Affiches sorties de film mercredi 20 juillet 2022
Le Pacte/ Gaumont/ Arizona Films Distribution

Ce qu’il faut voir en salles

L’ÉVÉNEMENT
AS BESTAS ★★★★☆

De Rodrigo Sorogoyen

L’essentiel

Marina Foïs et Denis Ménochet s'installent dans la campagne espagnole et se font harceler par leurs bouseux de voisins. Rodrigo Sorogoyen rend l’air irrespirable avec un thriller rural d’une tension phénoménale. Un grand film.

Après Que Dios Nos Pardone, El Reino et Madre, Rodrigo Sorogoyen opère un virage surprenant avec As bestas, thriller rural semi-horrifique aux accents prononcés de western. Denis Ménochet et Marina Foïs y incarnent un couple de Français, installés depuis quelques années dans un village paumé de Galice. Antoine, ancien prof, et sa compagne Olga, font pousser dans leur jardin des légumes - bios, bien sûr - pour aller les revendre au marché du coin. En parallèle, ils retapent bénévolement des bergeries en ruines, dans l'espoir de repeupler ce secteur pauvre, qui s'est vidé de sa population au fil des ans. Mais leurs voisins d’à côté ont décidé d’empoisonner leur quotidien depuis qu’ils ont refusé l’installation d’éoliennes dans le secteur : Xan et son frère handicapé Lorenzo comptaient sur l’argent proposé par le promoteur pour s’offrir une nouvelle vie, loin de ce désert rural.

A travers ce duel à mort entre bobos colonisateurs et culs-terreux mous du bulbe, le film entend montrer les mécaniques de la xénophobie et du rejet de l’autre mais sans chercher à les transformer en objets théoriques. Sorogoyen rend l’air irrespirable en personnifiant son propos à travers des regards, des petites phrases qui vous avilissent un homme et des silences qui pèsent plus lourd qu’un âne mort. On pense à Chiens de paille de Peckinpah, bien sûr, mais Sorogoyen préfère travailler la violence psychologique plutôt que physique, s’appuyant sur une arme de guerre nommée Luis Zahera (El Reino) qui touche au sublime dans sa partition de redneck à l’espagnole

François Léger

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PREMIÈRE A AIME

LA PETITE BANDE ★★★☆☆

De Pierre Salvadori

La petite bande qui donne son titre au nouveau film de Pierre Salvadori a 12 ans de moyenne d’âge et s’embarque dans un projet bien secoué : faire sauter l’usine qui pollue leur village. Jamais jusqu’ici ce pilier de la comédie d’auteur made in France ne s’était aventuré sur le terrain d’un cinéma destiné au jeune public. Mais il s’y sent comme un poisson dans l’eau. D’abord par sa manière de s’emparer de l’enfance, de ne pas la surplomber par un regard et des mots d’adultes qu’il placerait dans leurs bouches mais en embrassant et en prolongeant ce qui les constitue, à commencer par leur rapport instinctif à la défense de l’écologie. Ensuite en distillant dans ce récit l’une des thématiques centrales qui traverse son cinéma, celle du mensonge. Parfait prolongement de son travail donc, La Petite bande n’a rien d’un film à l’eau de rose, la violence et la cruauté dont peuvent faire preuve les enfants composent ainsi un élément essentiel du récit, parfaitement contrebalancé par ce sens de l’absurde des situations qui rend les moments d’émotion jamais mièvres. Une parenthèse enchantée dans le parcours de Salvadori.

Thierry Cheze

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PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIME

DEDALES ★★☆☆☆

De Bogdan George Apetri

Début 2022, on avait été épaté par Unidentified de Bogdan George Apetri, un polar implacable mettant scène un flic machiavélique prêt à tout pour se venger de la femme qui l'avait quitté, découvert sur la plate- forme Universciné. On attendait donc avec impatience de découvrir le nouveau film du cinéaste romain, cette fois- ci sur grand écran. Dédales fonctionne comme une valse à deux temps. Dans un premier chapitre, on accompagne une jeune novice quittant son monastère pour un mystérieux rendez- vous en ville avant de subir une brutale agression. Dans le second, on suit l'inspecteur de police menant l'enquête sur celle- ci avec un zèle qui tourne à l'obsession. Bogdan George Apetri confirme ici son talent à créer une atmosphère à couper au couteau, où réalisme brut et surnaturel inquiétant, rationalité et spiritualité ne font qu'un. Il sait aussi très bien jouer avec le rythme de son récit, prenant le temps d'en dévoiler les mystères et secrets (à commencer par celui de son héroïne) sans rien sacrifier à une quelconque efficacité. Pour autant, le résultat se révèle moins impressionnant que dans Unidentified. La faute sans doute à un procédé (de longs, très longs tunnels de dialogues pour mieux noyer le poisson) un peu trop visible et redondant – et source de longueurs - quand son précédent film jouait sur une sauvagerie, une brutalité plus physique que cérébrale. Comme si Apetri se regardait un peu trop filmer au lieu de simplement lâcher les chevaux. Comme si en collant plus au cinéma de ses brillants compatriotes Mungiu, Puiu, Porumboiu & co, il perdait un peu de sa singularité. Mais son auscultation de la société roumaine d'aujourd'hui ne manque pour autant pas d'intérêt.

Thierry Cheze

MAGDALA ★★☆☆☆

De Damien Manivel

Découvert dans le cadre de l'ACID lors du dernier festival de Cannes, le nouveau Damien Manivel (Les Enfants d'Isadora) s'empare de la figure de Marie- Madeleine et la montre retirée du monde au cœur d'une forêt, depuis la mort de Jésus. Magdala se révèle un film de contemplation hardcore dont la radicalité en laissera beaucoup au bord du chemin. La pureté du geste de cinéaste rime ici avec autarcie, créant une distance permanente avec ce récit et ce personnage, comme si toute main tendue avec le spectateur risquait de constituer un contre- sens avec la quête mystique de son héroïne. Et la beauté des images qu'on pourrait croire échappées de tableaux de Georges De La Tour n'empêche pas un sentiment d'ennui de prendre le pouvoir et ne plus le lâcher.

Thierry Cheze

MIA ET MOI: L'HEROÏNE DE CENTOPIA ★★☆☆☆

De Adam Gunn et Mathias Temmermans

Grâce à un bracelet magique, une jeune fille se transforme en Elfe et se retrouve entraînée dans un conflit entre les différents peuples du Royaume de Centopia. Traduction en langage de cinéma : on passe du live action (le monde réel avec Mia et son pépé dans une maison de campagne) à de l’animation 3D (Centopia et ses créatures farfelues). Très honnêtement, on a déjà vu ça dix mille fois. Le character design est sympathique, l’animation pas fofolle, le procédé de bascule entre les deux mondes ne sert pas à grand-chose… Bref, si les fans de la franchise Mia et moi vont sans doute bien s’amuser, les adultes risquent de roupiller en profitant de la clim’.

Sylvestre Picard

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