Ce troisième volet de "Ces chansons qui nous ressemblent", documentaire diffusé ce soir à 20h35 sur France 3, s'attache aux chansons - d'hier ou d'aujourd'hui - qui ont dépeint des situations de notre quotidien et traité de l'évolution de notre société.

France 3 diffusera ce soir dès 20h35 le 3e volet de son documentaire Ces chansons qui nous ressemblent. Après l’amour et le voyage, le réalisateur Pascal Forneri (fils de Dick Rivers) aborde les grands succès qui ont remis en cause la société de consommation. Télé 7 Jours s'est penché sur 5 titres qui ont marqué l’air du temps.Foule Sentimentale, on est tous des moutons"On m’a demandé deux ou trois fois qu’elle était le tube emblématique de la fin du XXe siècle et j’ai répondu : «Foule Sentimentale » Elle résume tout", déclare le parolier Claude Lemesle. On se souvient du refrain en forme de name-dropping "On nous Claudia Schiffer, on nous Paul-Loup Sulitzer." Sorti en 1993, ce titre écrit et interprété par Alain Souchon dénonce la vacuité de la société de consommation et la standardisation des goûts symbolisés par le mannequin et l’écrivain à succès. Alain Souchon se souvient des circonstances qui lui ont inspiré cet énorme succès. "J’étais dans ma voiture, j’attendais. Je venais d’entendre les informations à la radio. Cette impression qu’on se foutait un peu de nous. Qu’on nous entraîne dans des trucs, comme admirer des filles qui sont toujours les mêmes. Comme si on nous imposait des choses. On nous baratine tellement qu’on finit par être concerné. Ma chanson, c’est ça. On ne nous prend pas pour ce que nous sommes. Nous sommes des foules sentimentales."Papa Mambo, on se gaveEn 1979, avec Papa Mambo, le même Alain Souchon dénonçait déjà la surconsommation. "On est foutu, on mange trop, Papa Mambo", entonnait l’artiste sur un rythme tropical. "L’idée était de faire un mambo. Une chanson autour d’un gros monsieur qui bouge bien. Comme ce fameux chanteur, Dario Moreno, qui était l’amant du Pape... Enfin, c’est ce qu’on disait. Ce gros homme flasque, drôle, espèce d’homosexuel fou qui bougeait bien. J’ai pensé à lui en écrivant : « on bouffe trop », accompagné d’une musique ensoleillée."Le Loir et Cher, on s’individualiseEn 1977, avec Le Loir et Cher, Michel Delpech illustre la cassure entre le monde rural et la vie citadine. Le refrain "On dirait qu’ça te gêne de marcher dans la boue", épingle les gens de la ville. Pour l’artiste, natif de ce département, cette chanson autobiographique est d’abord un hommage à sa famille. "Je ne dirais pas que je les snobais, c’est bien pire : je les avais oubliés ! Il m’a fallu du temps réaliser que j’avais pu être blessant à leur égard."Dans mon HLM, on zoneEn 1979, Renaud décrit avec réalisme et humour la population d’une barre d’immeuble. Une représentation acide des cités."Au rez-d'chaussée, dans mon HLM, Y a une espèce de barbouze, Qui surveille les entrées, Qui tire sur tout c'qui bouge." C’est en rendant visite à son frère aîné qui vivait dans une HLM, rue du Château des Rentiers dans le XIIIe arrondissement de Paris, que Renaud aurait puisé une partie de son inspiration.Fais comme l’oiseau, on respireDans la foulée de mai 1968, Michel Fugain crée son Big Bazar en 1972. Et cartonne au hit-parade avec Fais comme l’oiseau, une chanson aux paroles simples et naïves, adaptée d’un succès brésilien. Michel Fugain  s’en souvient : "En 1969, j’ai participé à un festival à Rio. Un soir, on nous emmène au Maracaña Vino. Il y avait 40 000 personnes. Arrivent deux mecs sur scène avec une guitare et chantent «Voce abuzo». La chanson est reprise par le public. Les larmes me coulent. L’émotion absolue d’entendre autant de gens chanter juste et en rythme. Si quelqu’un me la proposait aujourd’hui, je ne la chanterais pas. Parce que c’est un peu neuneu. Le propos, c’est tout de même : « laisse faire, tout va venir tout seul. » C’est pas vrai."Hacène Chouchaoui de Télé 7 Jours