle-même qui a touché le réalisateur, mais le message qu’il représente pour les jeunes homosexuels partout dans le monde.

 

After seeing Love, Simon, I felt like coming out to my mom Jennifer Garner (the 13 Going on 30 Jen), and walking in the corridor of my high school with a lost, yet sexual gaze. Congrats to my friend @therealnickrobinson who is so generous and genuine in this that I filed a proper adoption form. I’ve stored my passport in the freezer once or twice Nick but I can be a good parent to you. More seriously, let’s not discuss the movie itself, but rather focus on its existence, and the fact a major studio has released a film on a teen coming out. A door has opened, which has opened before, but this time, I can see the light pouring in. I’ve watched so many LGBTQ films as a kid, desperately looking for answers, locked up in my room, where I’d download movies on LimeWire for lack of a decent video store. Most of them were brilliant and invigorating for the young artist I wanted to be, but left the young man I was with little to hope for. Suicides, heartbreaks, bullying, gay-bashing... Love, Simon, in all its earnestness, in all its normalcy, shows the struggle of coming out, but with an inspiring conclusion for teenagers who will see “Love, Simon” because they don't feel "normal". Perhaps this will teach them that, even if their life isn't as privileged as Simon’s, they can make a move. And perhaps this can teach us, as an industry, that it’s time to stop relinquishing LGBTQ protagonists to insubstantial, typically comical supporting roles, but rather offer them narratives designed around them, and around the opposite of what is commonly referred to as ”normal people”. Normal is a changeful notion. Had a movie like that existed when I was 15, I maybe wouldn’t have lied to my father about that Ashton Kutcher poster I pretended to give my cousin Stefanie in front of him while it was actually mine. Had I seen it then, things would’ve been different. And I’m happy with how things went, and despite the loneliness you feel as a teen coming out, I felt supported. I was lucky. But most kids aren't. Love Simon is a huge step for them, and for us. Thank you to all the artists and people involved.

Une publication partagée par xavierdolan (@xavierdolan) le 18 Mars 2018 à 6 :40 PDT

En voici la traduction.

"Après avoir vu Love, Simon, je me suis senti comme si je faisais mon coming out auprès de ma mère Jennifer Garner, et que je marchais dans le couloir de mon lycée avec un regard perdu, et pourtant sensuel. Félicitations à mon ami Nick Robinson, si généreux et authentique que j’ai rempli un véritable formulaire d’adoption. J’ai rangé mon passeport une ou deux fois dans le congélateur Nick, mais je peux être un bon parent pour toi.

Plus sérieusement, ne parlons pas du film en lui-même, mais concentrons-nous sur son existence, et le fait qu’un studio important ait sorti un film sur le coming out d’un adolescent.

Une porte s’est ouverte, elle s’était déjà ouverte, mais cette fois, je peux voir la lumière. J’ai vu tellement de films LGBTQ quand j’étais enfant, cherchant désespérément des réponses, enfermé dans ma chambre, téléchargeant des films faute de magasin vidéo décent. La plupart étaient brillants et vivifiants pour le jeune artiste que je rêvais d’être, mais laissait peu d’espoir au jeune homme que j’étais. Suicides, ruptures, harcèlement, dénigrement des gay… Avec tout son sérieux, sa normalité, Love, Simon montre les difficultés de faire son coming-out, mais avec une conclusion inspirante pour les adolescents qui verront Love, Simon parce qu’ils ne se sentent pas "normaux". 

Peut-être que cela leur apprendra que, même s’ils n’ont pas la même vie privilégiée que Simon, ils peuvent avancer. Et peut-être que cela nous apprendra, en tant qu’industrie, qu’il est temps d’arrêter de reléguer les personnages LGBTQ aux rôles négligeables, généralement des personnages secondaires comiques, mais plutôt leur offrir des histoires créées pour eux, et autour de l’opposé de ce qui se référe habituellement aux "gens normaux".

La normalité est une notion changeante. Si un film comme celui-là avait existé quand j’avais 15 ans, je n’aurais peut-être pas menti à mon père au sujet d’un poster d’Ashton Kutcher, que j’avais prétendu donner à ma cousine Stefanie devant lui, alors qu’il était à moi. Si je l’avais vu, les choses auraient été différentes.

Je suis heureux de la façon dont les choses ont évolué, et malgré la solitude que tu ressens quand tu es un adolescent qui fait son coming-out, je me suis senti soutenu. J’ai été chanceux. Mais la plupart des jeunes ne le sont pas. Love Simon est un grand pas pour eux, et pour nous. Merci à tous les artistes et personnes impliquées."