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Loisirs adoré des Français, cette activité ne connaît pas la crise. Allons à la pêche aux nouvelles tendances, comme le street-fishing !

Avec 3 millions d’accros à la pêche de loisirs, (5% de la population), la France caracole en tête des pays européens férus de cette activité. Depuis quelques années, elle accusait une légère baisse de régime mais attention, elle revient, question de mode !Les centres de pêches sportivesIls fleurissent partout en France. On en dénombre environ 600 sur le territoire. Ces centres de pêche accueillent les passionnés de tout niveau, de l’amateur au compétiteur chevronné. On leur réserve des plans d’eau régulièrement alimentés en poissons. Certaines de ces bases de loisirs proposent aussi le gîte. C’est le cas du centre Iktus  (poisson en grec) ouvert en 2007, à Laroin, près de Pau (Pyrénées-Atlantiques).Cette propriété de 130 hectares aménagée sur le site d’anciennes gravières offre trois étangs de 10, 15 et 35 hectares. Et là, c’est carrément la pêche miraculeuse. Les plus habiles et, surtout, les plus patients remontent des carpes, des esturgeons et des silures, sorte d’énormes poissons-chats de 2,50m de longueur. Si belles soient-elles, les prises doivent être aussitôt remises à l’eau. Jérémy Fournier, directeur du centre, se targue d’accueillir "4000 à 5000 pêcheurs par an. La moitié de notre clientèle vient de France et l’autre, du nord de l’Europe. La formule séduit de plus en plus de touristes car elle ne nécessite ni matériel ni permis de pêche." Une activité ludique, du grand air et le panorama grandiose des Pyrénées : de quoi retrouver la pêche et du mordant !Le street-fishingOn est loin des pêcheurs immobiles sur leur pliant sous les saules pleureurs. Une nouvelle génération est apparue en milieu urbain ces dernières années. Ces nouveaux passionnés écument les cours d’eau des villes ; ils ont une casquette de rappeur vissée à l’envers et troquent le panier d’osier contre le sac à dos. Oubliés les appâts vivants, on utilise des leurres artificiels : de faux poisson de couleurs vives. Evidemment, ils n’attirent que les poissons carnassiers, comme les perches, sandres et silures.A Paris , Frédéric Miessner, 36 ans, a créé un commerce en gros de leurres. Il raconte le street-fishing : "Tout a commencé au milieu des années 90. C’est une philosophie de vie. On ne pêche plus pour se nourrir depuis belle lurette, mais pour passer un bon moment au bord de l’eau. La preuve : on relâche le poisson aussitôt attrapé. De plus, c’est un loisir peu onéreux. Il suffit d’une boîte, d’une canne et d’un moulinet et le tour est joué !" Le street-fishing donne facilement la bougeotte à ses adeptes. Sans cesse à la recherche des bons coins, ils suivent les péniches et lancent leurs lignes aux abords des piles de ponts. "Les caddies ou les vélib’ jetés par des indélicats dans le canal Saint-Martin le rendent poissonneux en développant les écosystèmes, tout comme les épaves en pleine mer, explique Frédéric Miessner. En cas de pollution anormale ou d’agissements frauduleux, on avertit les autorités. Récemment, on a vu des filets posés sur la Seine. Des braconniers pêchent des poissons impropres à la consommation car chargés en métaux lourds et les revendent à des restaurateurs peu regardants." Mais les pêcheurs de rue ne se contentent pas de jouer aux gendarmes, ils remontent aussi des prises étonnantes : "Le 1er août, au canal Saint- Martin, dit Frédéric, on a même vu un piranha au bout d’une ligne !" Hacène Chouchaoui du magazine Télé 7 jours