Pacific Rim: The Black
Netflix

Le dessin animé mis en ligne ce week-end poursuit de manière intéressante la saga de Guillermo del Toro.

Les Kaijus sont de retour. Mais cette fois, sur Netflix, dans une version animée qui permet à la franchise dantesque initiée par Guillermo del Toro en 2013 de continuer à exister, malgré le flop critique et commercial du deuxième opus, Uprising, dirigé par  Steven S. DeKnight (en 2018). Non, il ne s'agit pas d'un spin-off mais bien d'une suite directe de Pacific Rim, totalement liée aux deux films précédents.

L'histoire se déroule dans la foulée de la seconde guerre contre les Kaijus. Les monstres ont envahi l'Océanie et l'Australie est perdue. Abandonnée par l'humanité, elle a laissé quelques survivants derrière dont Taylor et Hayley, deux ados, enfants d'un couple de pilotes de Jaeger. Dans un monde désertique post-apo aux faux airs de Mad Max, ils tentent de rester en vie. Jusqu'au jour où ils vont tomber sur un "Mec" d'entraînement, caché dans une base souterraine...



De prime abord, on se disait que l'approche animée de Pacific Rim allait offrir plus de latitudes aux réalisateurs, pour faire du grand spectacle titanesque. Au bout du coup, visuellement, la série Netflix est assez décevante. Certes, l'animation (confiée au studio japonais Polygon Pictures) adopte une profondeur 3D appréciable durant les combats, mais le FPS (Frame Rate ou images par seconde) est souvent limite et le rendu manque d'une fluidité essentielle, pour réellement apprécier ce clash des monstres. Le bestiaire aussi manque curieusement d'un petit de grain de folie, que le genre réclame pourtant. Malgré tout, les scénaristes Craig Kyle et Greg Johnson (X-Men: Evolution, Thor Ragnarok) n'ont pas été avares en fights de colosses et ceux qui ont jubilé devant les films Pacific Rim ne bouderont pas leur plaisir.

Surtout, la série explore à fond les possibilités narratives liées au concept de La Dérive (le "Drift"), cette technique qui consiste à connecter les deux pilotes de Jaeger entre eux. On peut même dire qu'elle va bien plus loin que les films, expliquant de manière habile la confusion des souvenirs et la fusion des connaissances. 

Pacific Rim: The Black
Netflix

The Black s'inscrit également pleinement dans la saga, en faisant plusieurs références directes aux deux films précédents. Notamment quand Taylor essaye de piloter en solo. On découvre que seuls trois autres combattants ont réussi jusqu'à présent : Raleigh Becket (Charlie Hunnam), toujours en vie mais noté comme étant retiré des affaires de Jaegers ; le Marshall Stacker Pentecost (Idris Elba) décédé à la fin du premier film ; et Hercules « Herc » Hansen (Max Martini), dont on apprend ici qu'il a aussi été tué.

Et puis la série s'engage pleinement dans ce que Uprising avait commencé à esquisser, à savoir les mutations génétiques développées par l'humanité pour combattre les monstres. Pacific Rim : The Black introduit au passage des créatures mélangeant l’organique au mécanique, c'est à dire une espèce "bio-mec" hybride déjà croisée dans le jeu vidéo Pacific Rim: Breach Wars, et qui n'a pas d'allégeance, ni à un camp ni à un autre. Ce Kaiju-Jaeger est au centre de la saison 1 et tiendra certainement une place centrale dans la saison 2 de l'animé Netlfix, déjà commandée.

Pacific Rim Apex
Netflix

De quoi contenter les fans, qui n'auront certainement jamais droit à un Pacific Rim 3 sur grand écran, comme le confirmait récemment Guillermo del Toro. Le cinéaste disait alors qu'il envisageait de croiser son monde avec le "Monstroverse" de Legendary Pictures en cours de lancement, avec Godzilla vs. Kong. Ce fantasme titanesque restera théorique. Mais Pacific Rim : The Black est une alternative qui tient la route.