Séverine est l'une des candidates les plus emblématiques de cette saison 4 de Masterchef. A quelques heures de la diffusion d'un nouvel épisode, elle évoque pour nous sa nouvelle notoriété et ses envies de télévision.

Dès votre première apparition dans Masterchef 4 sur TF1, vous avez suscité une forte réaction auprès des téléspectateurs. Comment vous l'avez vécu ?Séverine : Franchement, c'est dur de se voir à l'écran. Je suis exactement ce qu'ils ont montré : exubérante, naturelle, je montre mes sentiments, je suis entière... Et en même temps je me suis dit : wahou je parle comme ça ! Mais j'assume. Ce que je veux montrer aux gens, c'est qu'on peut rester naturelle, on est pas obligé de rentrer dans un moule, d'être sérieux... même physiquement. J'ai mon style depuis 10 ans, je ne l'ai pas fait pour la télé ! Je suis naturelle, excentrique, joyeuse, heureuse de vivre, passionnée par la cuisine et la vie... C'est pas un personnage créé pour Masterchef.On vous a suspecté d'avoir créé ce personnage ?Il y a toujours des mauvaises paroles. On aime ou on aime pas... Ceux qui n'aiment pas, je les dérange. Je suis dominante dans la vie, je suis fonceuse, rêveuse. J'aime aller au bout de mes rêves, et je ne peux pas cacher qui je suis. C'est impossible. Si on va dans ma région, tout le monde me connait comme je suis à la télé. C'est moi. J'explose, dans tous les sens.Masterchef est une compétition. C'était explosif ?C'était explosif dans le sens où le premier jour, je sors un plat pour lequel j'ai été félicitée, je suis première. Je leur ai fait peur (aux candidats, ndlr) parce que j'avais un style, une grande gueule et la cuisine qui suit derrière. Je pense avoir fait peur à certains.Comment ça s'est traduit ?Ca se sent par rapport à tout ce qu'on vit au quotidien. Des clans se forment, mais sans qu'on ne se parle plus. Il y a eu quand même de bons rapports entre tous les candidats, mais on ne vit pas tous la compétition de la même manière. Certains ont la gagne, moi j'ai fait Masterchef pour apprendre à mieux cuisiner.Vous aussi, vous avez la gagne !Oui dans le sens où je veux aller le plus loin possible pour savoir jusqu'où je peux aller. C'est un défi contre moi-même, pas contre les autres. C'est ça la différence. Les autres veulent vous écraser, moi je suis pas là pour ça. Je suis là pour me surpasser.Quand vous gagnez la première épreuve, on vous sent très fière.Oui, parce que j'ai eu peur de sortir la première ! En étant la meilleure, j'ai ressenti de la fierté. J'ai été émue et impressionnée par ce que j'ai fait. Tout dépend de comment on interprète les choses. On peut me voir comme la grosse guerrière qui veut écraser tout le monde ou comme la sensible passionnée par la vie.Avec quel juré ça s'est le mieux passé ?Monsieur Camdeborde. Il est incroyable : pédagogue, doux, patient... tout ce que j'aime. Je vais aller manger chez chacun des jurés ! Mais je laisse passer l'émission.Vous lisez ce qu'on dit sur vous sur les réseaux sociaux ?Non. Je n'ai pas envie de lire les méchancetés. Je m'évite la peine de lire les choses comme « le poulpe », « t'en fais trop »... Je m'intéresse plus au positif, à ceux qui s'intéressent à mon parcours. J'ai 3 000 fans sur Facebook, c'est impressionnant. Je prends le positif de l'émission.Comment réagit votre fils ?Il me dit toujours, tu sais maman, t'es pas une maman comme les autres. Il est épanoui, heureux de vivre. Ses copains lui posent des questions, mais il ne leur dit rien ! Et tous les vendredis, on regarde ensemble. Je regarde car pendant le tournage on ne sait pas ce que disent les autres, ce que disent les juges...Pendant l'émission, une belle amitié est née avec Frédéric. Vous pouvez m'en parler ?Fred c'est devenu un ami très proche. On a des projets communs... On a envie de se lancer dans un parcours de France, à découvrir des restaurants ensemble. On s'est découverts. On a une cuisine complémentaire : lui à travers sa technique, moi à travers mon côté un peu dingue des épices, ma créativité. On se complète tellement bien. On est heureux d'avoir découvert un amitié sincère.Vous reportez votre voyage autour du monde ?Oui, je ne vais partir que début 2015. Je suis déjà en train de vendre ma boutique, que j'ai depuis une dizaine d'années. J'ai repoussé le voyage, mais mon rêve je le lâche pas. Je veux que ce soit bien organisé car nous partons avec mon mari et mon fils qui aura 9 ans. J'ai envie que le blog soit bien fait, professionnel. Avec Fred, on a des choses à faire le temps que je parte. On a envie de cuisiner ensemble.Votre duo fait penser à Norbert et Jean de Top Chef. Et eux ont une émission de télévision...Je suis un peu son Norbert (Tarayre, ndlr) à Fredo ! Norbert a aussi sa manière d'être naturelle. Avoir une émission de télé avec Fred, ce serait l'accomplissement de Masterchef, un pur bonheur. Après il reste à définir le concept. On reste à notre place, on reste des amateurs qui n'ont pas fait d'école de cuisine. J'apprécie l'émission de Norbert et Jean, leur naturel et je retrouve ça en Fred et moi. Avec Norbert et Jean on a pas le même passé, les écoles de cuisine, le travail en cuisine, la technique, mais on a peut-être le même futur.Quelle est votre "cuisine signature" ?Epicée et colorée. C'est ce qui me ressemble. Mais aussi structurée. J'aime bien être carrée, mais qu'il y ait du peps. C'est une montagne russe dans mes assiettes.Propos recueillis par Christelle Devesa Follow @chrisdevesa