Divergente 3 se mange le mur

Divergente 3 : Au-delà du mur

Tris Prior et ses amis font un détour inutile derrière le mur de Chicago et tirent sur les ficelles du genre en attendant l’ultime volet de la franchise pour ados. 

Un an après la sortie du deuxième épisode de la saga dystopique, on retrouve la divergente Tris Prior (Shailene Woodley) exactement là où on l’avait laissée : dans un Chicago post-apocalyptique fraîchement libéré de la tyrannique Jeanine, la chef des Erudits (pas de retour de Kate Winslet au casting, donc). La population vient juste d’apprendre qu’elle est le fruit d’une expérience réduite entre quatre murs depuis deux siècles, "à l’abri" d’un monde réel qui l'attend soi-disant derrière les murailles. Les méthodes de la chef des sans-faction Evelyn (Naomi Watts) ressemblent de plus en plus à celles de feu Jeanine, si bien que Tris et ses amis décident d’enfreindre les ordres en allant voir d’eux-mêmes si l’herbe n’est pas plus verte derrière la clôture de la ville, laquelle n'est pas loin de la guerre civile.

En se projetant au-delà du mur, les scénaristes franchissent surtout la limite du raisonnable en ce qui concerne l’avalanche d’effets numériques dont bénéficie ce fameux "dehors" que découvrent les héros. Entre des étendues de terrains vagues façon wasteland crados de jeux-vidéos (la métaphore du ciel qui saigne était pourtant bien trouvée sur le papier) et une architecture futuriste faussement orwelienne qui semble sortir directement d’un mauvais space-opéra pour la ville, les production design ne se sont pas foulés. Mais c'est moins dans la forme que dans le fond que ce troisième volet déçoit. Loin d'être le thriller SF psychologique auquel il aimerait tant ressembler, Divergente 3 ne s’affranchit jamais de son ADN young adult. Son prédécesseur, Divergente 2 : L’Insurrection, avait pourtant jeté les bases d’une approche plus sombre du genre. La maturité du traitement s’est visiblement égarée quelque part en route. Tout comme notre intérêt. Le film tente pourtant de démêler plusieurs intrigues à la fois, baladant sans cesse le spectateur entre le monde "réel" et le Chicago tendu que les héros ont laissé derrière eux. L'effet de surprise est louable, mais derrière ses riches apparences, Divergente 3 n’apporte rien de pertinent à la trilogie, ni dans ses personnages - les nouveaux comme les anciens, dont on oublie ou ignore les motivations - ni dans son twist hyper prévisible, et encore moins dans la relation amoureuse entre Tris et Quatre (Theo James), grossièrement réduite à quelques touches de sentimentalisme vain.

Sans surprise, la saga souffre finalement de la division en deux parties du dernier livre de Veronica Roth – c’était déjà le cas  sur Harry Potter, Twilight et Hunger Games. Le premier volet de Divergente saisissait, le second commençait à s’essouffler quand ce troisième ne vaut vraiment plus le détour. Courage, il n’en reste plus qu’un. 

Bande-annonce de Divergente 3 : au-délà du mur, de Robert Schwentke, le 9 mars sur nos écrans : 

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